vendredi 29 février 2008

Un sujet épineux : je taille les rosiers!

Surtout ne pas se laisser émouvoir par les adorables petites feuilles (qui démarrent tôt, il fait doux) pleines de vitalité. Se concentrer sur les branches et les tiges. Je commence par supprimer toutes les tiges grêles : elles seront trop faibles pour porter des fleurs. (Et bien sûr les parties visiblement mortes, marron et noires). Cela encourage. Puis couper presque au ras (en laissant le petit bourrelet) les branches qui poussent vers le centre du rosier, celles qui se croisent, frottent les unes contre les autres, rasent le sol. L’essentiel est d’aérer la plante (le rosier a besoin d’air, sinon il « prend » les maladies). Je me rassure en observant les points bien rouges (signes de nouveaux départs) qui apparaissent sur les tiges les plus fortes (des tiges au minimum du diamètre d’un crayon). Chose faite, je prends avec détermination le coupe branche pour supprimer au pied une ou deux branches charpentières les plus vieilles (grisâtres, craquelées, visiblement à bout de souffle). Alors prendre du recul, apprécier l’ensemble, ôter la branche qui s’écarte et déséquilibre la silhouette, voire un ou deux petits oublis ou une rectification comme sur la photo : la coupe est un peu loin de « l’œil qui démarre », trop horizontale (elle doit pencher du côté inverse de l’œil). Et puis il faut réaffûter le sécateur : la coupe n’est pas franche. C’est bon. Au suivant !

lundi 25 février 2008

Entre cousins

Leurs feuillages étant tombés, il est facile de comparer la manière de grimper de ces deux cousins, l’Hydrangea petiolaris et le Schizophragma hydrangeoides. Ces deux-là poussent souvent ensemble dans les forêts de Corée et du Japon, grimpant gaillardement à plus de 10 mètres. Selon mon expérience, certes les deux poussent à mi-ombre mais ils recherchent la lumière et fleurissent mieux au soleil. «Pieds à l’ombre fraîche et têtes au soleil» (comme les clématites) semble vraiment leur plaire. Lequel préférer ? Le Schizophragma h. s’accroche facilement de lui-même, (il faut aider l’l’Hydrangea p.); sa floraison en bractées est gracieuse et de plus longue durée. Mais l’écorce de l’Hydrangea petiolaris, en copeaux de couleur cannelle et son feuillage, tout jaune pendant quelque temps à l’automne, sont à mettre à son crédit. Ne souhaitant pas choisir, j’ai planté les deux sur un pignon à 4 mètres de distance. Ils se sont maintenant rejoints, comme quoi….

samedi 23 février 2008

La magie mystérieuse de Courances

A première vue un parc, en réalité des jardins, de très beaux jardins. Une ellipse romantique des jardins italiens avant les jardins «à la française». D’abord on y retrouve la sensation des grands espaces, avec un air de liberté. L’œil se fixe sur les lointains puis glisse sur les lignes et revient aux premiers plans. L’homme se mesure à la nature, en joue sans pouvoir la dominer. Aucune raideur, aucune monotonie.

L’ensemble est soigneusement entretenu, les larges tapis verts chaque année ré-engazonnés, les haies de buis impeccablement taillées, les bassins nettoyés…Avec un œil d’artiste sachant se démarquer des dogmes savants et des propos convenus : une grande leçon pour l’art des jardins. L’eau est courante, vivante sous des formes jamais semblables : des bassins, encore et encore, tous différents dans leur échelle, leur dessin, l’ambiance qui s’en dégage avec des effets de surprises au tournant des allées.


La magie mysterieuse de Courances, suite.

En quête de toutes ces sources qui alimentent les pièces d’eau, le promeneur emprunte des sentiers secrets ouverts dans la haie et s’enfonce dans le sous-bois. On fait une pause sur un curieux promontoire s’avançant au centre d’un bassin, on rêve assis près d’une source prodigue depuis des siècles. L’eau est si pure qu’on peut s’y désaltérer.

Les arbres, - chênes, hêtres, tilleuls, platanes, marronniers…- , nobles et immenses ont parfois un tempérament facétieux comme ce charme s’inclinant vers l’allée. Points de mire dans les perspectives, les statues vous incitent à vous approcher, près, très près jusqu’à ressentir leur sensualité.

Comme Courances n’est pas à une fantaisie près, au début du 20ème siècle, un jardin dans le goût japonais d’alors, lilliputien, précieux et fragile fut créé en bordure près du village. Aujourd’hui encore se prépare un nouveau jardin. Courances vit et continue son histoire en même temps que l’on redécouvre d’anciens canaux de pierre longtemps oubliés. Courances est un magnifique lieu de poésie. On aime y rester, on en repart plus serein…et par les temps qui courent….

Courances se situe près de la forêt de Fontainebleu, à 1 heure de Paris dans l'Essonne. En groupe sur rendez-vous, on peut s'y rendre l’hiver. A partir du 22 mars jusqu’en octobre Courances est ouvert au public tous les samedis et dimanches l’après-midi.

mardi 19 février 2008

Dans la lignée du jardinier paresseux

Vient le temps oh! combien fastidieux des fleurs de camelia jonchant le trottoir côté rue qu’il faut ramasser encore et encore … mais côté jardin, j’expérimente cette année (je reconnais, c’est osé et ne sera pas compris par tous….) d’associer la Pulmonaire rubra, maintenant en pleine floraison, avec les fleurs du camelia «ton sur ton ». Pourquoi pas ?

lundi 18 février 2008

Pour remercier Berthille de ses commentaires, un semis spontané de Tellima rubra (ou purpurea), à contrejour dans la lumière rasante de l'hiver.

samedi 16 février 2008

Une grande pro !

Elle est modeste et pudique mais c’est une grande pro ! Dominique Voisin (Le Jardin de la Roche Saint Louis) cultive ses plantes «à la dure» et sélectionne les plus robustes pour éviter les déceptions. «Il faut qu’elles se débrouillent». Pour autant elles ne sont jamais banales. Comme Dominique Voisin est aussi une artiste (elle a fait Arts Déco…), elle choisit des vivaces et des arbustes intéressants par leurs couleurs et leurs formes, par leurs feuillages et leurs textures avant la floraison. Ses clients sont fidèles et lui font toute confiance… lorsqu’elle montre de jeunes plants inconnus (j’en suis). Elle n’est jamais avare de conseils. Sa petite pépinière "Le jardin de la Roche Saint-Louis" est ouverte depuis 4 ans seulement près de la côte atlantique (entre Nantes et Pornic). Pour se faire connaître elle remplit chaque week-end son camion et parcourt la Bretagne et les Fêtes des Plantes.Avec les créateurs et amoureux passionnés des jardins de Kermoureau (près de Guérande.44) ouverts à la visite depuis 2007.

On remarque immédiatement son stand … et le soin qu’elle porte aux étiquettes, précises et durables. «Par politesse » dit-elle et pour informer au mieux (bonne exposition, couleur, hauteur et époque de floraison …). C’est la hauteur de la plante cultivée dans les conditions les plus difficiles qui est indiquée! Alors on a souvent de bonnes surprises chez soi avec des plantes plus grandes et opulentes …(et non l’inverse : vous voyez ce que je veux dire ?). Enfin elle se remet sans cesse en question, toujours en quête de nouvelles découvertes. Elle en prépare pour 2008 invitée à les présenter, pour la première fois, en avril à la Fête des Plantes Vivaces de St-Jean de Beauregard dans l’Essonne. (le thème de cette année : Les valeurs sûres du jardin !). Et bientôt elle vendra par correspondance...
Contact: dominique.voisin@wanadoo.fr

mercredi 13 février 2008

Souvenir, souvenir… le fidèle crocus

Un petit bulbe de Crocus gargaricus offert avec le ticket d’entrée à une Fête des Plantes…. il y a vingt ans, longtemps conservé au milieu d’une potée, mis en pleine terre en arrivant ici a depuis prospéré. Il grandit et fleurit fidèlement chaque année au milieu d’autres bulbes précoces (l’adorable narcisse Tête à tête et une tulipe botanique) qui bientôt vont lui succéder. Quelle ténacité ! Son teint doré et sa taille se remarquent joliment parmi les feuillages d’hiver. Une scène à petite échelle visible de loin peut-être annonciatrice d’un printemps précoce.

dimanche 10 février 2008

Pensée du jour… de Gertrude Jekyll

« N’allons pas nous décourager à l’idée qu’il y a tant à apprendre. Les premiers pas se font dans un délicieux inconnu, les premiers succès sont des victoires d’autant plus heureuses que l’on ne les attendait guère, chaque étape de l’apprentissage élargit le champ de vision et conforte la démarche d’un gain de sens critique. Chaque pas est un peu plus sûr que le précédent, chaque prise un peu plus solide. (…) Un jardin est un grand professeur : il apprend la patience et le soin, il enseigne l’application et l’effort et, par-dessus tout, la confiance». (extraits Naissance d’un jardin. Editions Herscher).

jeudi 7 février 2008

C’est le chignon ! Histoire de racines.....

Au printemps dernier presque dix ans après leur plantation, deux viornes (Viburnum mariesii et Viburnum odoratissimum…) se sont brutalement desséchées à quelques semaines d’intervalle. Contrecoup à retardement de la canicule de 2003 ? Age fatidique pour ces viornes qui auraient une durée de vie relativement courte ? Réchauffement climatique ? J’ai interrogé à l’occasion un connaisseur, Vincent Grellier, pépiniériste collectionneur d’arbustes et d’arbres rares (Pépinières Botaniques de la Preille). Il s’élance : «C’est le chignon» ! Intarissable sur le sujet il défend avec brio «la qualité racinaire» (son logo est breveté) en dénonçant les modes de culture industrielle, les végétaux «poussés» dans des pots trop petits déformant les racines dès leur premier âge. Car «les belles racines font les beaux arbres».

Ainsi bichonne-t-il tous ses arbres et arbustes, des raretés botaniques qu’il sème lui-même depuis plus de quinze ans. J'ai trouvé chez lui des arbres déjà grands et des arbustes quasi introuvables ailleurs. Il «élève» ses plantes, comme il dit, dans des paniers ajourés en s’inspirant d’une ancienne technique forestière. Les racines poussent au travers et leurs extrémités forment à l’air des «boutons racinaires» prêts à redémarrer lorsque l’arbre ou l’arbuste sera planté.

Tout le contraire des plants industriels qui (depuis leur semis en alvéoles et repiquages en godet jusqu’au conteneur) tournent et tournent leurs racines sur elles-mêmes le long de parois hermétiques, formant un «chignon» au cœur de la plante. Un cauchemar ! Que ne pourra compenser le jardinier qui, au moment de la plantation,
griffe les bords de la motte sortie du conteneur(...ce que chacun fait consciencieusement). En terre, la plante étale et trace comme elle peut de nouvelles racines en surface. Elle grandit, embellit pendant plusieurs années, fait la joie du jardinier. Jusqu’au jour où…ces racines de surface sont trop faibles (en comparaison du volume aérien) pour résister à un oubli d’arrosage ou une période de sécheresse….

Allez voir chez lui ses plus beaux arbres et arbustes lorsque vous passez sur l’A 10 (à 15 kms au sud de Poitiers). Il paysage un parc de 4 ha pour le plaisir d’accueillir et de faire découvrir ses merveilles. (Il se déplace aussi sur des Fêtes des Plantes dans l’Ouest et en Ile de France).

mercredi 6 février 2008

Mikado ! le cornouiller fluo

Une photo célèbre du jardin Vasterival en Normandie a été source d’inspiration, …à ma mesure… J’ai ourlé les berges assez hautes d’un ruisseau d’un mélange de cornus à bois décoratif l’hiver (Cornus alba, Cornus al.Winter Flame, Cornus alba sibirica, Cornus stolonifera Flaviramea, Cornus alba aurea) : un trait de gaieté traversant le jardin, lumineux et multicolore (rouge foncé, orange, rouge vif et jaune), visible depuis les fenêtres de la maison. Ces cornus ont eu un destin bien différent : les Cornus alba ont prospéré, se sont facilement marcottés ou ressemés (de quoi faire des cadeaux). A l’inverse les Cornus alba sibirica (aux rameaux de teinte plus vive) ont végété et fini par mourir les uns après les autres…de même que le Cornus alba aurea, resté grêle et que j’ai fini par supprimer. Le plus facile, résistant, et pour moi le plus beau, est le Cornus alba Winter Flame (la sélection d’un semis connu aussi sous un autre nom : Winter Beauty), à lui seul (ou associé aux fruits orange d’un rosier arbuste Ballerina) une véritable vitamine pour l’hiver ! Fin février je taillerai au ras du sol ses tiges de deux ans moins colorées (à droite et à gauche sur la photo).

samedi 2 février 2008

Les Epimediums, beaux et insensibles au froid

Epimedium x warleyense, un semi persistant à fleurs orange (magnifique) et epimedium x perralchicum Frohnleitein, un solide persistant à fleurs jaune vif (resté très vert, à l'angle gauche sur la photo).

Une grande et valeureuse famille, les Epimediums, méconnue.
Le nom, rébarbatif peut-être ou trop compliqué pour s’en souvenir (comme bien d’autres plantes….) leur fait-il du tort? Dommage. A l’expérience, les Epimediums sont formidables! Pas la première année… ils paraissent «chipoteux». Mais comme on dit «si on les laisse s’installer», ils s’étalent ensuite avec grâce et font de remarquables tapis à l’ombre, à mi-ombre et même pour cer
tains au soleil dans un sol frais. Mad Jegard (Le Jardin d’eau) les apprécie tant qu’elle déniche des variétés étonnantes. Il y en a des persistants (d’origine chinoise ou européenne), des caducs (japonais), des hauts ou ras, avec des fleurs jaune, rose ou blanc, au printemps. Des fleurs si légères (elles ressemblent à de minuscules ancolies ou orchidées selon les variétés) qu’elles lui ont valu le délicieux nom commun de «Fleurs des elfes». Vous n’êtes pas encore convaincus ?
Epimedum wushanensis Caramel, un superbe persistant chinois aux très petites fleurs cuivre, mauve et chocolat…

Epimedium grandiflorum album, un caduc à fleurs blanches.