Certains les adorent pour la facilité de culture, l'absence d'entretien, l'abondance et la gaieté des fleurs, la durée de floraison l'été (du début juillet à septembre). Le climat breton semble convenir à ces bulbes originaires d'Afrique du Sud qui apprécient les sols légers et frais au soleil, résistant quand même au froid (jusqu'à -12°).
D'autres s'en méfient comme de la peste...leur vigueur à se propager dans les massifs étant réputée difficile à contrôler.
Ils sont arrivés ici du Vasterival subrepticement au pied d'un hydrangea angustipetala macrosepala (en même temps que l'anemone nemerosa à minuscules fleurs vertes. cf article du 3 mai 2018). J'ai hésité à conserver les bulbes ou plutôt des cormes (ayant l'aspect de bulbes mais formés " d'une tige renflée entourée d'écailles" cf.Wikipédia) lorsque sont sorties de terre les jeunes feuilles bien reconnaissables.
Montbrétias ou crocosmias ? Il semble que le terme montbrétia s'applique aux "vieux" cultivars (crocosmia x crocosmiflora) alors que les "modernes" sont d'autres hybrides (crocosmia x masonorum). Dont acte. Leurs caractéristiques diffèrent : un feuillage souple, des petites fleurs abondantes et une floraison même à mi-ombre, un caractère assez envahissant (crocosmia x crocosmiflora) ; un feuillage raide et plissé, de plus grandes fleurs en épis (crocosmia x masonorum), à l'exemple du célèbre Lucifer rouge vif.
Les montbrétias seraient plus rustiques que les autres crocosmias. Découverts il y a une centaine d'années, issus d'un croisement (c.aurea et c.potsii), les montbrétias ont d'abord été identifiés sur des talus, dans des haies, sur des terrains en friche des côtes atlantiques africaines. Beaucoup ont été produits et nommés depuis.
Les montbrétias au Vasterival (extrait op. cité ci-adessous)
Pour en savoir un peu plus sur les intrus j'ai repris le premier ouvrage publié en 1995 par la princesse Sturza sur le Vastérival. Les montbrétias y figurent en effet, photographiés dans un massif orangé estival composé de rosiers (Buff Beauty, Mrs Oakley Fisher, Whisky Mac, Abraham Darby) avec une graminée, le carex buchananii, des dahlias à fleur de cactus ton sur ton et des pavots orange. Ailleurs dans son jardin une clématite Niobe rampe au pied d'un pommier parmi le feuillage de montbrétias.
La princesse précise que tous les bulbes restent en terre protégés l'hiver par son fameux "mulch". Tous les deux ou trois ans au printemps, ils sont sortis, divisés et replantés dans une terre enrichie de fumier et de compost (Le Vastérival. Jardin d'une passion. Princesse Greta Sturdza. La Maison Rustique. 1995).
Toujours au Vastérival dix ans plus tard, si les montbretias ont été remplacés dans certains massifs pour changer leur tonalité (du rouge orange au rouge bleu violacé...), on remarque des montbrétias dans plusieurs lieux du jardin. Ils sont ainsi en fleurs à l'ombre du pied d'un prunus, en harmonie avec le brun clair et brillant de l'écorce. Des montbrétias au pied d'autres rosiers, des montbrétias encore pour leur jeune feuillage vert tendre devant une azalée blanche Palestrina près de sceaux de Salomon. Et une touffe de montbrétias au milieu d'une multitude de fougères et de graminées dans un creux très frais l'été. (Un jardin pour les quatre saisons. Princesse G.Sturdza. Ulmer. 2005).
Ici pas question de replanter les montbrétias dans la bordure de vivaces en mélange : avec le temps je crains qu'ils étouffent leurs délicates voisines. A toute fin je les ai cantonnés dans un triangle entre trois arbustes.
Ces arbustes en mai dernier à l'ombre le matin : (sur la gauche) boutons à fleurs du rhododendron Fabia et devant jeunes pousses du pieris "ton sur ton"
Deux de ces arbustes ont aussi à d'autres saisons des tonalités orangées : le pieris japonica Forest Flame (les jeunes pousses), le rhododendron Fabia (les fleurs en trompette), le troisième arbuste étant le chèvrefeuille d'hiver (lonicera fragrantissima). Le feuillage des montbrétias, abondant et
élancé, haut d'une soixantaine de cm, apportera un contraste
aux feuilles des arbustes hors période de floraison.
Visuellement les montbrétias seront proches d'un autre massif aux mêmes teintes chaudes (des euphorbes griffithi Great Dixter, Fire Glow, une fougère - dryopteris erythrosora -, le revers des feuilles d'un rhododendron). Plus tard les couleurs automnales du feuillage des montbrétias seront à l'unisson.
A proximité le tout jeune rhododendron
Sir Charles Lemon commence à montrer après 4 ans de plantation le revers
magnifique de ses feuilles
Les euphorbes griffithii Fire Glow très lumineuses au printemps ont pâli en fin de floraison
Entre les trois arbustes les bulbes pourront se développer librement, occuper tout l'espace (concurrençant les "mauvaises herbes": glechome, lierre rampant, semis de violettes) et sans laisser grainer les fleurs seront faciles à circonscrire. En d'autres termes je les garde à l'oeil.
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jeudi 19 juillet 2018
jeudi 3 mai 2018
Un cadeau surprise: l'anemone nemorosa
Au pied de l'hydrangea angustipetala macrosepala ramené du Vasterival en février 2017, quelques petites feuilles caractéristiques de l'anémone des bois (anemone nemorosa) étaient apparues l'automne dernier.
Elles ont prospéré cet hiver autour de l'hydrangea et je me faisais une joie à l'avance de voir les jolies fleurs de renoncule (sa famille) blanche. Que nenni! Ce furent de minuscules et étonnantes fleurs vertes, d'un vert tendre et clair comme les feuilles. Je suis restée perplexe un bon moment.
Les fleurs minuscules montent maintenant en graines
Sur le site web de la pépinière du Clos d'Armoise j'ai cru identifier l'anemone nemorosa "Virescens", une curiosité botanique dotée du fameux Award of Merit de la RHS. Mais le doute subsiste : celle-ci a des fleurs minuscules et moins touffues que la "Virescens" si j'en juge d'après les images sur la toile.
Qu'importe. Elle "me va bien" cette petite, occupant le terrain encore nu au pied de l'hydrangea, formant un tapis clair non loin de vivaces en train de s'étoffer (geranium phaeum alba, symphitum Hidcote Blue)
Ou d'autres qui ne font que démarrer, une grande "campanule" (adophora pereskiifolia White Blaze) et trois fougères (phegopteris decursive pinnata) dont il me faudra reparler.
Elles ont prospéré cet hiver autour de l'hydrangea et je me faisais une joie à l'avance de voir les jolies fleurs de renoncule (sa famille) blanche. Que nenni! Ce furent de minuscules et étonnantes fleurs vertes, d'un vert tendre et clair comme les feuilles. Je suis restée perplexe un bon moment.
Sur le site web de la pépinière du Clos d'Armoise j'ai cru identifier l'anemone nemorosa "Virescens", une curiosité botanique dotée du fameux Award of Merit de la RHS. Mais le doute subsiste : celle-ci a des fleurs minuscules et moins touffues que la "Virescens" si j'en juge d'après les images sur la toile.
Qu'importe. Elle "me va bien" cette petite, occupant le terrain encore nu au pied de l'hydrangea, formant un tapis clair non loin de vivaces en train de s'étoffer (geranium phaeum alba, symphitum Hidcote Blue)
Ou d'autres qui ne font que démarrer, une grande "campanule" (adophora pereskiifolia White Blaze) et trois fougères (phegopteris decursive pinnata) dont il me faudra reparler.
lundi 2 avril 2018
Très bonnes nouvelles des Erythroniums Pagode
Car il y a une bonne surprise, totalement inattendue. Accusés à tort (pour une fois) les campagnols...puisque le premier bulbe dormant planté "en test" il y a deux ans et que je n'avais pas vu ressortir a réapparu ! Et il va fleurir ! Est-ce la proximité de ses congénères qui l'a motivé? (pas d'anthropomorphisme s'il te plait). Les perce-neige plus précoces seront de toute manière utiles pour repérer l'emplacement des Erythroniums et surveiller leur sortie.
A cette saison, parmi les verts du jardin d'ombre, la
floraison des Erythroniums est en vedette, avec celles plus discrètes du corydalis cheilanthifolia (un peu plus dorée) et du géranium phaeum
Le géranium phaeum Samobor de semis, au feuillage quasi persistant plus ou moins marqué de noir Ces Erythroniums m'ont réservé une autre surprise. Ils développent leurs larges feuilles elles aussi variables, plus ou moins marbrées ou bien d'un vert vif uni.
Je cherche toujours à expliquer le réveil soudain du premier bulbe d'Erythronium. Est-ce le paillage des feuilles de chênes, l'arrosage régulier à proximité depuis la transplantation en début d'automne d'un cimicifuga simplex Brunette (que je désespère de voir fleurir un jour)? Ou l'abondance et la fréquence des pluies cette année depuis plusieurs mois ? L'essentiel pourtant est qu'il "soit toujours là".
dimanche 4 février 2018
En attendant l'erythronium
Une photo sur laquelle on a craqué ou la recommandation d'un grand (ou grande) jardinier (ère) sont parfois à l'origine d'un achat "coup de coeur", sans que l'on ait vu la plante "en vrai". En l'occurrence ce fut ici le cas de l'erythronium "Pagode" (un hybride horticole de 2 espèces de la famille des Liliacées, originaires de la côte ouest des USA). Ce bulbe est aussi doté du fameux Award of Garden Merit de la Royal Horticultural Society.
Une photo en gros plan de tiges courbes et graciles portant de fines fleurs de lys jaune pâle au coeur plus foncé avaient attiré mon attention sur cette bulbeuse (Anna Pavord. "Plants Partners". version française éditée par Sélection du Reader's Digest : "Accords parfaits").
Une première tentative avortée ne m'a pas fait renoncer. Sans connaître pourtant la cause de l'échec : une trop grande sécheresse estivale alors que le bulbe avait été placé dans un lieu que je n'arrose jamais...? Les campagnols car dans le même temps le terrain s'en était trouvé infesté (comme beaucoup de jardins dans la région) ?
L'année suivante à Dublin dans le célèbre jardin d'Helen Dillon les erythoniums plantés au soleil (irlandais), émergeant çà et là d'un lit de graviers (à la fois drainant et gardant l'humidité) étaient magnifiques fin mars. Les belles touffes vigoureuses m'ont convaincu de tenter une nouvelle expérience.
En principe l'erythronium est recommandé pour la mi-ombre, les sous-bois clairs, fertiles, riches en humus... L'automne dernier 5 bulbes ont été plantés au pied du talus ombragé, assez espacés pour multiplier les chances... mais toujours proches de plantes que je surveille lorsqu'il fait très sec.
Anna Pavord (op.cité) propose d'associer l'erythronium à des tapis de feuillages persistants car il disparait rapidement à la belle saison : asperule (galium odoratum), bugle rampante (ajuga reptans), pulmonaires...Ici les bulbes ont été rapprochés de petites fougères persistantes (polystichum tus-simense), d'epimediums, et de petits disporopsis (disporopsis pernyi, disporopsis jinfushanensis) que je viens à peine de découvrir !
J'ai aussi suivi le conseil de Didier Willery et Dominique Cousin en entourant chaque erythronium de quelques perce-neige (galanthus nivalis) qui d'après leur expérience ne sont pas croqués et repoussent les campagnols. Ce moyen de protection des bulbes sensibles par des perce-neige est largement employé au Vastérival. (Un tel procédé a été utilisé ici avec succès- protéger une plante par une autre répulsive - pour sauver mes derniers thalictrums : cf. article du 25 août 2017).
Les perce-neige sont en train de sortir. Il faudra guetter le réveil des erythroniums et ne pas trop attendre pour les protéger des limaces auxquelles ils semblent plaire plus que de raison...
Une photo en gros plan de tiges courbes et graciles portant de fines fleurs de lys jaune pâle au coeur plus foncé avaient attiré mon attention sur cette bulbeuse (Anna Pavord. "Plants Partners". version française éditée par Sélection du Reader's Digest : "Accords parfaits").
Une première tentative avortée ne m'a pas fait renoncer. Sans connaître pourtant la cause de l'échec : une trop grande sécheresse estivale alors que le bulbe avait été placé dans un lieu que je n'arrose jamais...? Les campagnols car dans le même temps le terrain s'en était trouvé infesté (comme beaucoup de jardins dans la région) ?
L'année suivante à Dublin dans le célèbre jardin d'Helen Dillon les erythoniums plantés au soleil (irlandais), émergeant çà et là d'un lit de graviers (à la fois drainant et gardant l'humidité) étaient magnifiques fin mars. Les belles touffes vigoureuses m'ont convaincu de tenter une nouvelle expérience.
En principe l'erythronium est recommandé pour la mi-ombre, les sous-bois clairs, fertiles, riches en humus... L'automne dernier 5 bulbes ont été plantés au pied du talus ombragé, assez espacés pour multiplier les chances... mais toujours proches de plantes que je surveille lorsqu'il fait très sec.
Anna Pavord (op.cité) propose d'associer l'erythronium à des tapis de feuillages persistants car il disparait rapidement à la belle saison : asperule (galium odoratum), bugle rampante (ajuga reptans), pulmonaires...Ici les bulbes ont été rapprochés de petites fougères persistantes (polystichum tus-simense), d'epimediums, et de petits disporopsis (disporopsis pernyi, disporopsis jinfushanensis) que je viens à peine de découvrir !
J'ai aussi suivi le conseil de Didier Willery et Dominique Cousin en entourant chaque erythronium de quelques perce-neige (galanthus nivalis) qui d'après leur expérience ne sont pas croqués et repoussent les campagnols. Ce moyen de protection des bulbes sensibles par des perce-neige est largement employé au Vastérival. (Un tel procédé a été utilisé ici avec succès- protéger une plante par une autre répulsive - pour sauver mes derniers thalictrums : cf. article du 25 août 2017).
Les perce-neige sont en train de sortir. Il faudra guetter le réveil des erythroniums et ne pas trop attendre pour les protéger des limaces auxquelles ils semblent plaire plus que de raison...
dimanche 6 août 2017
La canne à pêche des anges
Avec un nom gracieux qui évoque sa silhouette lorsque les hauts épis en clochettes se courbent sous le poids des fleurs (à partir de juin), le dierama pendulum est très photogénique. A ne pas confondre avec le dierama pulcherrimum, aussi nommé canne à pêche des anges, en fleurs plus tard (pas avant juillet). Les deux sont sensibles au froid, originaires d'Afrique du Sud. Le dierama pendulum, synonyme dierama ensifolium, est une espèce protégée de la province du Cap et le Natal. A la fois aimant le soleil mais aussi l'humidité sans que celle-ci soit stagnante, c'est une bulbeuse de la famille des Iridacées (crocus, iris, glaïeuls,...), se propageant par des cormes comme les crocosmias. Le feuillage fin fait penser à une graminée. Il aime les sols plutôt acides, restant frais l'été mais secs l'hiver.
Je l'ai vu début juin dans un jardin de graviers facilement arrosé près d'un point d'eau. Dans les jardins anglais on le voit souvent en potées auprès d'un bassin. Je me suis laissée tenter...Il reste en pot et développe tranquillement son feuillage la floraison achevée. J'attends septembre pour le planter près d'hydrangeas qui demandent aussi à être surveillés pendant l'été. Il faudra le protéger l'hiver mais ne pas le rabattre, ce qui freinerait sa végétation.
Je l'ai vu début juin dans un jardin de graviers facilement arrosé près d'un point d'eau. Dans les jardins anglais on le voit souvent en potées auprès d'un bassin. Je me suis laissée tenter...Il reste en pot et développe tranquillement son feuillage la floraison achevée. J'attends septembre pour le planter près d'hydrangeas qui demandent aussi à être surveillés pendant l'été. Il faudra le protéger l'hiver mais ne pas le rabattre, ce qui freinerait sa végétation.
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