lundi 9 mai 2011

Que la lumière soit !

Non les rhododendrons ne sont pas tous amateurs d’ombre, persistants, rouges, bleus, blancs, pourpres, d’origine asiatique… Bien sûr les azalées de toutes couleurs, qu’elles soient chinoises ou japonaises ou encore (à partir d’espèces caduques américaines !)les innombrables hybrides créés en Belgique et Pays Bas au 19ème siècle puis en Angleterre, sont elles aussi des rhododendrons. Mais cette espèce-ci, le rhododendron luteum à la jolie floraison jaune doré, est bien particulière.

D’abord les espèces à fleurs jaunes sont assez rares dans la nature. Et son origine à vrai dire peu commune(Est et Sud-Est de l’Europe, Turquie, montagnes du Caucase jusqu’à 2 200m d’altitude) prouve son caractère particulièrement solide (*). Le rhododendron luteum est aussi présent en Pologne, Slovénie et s’est naturalisé en Belgique. Son port est aéré, le feuillage caduc vert tendre, les fleurs fines et délicatement odorantes d’un parfum d’agrume. Toutes ses qualités ont justement été exploitées dans la création d’hybrides.

Pourtant ici à mi ombre il a végété une dizaine d’années, peu poussant, à compter les fleurs sur les doigts d’une main…. Jusqu’à ce que l’érable palmatum qui l’ombrageait soit éclairci. En une saison le rhododendron luteum a pris du volume et multiplié ses boutons à fleurs. Sa réaction quasi immédiate à la lumière nous a convaincus : en fin d’hiver il a été transplanté (sans aucun souci : la motte est aisément transportable) dans une petite clairière et depuis quelques jours il a pour la première fois magnifiquement fleuri. En prévision de l’été, j’ai simplement disposé à son pied un paillage de tourbe recouverte d’aiguilles de pin.

(*A ne pas confondre avec R.lutescens du Sichuan en Chine, semi-persistant, aux fleurs plus pâles, résistant à la chaleur et à la sécheresse mais pas au froid !).

jeudi 5 mai 2011

Coquins ces hollandais !


Quoi rapporter des Pays-Bas à une jardinière convaincue ?
Des tulipes bien sûr. Deux gros sacs de tulipes « Rembrandt » achetés à l’aéroport d’Amsterdam avec une photo bien alléchante sur le paquet furent un joli cadeau… Des tulipes flammées, marbrées, multicolores, reconnaissables entre toutes. Mais en fait de tulipes Rembrandt que nenni ! Sortit de terre un mélange de tulipes mi hâtives, charmantes au demeurant, la majorité rose dragée, jaune (aïe!pour l’harmonie…) et rouge,résistantes et fidèles depuis.
Mettons les choses au point. D’abord la « vraie » tulipe Rembrandt, celle qui fit se pâmer les tulipomaniaques hollandais au 17ème siècle, n’est plus commercialisée pour éviter la propagation du virus qui en fut la cause. (un virus propagé tout simplement par les pucerons). Méfions-nous des appellations trompeuses (et racoleuses…)et faisons confiance aux producteurs ou revendeurs présents sur les fêtes des plantes d’automne : on peut remarquer leurs bulbes sains, de beau calibre, en variétés sélectionnées (et disposer de conseils avisés), loin des produits « industriels » diffusés dans la grande distribution par nos amis hollandais….

mardi 3 mai 2011

Deux fois pas trois !


L’exochorda racemosa (pas macrantha The Bride, l’autre) grand arbuste considéré surtout pour sa délicate et éblouissante floraison printanière, - sa silhouette élancée et son feuillage vert tendre sont élégants aussi – s’est en partie brutalement desséché pour la deuxième année consécutive : les branches maîtresses portant jeunes feuilles et fleurs en boutons ont flétri en quelques jours donnant à l’arbuste un aspect lamentable. Certes une branche latérale est bien fleurie et une jeune pousse au pied reste apparement vigoureuse. L’origine de la plante n’est certainement pas en cause : elle provient d’un excellent producteur et ce n’est sûrement pas « le chignon » (les racines qui s’enroulent sur elles-mêmes et finissent par asphyxier la plante mal élevée dès le semis). Quoi qu’il en soit, l’exorchorda vit peut-être ici sa dernière année. J’ai immédiatement coupé à ras les parties sèches. L’année prochaine, s’il recommence, je le supprime c’est sûr...

samedi 30 avril 2011

La cardamine pleine de grâce



Elle était apparue parmi les «mauvaises herbes», modeste et légère, signe d’une terre qui retient la fraîcheur. J’avais épargné ses quelques pieds et je ne le regrette pas ! Sa teinte lilas pâle se remarque dès mars sur des tiges graciles d’une vingtaine de centimètres ; presque une julienne des jardins en miniature (encore que le feuillage en diffère nettement : de simples rosettes au pied de la plante). Cette discrète vivace est en fait une intercontinentale, prospérant dans le nord de l’Amérique comme dans toute l’Europe jusqu’en Sibérie. Elle forme maintenant au jardin sans nuire aucunement à ses voisines quelques touffes solides, ravissantes près des jeunes tiges et feuillages pourpres de rosiers, heuchera micrantha ou persicaria Red Dragon. Elle s’est enhardie dans la pelouse jusqu’à créer un dilemne.



Tondre ou ne pas (encore) tondre ? Car un papillon très précoce en saison la choisit pour pondre : l’Aurore dont le mâle est reconnaissable par la large plage orange sur l’angle des ailes avant (la femelle est simplement blanche avec un point et la frange des ailes avant noirs. A ne pas confondre avec les piérides). Je vais attendre encore un peu…


(Pour être sûre de reconnaître les papillons au jardin et dans la nature, je garde en poche un petit livre précis et bien pratique « Les papillons » par Jean David aux éditions Gisserot »).

vendredi 29 avril 2011

Un bel inconnu, le staphylea colchica



Est-ce son nom qui rebute ? J’avoue que moi-même après tant d’années j’ai toujours du mal à le mémoriser. Ce grand arbuste embaumait par les fenêtres ouvertes du premier étage l’intérieur de ma vieille maison en vallée du Lot. Qui l’avait autrefois planté là contre le mur ouest? Je ne le connaissais pas auparavant et depuis ne l’avais revu. Jusqu’à ce que je le retrouve au catalogue de Vincent Grellier (Pépinières Botaniques de la Preille).


Originaire de Colchide au sud du Caucase il s’agit en fait d’un arbrisseau très rustique, à planter au soleil dans un sol plutôt frais et perméable. Ses conditions de culture m’ont permis de le planter ici. Je sais que chaque année j’aurai le bonheur de retrouver son exquis parfum d’amande presque enivrant. Les insectes raffolent de ses fleurs en grappes qui sont d’un léger crème nuancé de vert. Et comme il est très florifère l’arbre « bourdonne ».

D’un port élancé il a tendance à s’élargir par des nouvelles tiges partant de la base. Je coupe à ras l’hiver une à deux plus anciennes pour le contenir et le maintenir en forme (dans tous les sens du terme).

jeudi 7 avril 2011

Heuchéra, heuchéra, heuchéram…

En résumé peut-on dire qu’il y a trois sortes de vivaces : celles qui prospèrent magnifiquement deux à trois ans pour disparaître ensuite définitivement (… Cephalaria gigantea, armoise absinthe à moins que le sol soit vraiment léger et sec pour l’absinthe…), les charmantes et faciles, éphémères ou non qui se ressèment à profusion jusqu’à devenir envahissantes (Courage ! Passer la griffe sans pitié sur les semis même au pied des plus somptueuses hellébores…), et les fidèles sans souci. Les heuchères sont de celles-là !

Depuis les débuts du jardin les heuchera « Palace Purple » et « Chocolate Ruffles » ne m’ont jamais déçu. Les touffes se sont étoffées sans demander aucun soin, juste ramener un peu de terre au pied si besoin (elles peuvent se déchausser avec l’âge) et couper les feuilles abîmées par le gel. Car elles sont bien persistantes. Ces deux formes pourpres au pied du rosier Narrow Water pour l’une et de l’hydrangea Grayswood pour l’autre s’accordent si bien aux teintes roses ou rouges.On les conseille pour la mi-ombre. Ici sur un sol paillé, elles supportent le soleil et la sécheresse de l’été. Leur floraison gracile est un plus.

J’ai souhaité en utiliser davantage. Mais comme la famille est prolifique ! Le nombre de variétés disponibles est inouï. Je laisse volontiers les plus « flashy », séduite par les nuancées, les subtiles pourprées (encore), argentées ou légèrement dorées. La pépinière de La Roche Saint Louis en propose une superbe collection. J’ai ainsi craqué ce printemps pour « Ebony and Ivory », « Frosted Violet » (ah ! le velours du feuillage en transparence sous la lumière rasante du soir), « Mint Frost » et « Lune Rousse », une création « maison » verte et mordorée.

vendredi 1 avril 2011

La boucle est bouclée !

Créé les premiers jours d’avril 2007 (soudainement interrompu un début d’automne), Temps de jardin revient à cette date d’anniversaire et, avec le retour du printemps, la floraison des pommiers. Celle d’abord du pommier d’ornement Everest cette année presque simultanée (les chaleurs précoces sans doute) avec celle des pommiers à fruits. L’arbre planté depuis 15 ans n’a cessé de croître et atteint bien maintenant 8m de haut et 6m de large jusqu’à nécessiter tous les deux hivers plus qu’une légère taille. Et dire qu’il est quelquefois vendu en arbuste! Un grand merci à tous celles et ceux jardiniers de cœur qui se sont enquis (et inquiétés) de la longue pause de Temps de jardin: n’en était la cause que le manque de temps ! (une vie professionnelle trépidante, la priorité à l’homme de sa vie…). Le jardin (et toutes les belles découvertes ailleurs dans la nature et les jardins) se font dorénavant à quatre mains. J’ai envie de les partager avec vous tous. Temps de jardin revient !

mercredi 30 septembre 2009

Une mûre non rancunière

Je l’ai combattu sans vergogne…pendant plus de dix ans, cette mûre épineuse.. un rejet sans doute échappé du jardin voisin, par-dessous le mur. Arrachant ses repousses chaque année sans plus y penser..jusqu’à ce que de guerre lasse cette fois au printemps dernier je la laisse faire…Et lui offre même un tuteur, pour voir… Elle a formé ses premières fleurs puis des fruits noirs, scrutés d’un coin de l’œil. Hésitant à les goûter, un peu honteuse, je les ai quand même discrètement ajoutés dans une salade de fruits. Ils sont exquis…Et maintenant elle prend de délicates couleurs d’automne.


samedi 26 septembre 2009

Le jardin d'Annie

C’est un petit jardin haut perché sur les remparts de Parthenay. 2x 3 simples carrés en enfilade ordonnent l’espace depuis la maison. Sur la longueur une pergola appuyée sur le haut mur voisin donne de l’ombrage, bienvenu en été. Les rosiers lianes sont montés à l’assaut et pris des proportions vertigineuses…plus question d’aller les tailler là-haut ! Au plus près de la maison, les carrés en réalité sont des bassins, presque en trompe l’oeil au premier regard. Puis se succèdent avec fantaisie boutures et divisions en pépinière, plantes aromatiques et potagères du moment. Annie les renouvèle sans cesse car elle prépare à la campagne un nouveau (et grand) jardin. Son jardin de ville modeste en dimensions la ravit pourtant et elle aime y accompagner ses hôtes : sa maison est aussi une chambre d’hôtes au jardin (site).



mercredi 23 septembre 2009

Le rendez-vous à Saint Jean de Beauregard

Le rendez-vous sublime de l'automne à Saint Jean de Beauregard (Essonne) a lieu les 25, 26, 27 septembre prochains. Pour la fête des plantes bien sûr. Cette année la famille des asters est à l'honneur. J'apprends à cette occasion que le dahlia, le chardon,la laitue ou le salsifi en font partie. Qui l'eut cru? Et puisqu'on parle légumes, après avoir fureté parmi les stands, gardez-vous du temps et précipitez-vous au Potager : vous aurez immanquablement un coup au coeur: "Abondance" est le mot d'ordre de l'édition d'automne 2009 de la Fête des Plantes. Mais chaque année à cette saison le Potager est au plus beau. Alors pour moi la quintessence de cette manifestation reste quand même ... et je ne m'en lasse jamais, la visite du Potager! Tous les détails sur le site.

mardi 22 septembre 2009

22 septembre : c’est l’automne

Voilà. Je redescends au jardin, carnet de notes en mains. Je ne pouvais pas vous faire faux bond plus longtemps... Mais la vie comme on dit est inattendue : ce qui vous tient avec opiniâtreté (en l’occurrence le jardin) peut subitement devenir accessoire et lointain. Il lui a fallu se débrouiller tout seul pendant trois mois, résister à une sécheresse et à un été indien (qui se prolonge), ne pas s’épuiser malgré les fleurs fanées et les montées en graines, réussir malgré tout ses floraisons. Les insectes et les oiseaux s’en donnent à coeur joie, dévorant les pommes qui par manque de temps n’ont pas été ramassées, plongeant encore plus que d’habitude dans les asters laissés sur pied. Ce qui ne vous tue pas vous rend plus fort dit-on aussi. Le jardin « s’en sort » bien : la grosse averse de la semaine dernière a redressé les hydrangéas (étrangement les h.paniculata plus que d’autres ont souffert du manque d’eau cette année) ; la branche basse marcottée de la viorne mariesii a pris du volume et remplace maintenant le pied-mère mort il y a trois ans ; les jeunes arbres ont grandi quand même allant chercher l’humidité plus en profondeur. Mais un jardin ne survit pas tout seul (quoique certains en pensent…) et il est temps d’y revenir. L’automne sera beau de toute manière au jardin et avec le jardinier !


mardi 25 août 2009

A quoi jouent-ils ces crocosmias ?

Impertinents et cocasses, mais plein de talents! Ils ont toujours refusé de fleurir, alors que je je les avais soigneusement plantés au pied d'un rosier Thisbé, au soleil. Se multipliant certes, se développant en feuilles et s'étalant à l'envi.. Et se couchant à la première pluie. (Les chats des voisins visiblement apprécient ce matelas moelleux). Une terre trop riche à cet endroit?
Ailleurs, sur un talus à peine remué l'hiver dernier, les crocosmias sont revenus après des années d'inexistence. Ils fleurissent à merveille cet été avec les persicaria amplexicaule. Une association très lumineuse au jardin comme en bouquet.

jeudi 20 août 2009

L'avoir à l'oeil le cétoine doré

Et pas seulement pour admirer les reflets métalliques de sa carapace. Je le tolère ici sur les fines étamines du rosier Queen of the Musks. Mais j'ai depuis longtemps remarqué que sans vergogne il n'hésitait pas à déchirer les pétales des grandes fleurs doubles (particulièrement les blanches) pour arriver à ses fins. Alors je le tiens à l'oeil (autant que je peux...) l'observant en vol (vite reconnaissable, il vrombit comme un bombardier! ) et surtout en l'ôtant des roses Grand Nord ou City of York pour les préserver (les fleurs). Quant au cétoine.... que leur saint patron me pardonne, il m'est arrivé de manquer de clémence. Maintenant je temporise, les déplace doucement, en pure perte pour les roses sans doute.

jeudi 30 juillet 2009

Blanc sur vert un parti fraîcheur pour l'été


En principe il fait chaud, l'été. Au jardin de grandes fleurs blanches apportent de la fraîcheur. Alors je ne réserve pas les floraisons blanches à la seule saison du printemps. Les soirs d'été que l'on prolonge dehors, à la nuit tombante, les fleurs blanches illuminent le jardin. Et l'on se prend à regretter que déjà les jours se fassent plus courts ...

mercredi 29 juillet 2009

Si élégants les veronicastrum virginicum

Je rends grâce aux Quibel du jardin Plume qui, alors tout jeunes et enthousiastes pépiniéristes "faisaient" les fêtes des plantes et venaient en Bretagne: ils m'ont fait découvrir sur le marché de Dinard cette grande majestueuse (encore une américaine, de Virginie comme son nom l'indique, cousine des véroniques en beaucoup plus haute). J'ai toujours le pied d'origine, le Veronicastrum virginicum "Diane" blanc et gracile . Depuis j'ai introduit d'autres cultivars dans les massifs : le "Fascination" rose mauve très grand (à tuteurer si nécessaire) dont certaines fleurs, pas toutes, s'aplatissent de manière étrange ou le veronicastrum rose "Roseum". Leurs longs épis effilés se glissent parmi les grandes graminées ou bien s'accomodent de la proximité de rosiers arbustes, de thalictrums et de clématites. Toutes sont très grandes, de 1,00m à 1,50m (et même davantage pour certaines variétés) et fleurissent en juillet.

mardi 28 juillet 2009

Elles filent, filent les clématites

Elles s'enroulent et font ce que bon leur semble les clématites, se hissant parmi les branches d'abord vers l'ombre pour s'accrocher puis vers la lumière pour fleurir. En les plantant au pied d'arbustes comme dans leurs conditions d'origine (au frais, à l'abri des gelées tardives et pas seulement à l'ombre...), elles nous surprennent d'une année sur l'autre, en prenant des directions inattendues. Je connais des jardiniers sceptiques ou déçus. Et pourtant!


En choisissant des variétés issues des clématites européennes (Clematis viticella), en les plantant orientées à l'ouest (ici Etoile Violette) ou à l'est (Madame Julie Correvon, la rouge), en protégeant le sol d'un paillis épais pour éviter la sécheresse de l'été (arroser grandement ne leur réussit pas du tout) et en les taillant très court (20cms) en février, elles ne posent aucun souci et prennent chaque année de l'ampleur. Un petit livre épatant "Clématites. Comment les choisir et les cultiver facilement" (Arnaud Travers. Didier Willery. éd. Ulmer. 2001) donne les meilleurs conseils. Et la famille Taylor produit en Angleterre des plantes vigoureuses, très saines avec un formidable choix de variétés.

lundi 27 juillet 2009

Rosa moschata umbrella ou autumnalis?

Est-ce le même rosier sous deux noms différents? Ce rosier commandé par correspondance à Pierre Coffre des Pépinières Prayssacoises a la vigueur des rosiers botaniques. Il a plus de dix ans maintenant et forme à lui seul un massif imposant (3mx3m) sans nécessiter d'être tuteuré ou attaché. Je le taille sévèrement chaque hiver ne gardant que les branches charpentières et visiblement il apprécie (outre l'apport annuel de Bochevo of course!). Son feuillage vert bleuté indemne de toute maladie fait merveille, sa floraison éclatante mérite d'être isolée. Sans relâche jusqu'à la fin de l'automne, il produira des grappes de fleurs parfumées d'une légèreté sans pareille.

samedi 25 juillet 2009

Dans la famille hydrangéas n'oubliez pas...

La beauté des Hydrangeas serrata? D'accord, d'accord...Mais il serait injuste de passer sous silence les H. paniculata! Parce qu'ils sont vraiment costauds ces grands arbustes prospérant en plein soleil (comme dans leur milieu d'origine à flanc de coteau dans les montagnes d'Asie). C'est même la condition pour qu'ils fleurissent bien. Ils ne craignent ni le froid ni la chaleur. Iil faut les arroser uniquement lorsqu'ils donnent des signes de fatigue (les feuilles pendent alors tristement...). Je les rabats peu en hiver suivant les conseils de la princesse Sturza afin qu'ils s'élèvent avec le temps (2 à 3m selon les variétés, en plusieurs années) et que leurs fleurs soient plus abondantes que (trop) grosses. Les floraisons pour la plupart sont blanches et crème mais il en est des roses et des rouges fanant magnifiquement auxquelles aucun jardinier ou jardinière ne peut résister (vu leur succès sur les fêtes des plantes de septembre...).

vendredi 24 juillet 2009

L'hydrangéa serrata Kurenai (suite)

L'hydrangéa serrata Kurenai, de blanc a viré au rouge: il a pris ses couleurs vives et chaudes pour plusieurs semaines. Au pied j'ai mis cette année des plants de fraisiers Viva Rosa presque ton sur ton, pour l'oeil...et la gourmandise!

lundi 20 juillet 2009

La générosité de l'abricotier, cette année!

Je l'avais lu dans un article de magazine : "Les abricotiers donnent rarement (tous les dix ans...) mais quand ils donnent, ils donnent". Ayant planté un arbre demi-tige de plein vent dans le coin le plus abrité du jardin (protégé par un angle de murs, exposé sud) , j'avais eu le plaisir jusqu'à présent d'en goûter quelques-uns (au bout de 3 ans). Des abricots dorés, fermes et juteux, très parfumés d'une variété ancienne, Précoce de Saumur. Et même quatre ans plus tard de faire cinq pots de confiture. Mais 2009 est l'année record: les branches se sont arquées sous le poids des grappes d'abricots, trop hautes pour sélectionner les fruits en formation. Et l'arbre entier a pris des couleurs visibles de loin. Un cadeau du ciel, l'abricotier a été épargné cette année des gels tardifs printaniers. Entre temps il y eut des années "sans rien"ou presque rien, des fruits à compter sur les doigts d'une à deux mains, ou même aucun. Quoi qu'il en soit parce que c'est le premier fruit de l'été et que rien ne vaut croquer dans un abricot mûri sur l'arbre, je patienterai à nouveau le temps qu'il faudra...

vendredi 17 juillet 2009

Echinaceas, des belles américaines


Ces vivaces nous font tous et toutes rêver, et pas seulement dans le livre de Piet Oudolf "Jardins d'avenir"(éditions du Rouergue. 2005). Elles sont reines de l'été ces belles américaines. Cousines des rudbeckias dans des gammes de tons bien plus variées, elles me surprennent toujours par leur robustesse, leur élégance dans les massifs (et les bouquets) d'été, leur fidélité année après année, pourvu qu'elles reçoivent suffisamment de lumière et qu'elles aient un peu d'espace pour se développer. Leurs coloris lumineux et subtils ne sont jamais communs. Comme celui-ci "Green Envy" (70cms, fleurissant de juillet à septembre) aux pétales rose éteint et vert amande, très beau au milieu des inflorescences crème d'une graminée (Deschampsia caespitosa) et près d'une autre, le carex Bronze Form. Un de mes préférés est "Sunset" (80cms) vigoureux, formant de belles touffes dès la deuxième année, d'un orange très chaud, subtilement parfumé lorqu'on met le nez au coeur (pas trop près pour ne pas se piquer!). A placer par exemple comme ici au milieu de graminées orange Sstipa arundinacea) et de sédums pourpres.

jeudi 16 juillet 2009

Un hémérocalle pour un autre


Il est joli cet hémérocalle... MAIS on ne m'y reprendra plus. Acheté dans une jardinerie il y a fort longtemps pour le classique "American Revolution" , j'ai pu constater avec déception (et envie) qu'il n'est en rien de couleur bordeaux avec reflets noirs (et gorge verte). Ceci n'entame pas mon goût pour les hémérocalles, des plantes fidèles qui se divisent si bien. Surtout celles à fleurs de lis, qui n'ont pas la sophistication exagérée des nouveaux hybrides américains, lourds et un tantinet ostentatoires.... En choisissant avec soin (chez un bon producteur de vivaces) parmi les innombrables variétés, on peut étaler les floraisons pendant tout l'été. Certaines remontent même très bien en début d'automne. Au fait que dit-on? Un ou une hémérocalle?

lundi 6 juillet 2009

Hydrangea de mon coeur

L’hydrangea serrata Beni Gaku rosit et prend des couleurs. Pour le soleil et la mi-ombre. Un petit d’1m dont le feuillage devient pourpre en fin d’été jusqu’à l’automne.

Un hydrangéa béni! (sans vouloir faire un mauvais jeu de mots). Sa floraison commence tôt à la mi-juin et évolue de mois en mois. Il laisse rarement insensible...Son nom japonais veut dire "forme rouge cramoisi", c'est tout dire. Voici un hydrangéa qui se plait au soleil, comme nombre de h.serrata, et qui ne réclame pas une surveillance constante l'été. On le dit un peu sensible au froid : sous la protection d'arbustes caducs plus grands que lui il n'a pas bronché aux -10° répétés cet hiver. Contrairement à d'autres hydrangéas, on le taille très peu, simplement pour maintenir sa silhouette : les branches qui s'écartent, celles qui s'affaissent au ras du sol. Dans ce groupe des hydrangéas "béni", on trouve aussi le "béni-yama" très proche à une nuance près, peut-être un peu plus bas (0,80m). J'aime infiniment l'idée que ces hydrangéas n'ont pas été créés "pour faire de l'effet" mais qu'ils ont été depuis longtemps remarqués et collectés dans la nature par les Japonais.

lundi 29 juin 2009

Chaud, chaud !

La grâce absolue de l’hydrangea serrata Kiosumi-sawa. Un feuillage superbe nervuré de brun-roux et une floraison précoce en juin tout en délicatesse. A observer de près.

C’est maintenant qu’on apprécie les réserves d’eau de pluie faites au cours du printemps sur les descentes de gouttières….Car il faut garder l’œil et intervenir: sur les vivaces plantées ces dernières semaines, sur tous les hydrangéas... et les rosiers si on veut les garder en pleine forme. Jusqu’ici la météo pluvieuse et les engrais organiques distribués cet hiver leur ont réussi : les feuillages sont rutilants, les fleurs plus grandes et colorées.

... les sublissimes jeunes feuilles de l'hydrangea serrata Kiosumi-sawa
Mais de grâce pour vos chères plantes arrosez le matin et non le soir…. En fin de journée, stressées, recroquevillées pour résister à la chaleur, les feuilles pendantes et les fleurs flétries, elles sont incapables d’absorber cet arrosage soudain !
Contentez-vous de doucher les feuillages de celles qui aiment (les hydrangéas, pas les rosiers). Le spectacle est navrant c’est sûr mais pour le meilleur il faudra patienter et attendre le matin. Les plantes reposées par la nuit plus fraîche vont profiter pleinement de l’arrosage : un arrosage abondant au pied (10 à 20 litres pour un arbuste) qui pénétrera en profondeur.

La gaieté de l’h. serrata Kurenai : un buisson érigé et compact d’1,20m, joli dans une bordure au soleil : les fleurs virent progressivement à un magnifique rouge profond.

Si ce n’est déjà fait, entourez ensuite les plantes de tontes de gazon (non traité) sur 5cms d'épaisseur, pas plus, ou de broyat de branches pour éviter l’évaporation et garder la terre meuble. Les plantes résisteront trois fois plus longtemps. A moins que survienne la canicule un arrosage par semaine suffira….jusqu’aux pluies d’orage de l’été qui leur feront du bien et rechargeront les réserves !

Un des petits derniers au jardin l'hydrangea serrata lilacina paillé d’un épais tapis d’aiguilles de pin.

mardi 23 juin 2009

Au Jardin d’Eau


Le troisième week-end de juin, Marie Mad Jegard ouvre grandes les portes de son Jardin d’Eau, de la pépinière et de son jardin privé devant la maison. C’est «Juin chez Mad». L’occasion d’apprécier «sur pièces» dans de superbes massifs, sur les berges et dans les bassins, les belles et bonnes vivaces qu’elle a testées avant de produire et recommander. Marie Mad invite aussi chaque année quinze autres très bons professionnels qu’on est ravi de découvrir ou de retrouver. Ainsi en 2009 «Le Jardin d’Herbes» et son choix de belles graminées, «La Pépinière de l’Ile» (de Bréhat), «Campanule», «la Pépinière du Val» qui avait réalisé de jolies vasques avec des plantes alpines et de rocaille : «Pas pour vendre…pour donner des idées …».


Je venais pour la première fois. Le lieu est beau, la pépinière de Marie Mad très bien tenue, ordonnée et élégante avec le soin esthétique des détails comme du pratique et du fonctionnel. Le ruisseau coule en contrebas sous un couvert ombreux. Entre la pépinière et la maison, le jardin cloisonné par des haies taillées ou laissées libres laisse découvrir plusieurs mares et bassins, du plus petit à peine visible parmi les massifs (comme des bains d’oiseaux) à la grande mare devant la maison. Autour des pièces d’eau et dans les platebandes, la floraison des hémérocalles, des géraniums et autres vivaces de début d’été est généreuse et gaie. Marie Mad sait associer ses plantes et les présenter dans des harmonies de couleurs.


L’ambiance était décontractée, simple et «chic» à la fois. Amis, clients et voisins (ou non…plusieurs passionnés ont traversé la Bretagne en tous sens pour venir chez elle. J’en étais !) ont passé une délicieuse journée. On pouvait s’y attarder parce que Babette, encore une amie (qui tient «Clafoutis», une jolie tarterie rue Haute Voie à Dinan) proposait d’exquises tartes salées et desserts sucrés «faits maison» et de saison. Tout cela pour vous dire: vous pouvez encore cet été du mercredi au samedi l’après-midi (14h30-18h30) découvrir ce merveilleux jardin (site). Et notez sur vos agendas, l’année prochaine si vous passez du côté de Dinan le troisième week-end de juin, rendez-vous chez Mad !