dimanche 16 juin 2019

Le rhododendron luteum, un européen...

Le rhododendron luteum (et hybrides?) était l'arbuste vedette de ces jardins anglais au mois de mai dernier. Planté dans des circonstances différentes, en masse ou interposé entre autres azalées, le long d'une allée ou au coeur d'un massif, nous l'avons rencontré à Saville, Sheffield Park, Scotney Castle Garden, Great Comp... partout magnifiquement en fleurs. 
Le rhododendron luteum planté abondamment dans Sheffield Park (et photo suivante) 
Le rhododendron luteum est un de mes arbustes fétiches : une floraison abondante sans être lourde, un jaune lumineux sans être criard, un feuillage jaune tendre au printemps et bien coloré à l'automne, une plante résistante au froid, aux maladies...
 
Le rhododendron luteum a donc fait partie de mes bagages lors de mon arrivée ici. Ayant déjà été déplacé deux ans auparavant dans mon ancien jardin (cf. l'article du 9 mai 2011), la réinstallation ne posa aucun problème
Le jeune rhododendron luteum du jardin (avril 2019)
C'est Jelena de Belder qui me l'avait fait découvrir dans son ouvrage "Arbustes et arbustes pour parcs et jardins". éd. La Maison rustique 1994. Cette espèce originaire du Caucase et de la Mer Noire, caduque et bien rustique, s'est naturalisée en Europe notamment en Belgique.
   
Au jardin ici en tout début de floraison (avril 2018). Les branches basses du rhododendron émergent de semis naturels du geranium phaeum Samobor


2018. Les feuilles apparaissent quasi en même temps que les fleurs. Il avait moins fleuri en 2017, nombre de boutons ayant été croqués par les chevreuils
Les fleurs parfumées s'ouvrent avec délicatesse

Dans ces jardins anglais les rhododendrons luteum sont beaucoup plus âgés et leurs volumes conséquents. Les admirer ainsi en toute beauté nous a convaincus de leur longévité et de leur vigueur.

vendredi 14 juin 2019

Harold, Vita, Edouard..."The Moat Walk" (Sissinghurst suite)

 Harold Nicholson a dessiné "The Moat Walk" le long d'un ancien mur de fossé dégagé dès 1930. Il l'a prolongé dans le même axe jusqu'à la douve. En forme de croissant une haute haie taillée sépare visuellement "The Moat Walk" du "Cottage Garden". Il ferme la perspective. Cette idée est de Lutyens. "The Crescent" permit de "rattraper" l'axe différent de celui du Cottage Garden et le changement de niveau.  
A l'opposé, depuis la douve, le croissant crée un point focal marqué par un banc :un siège dessiné par Lutyens à l'origine pour son amie Gertrud Jekill. Depuis on voit ce banc copié, imité, dans les jardins du monde entier. Avec l'humour qui le caractérisait Christopher Lloyd pensait que "Lutyens lui-même aurait souhaité ne jamais l'avoir dessiné". (extrait de Christophe Lloyd. In My Garden. p. 141.Bloomsbury. 2010).
 La bordure d'azalées du "Moat Walk" à Sissinghurst en mai 2019

Vita Sackville-West voulait planter la bordure ouest du "Moat Walk" d'un mélange d'azalées aux fleurs carmin, orange, saumon, jaune, écarlate, abricot... et aux feuillages rougissant à l'automne. Harold n'était pas d'accord. Ce fut fait cependant. Vita avait prévu (à raison) qu'avec le temps les buissons seraient assez grands pour masquer les vues depuis le jardin "The Nuttery", tout en apportant le spectacle des couleurs d'automne et une intensité de couleurs chaudes (et de parfums) au printemps. (cf.Tony Lord.op.cité).

Aujourd'hui la plupart des azalées hybrides Knap Hill ou Exbury plantés par Vita dans la bordure du "Moat Walk" sont retournés à leur porte-greffe, le rhododendron luteum.... Et c'est tant mieux.

L'harmonie des teintes est plus sereine, faite de jaunes lumineux, jaunes doux et plus crémeux, loin des discordances "électriques" observées ailleurs dans plusieurs jardins.

lundi 10 juin 2019

Le "Cottage Garden" de Sissinghurst Castle Garden (suite)

Les journées de Vita et Harold commençaient et finissaient par ce jardin, leurs chambres à coucher étant à l'étage du South Cottage. Harold et Vita considéraient le Cottage Garden comme leur jardin le plus intime, au coeur de Sissinghurst décrit par Harold comme "une succession d'intimités". 
La gamme de couleurs des plantes minutieusement voulues et assemblées sont ici celles des couchers de soleil, les oranges, rouges et jaunes, la plupart entre l'orange et l'écarlate. Cela du printemps à l'automne. Des couleurs bien différentes des traditionnels jardins de cottages anglais. 
Le " Cottage Garden" est toujours aujourd'hui épatant (au sens propre). Il évolua déjà du temps de Vita (... friande des dernières nouveautés), peut-être aussi sous l'influence d'une autre célèbre jardinière amie de Vita, Margery Fish...(ensuite en fonction des chefs jardiniers du National Trust qui se relayent depuis la mort des Nicholson). 
Vita n'appréciait pas les plantes quasiment informes en dehors de leur période de floraison. Margery Fish lui montra toute la valeur à accorder aux feuillages, leurs textures et leurs formes pour enrichir et prolonger l'intérêt du jardin.
 
Le "Cottage Garden" en direction du Crescent et du "Moat walk"
Les jolies seulement en fleurs se glissent entre des plantes intéressantes sur la durée, aux formes puissantes et contrastées. Dans le "Cottage Garden" les feuillages et leurs nuances de vert jouent un grand rôle : les glaïves chartreuse des crocosmias, les rosaces argentées des molènes, le fenouil bronze, le feuillage glauque des asphodèles, les larges feuilles palmées de l'hedychium densiflorum.... 
C'est une des raisons pour lesquelles j'aime tant le Cottage Garden. Au printemps ce jardin déroule une tapisserie, comme je l'ai l'observé cette année, et à l'automne, dans mon souvenir, il devient exubérant, très joyeux même par temps gris et déjà frais.
Depuis l'époque de Vita et Harold, le "Cottage Garden"a changé. Quelques arbres plantés à l'origine en bordure ont disparu, emportés par une maladie ou une tempête. Certaines vivaces ayant pris une place considérable ont été réduites (thalictrum flavum sp.glaucum, alstroemeria).
Les fruitiers palissés rehaussent la haie, écran entre le verger ("The Orchard") et le Cottage Garden. Au premier plan, reconnaissable, le thalictrum flavum sp.glaucum 

L'assortiment de plantes a été diversifié  : les giroflées ont été introduites après la mort de Vita, la gamme des tulipes élargie, celle des iris, des pavots, des euphorbes aussi : en 1959 Vita disposait seulement de la (superbe) euphorbia griffithii. Les euphorbes sont un thème récurrent maintenant du Cottage Garden, au printemps et à l'automne : e.cornigera, e.sikkimensis,, e.palustris, e.polychrome Major,  e.characias sp.wulfenii...
Les dahlias était un choix d'Harold pour l'automne, comme l'arctotis "Mahogany" : une marguerite originaire d'Afrique du sud, non rustique, qui fut plantée dans la bordure au pied du cottage. La gamme des dahlias s'est étoffée au fil des années. 
L'été les sauges sont une des valeurs sûres du "Cottage Garden", dont la s.fulgens. Les achillées aussi (Vita cultivait déjà l'a. Gold Plate). Quelques lys (peu durables) sont présents dont lilium henryi, précoce et de longue floraison, d'un orange doux. Les jardiniers de Sissinghurst ont aussi sélectionné les plus belles molènes parmi les semis (verbascum v.olympicum ou v.bombyciferum). 
Comment faire perdurer l'oeuvre des créateurs? Les correspondances entre Vita et Harold, les articles écrits par Vita (des romans aussi. cf "L'héritier" traduit et paru en 2019. éd. Autrement littérature), les souvenirs de leur fils Nigel et de ceux qui les ont connus contribuent à entretenir la connaissance de "l'esprit" de Sissinghurst, à communiquer leur sensibilité et créativité. 
Les jardiniers du National Trust s'efforcent ainsi de reproduire intentionnellement des "accidents" qui plaisaient tant à Vita : (faux) semis naturels d'ancolies préservés entre des dalles, vigne vierge grimpant ("spontanément") à l'assaut d'un if...
Dans la "Forecourt" en mai 2019, le ton est donné : un semis d'ancolie glissé entre des dalles s'accorde à merveille au bleu du romarin et à celui d'une vasque Renaissance. 
 (Source documentaire : Tony Lord. Gardening at Sissinghurst. National Trust. éd.Frances Lincoln.1995). 

Le "Cottage Garden" à Sissinghurst

J'étais impatiente de revoir  Sissinghurst Castle Garden, longtemps après et à une autre saison (ma première visite avait eu lieu en septembre).  Aux prémices de l'automne 1996 le "Cottage Garden" était bluffant : ses couleurs chaudes et fortes allaient si bien à la lumière dorée de la saison. Il avait été "mon préféré" lors de cette première visite (en second au palmarès les bordures pourpres au nord et est de la première cour "Top Courtyard").
Ce mois de mai 2019 le "Cottage Garden" aussi lumineux qu'en début d'automne
Sissinghurst magnifie définitivement la couleur, LES couleurs avec des associations on ne peut plus subtiles dans les différentes séquences. Le Jardin blanc planté en 1950 est de longue date réputé...(presque le seul en fait, c'est dommage). Diviser le jardin en "chambres" plantées d'une gamme de couleurs fut décidé dès la création du jardin par Harold Nicholson et Vita Sackville West. Vita avait acheté le domaine en 1930. Le couple entreprit aussitôt de le restaurer et l'aménager. Harold Nicholson étant le "garden designer" (aidé de son ami Edwin Lutyens, encore lui) et Vita passionnée de plantes se chargeant des plantations. Encore que. Harold intervint à de nombreuses reprises (cf. l'abondante correspondance Vita-Harold) pour demander ce que Vita souhaitait planter avant de dessiner ce qu'il avait en tête ou pour résoudre des problèmes que se posait Vita.
Le plan détaillé du jardin. Extrait de Tony Lord. Gardening at Sissinghurst. National Trust

"The Cottage Garden" est un clos orienté plein sud devant le South Cottage. Au-delà la longue promenade "The Lime Walk"sépare les jardins de la campagne. A l'ouest du "Cottage Garden" se situe le Jardin de roses et vers l'est la promenade des azalées "The Moat Walk" ou littéralement la promenade de la douve (cf. le plan ci-dessus). "The Moat Walk" illustre bien le parti de création des jardins de Sissinghurst, composés "à quatre mains". J'y reviendrai. 

Vita fit l'éloge d'Harold dans un article écrit pour la RHS en 1953: "Harold Nicholson aurait pu être un "garden-architect" (dans le texte) dans une autre vie. Il a un goût naturel pour la symétrie (...) le talent pour créer des points de mire ou rapprocher des vues pourtant à longue distance  (...). Nous étions d'accord sur ce que devait être le parti général du jardin : une combinaison de larges axes de promenade et d'intimes petits jardins géométriques. Il y aurait un strict formalisme du dessin avec le maximum d'informel dans les plantations."

Le caractère des éléments préexistants,- murs, enclos, bâtiments d'un ancien manoir Tudor-, inspira le dessin et l'atmosphère des  jardins. Leur personnalité résulte aussi du mode d'habiter très particulier de ce couple non conformiste, les pièces à vivre au quotidien étant réparties dans plusieurs bâtiments :  la grande bibliothèque et les salons dans la maison principale, la salle à manger dans le presbytère ("Priest'st House"), le bureau de Vita et sa bibliothèque dans la Tour, les chambres à coucher dans le "South Cottage". 
De même les différentes parties du jardin étaient-elles des pièces à vivre : le "Top Courtyard" un hall d'entrée, le "White Garden" une salle à manger, le "Cottage Garden" un autre salon pour Harold. 
Le salon de Harold devant le South Cottage orienté plein sud
A l'aube de la deuxième guerre mondiale le caractère de chacun des jardins était en place sauf le "White Garden" devant le presbytère "Priest'st House" (et la pelouse de thyms près du jardin d'herbes aromatiques, curieusement implanté...au plus loin des bâtiments, à l'extrémité sud de la douve). 
 Après la guerre, le jardin fut réinvesti et enrichi. Ce fut le commencement de sa notoriété (6000 premiers visiteurs en 1959), un succès grandissant jusqu'à la mort à Sissinghurst de Vita en 1962 et d'Harold en 1968.  L'année précédente Sissinghurst Castle Garden avait été transféré au National Trust par leur fils et héritier Nigel Nicholson. Une autre histoire commençait. Elle se prolonge aujourd'hui. 

Aurais-je oublié le "Cottage Garden" ? Que nenni. J'y reviendrai dans le prochain article. Il me semblait important de poser d'abord le contexte de ce merveilleux jardin.  
(source: Tony Lord. Gardening at Sissinghurst. National Trust. éd.Frances Lincoln.1995).   

vendredi 7 juin 2019

Saville, Sissinghurst, Great Dixter, Sheffield Park...il est encore temps!

L'opportunité était trop belle, poussée par l'urgence (sans cesse reportée....) d'un b...xit qui joue à l'arlésienne. Revoir Sissinghurst Castle une vingtaine d'années après, découvrir "en vrai" des grands jardins (connus seulement par des lectures et photographies), d'autres ignorés jusque-là, et même "la Mecque" des jardiniers anglais, Wisley de la très honorable RHS.  En cette fin du mois de mai 2019 une virée de plusieurs jours au sud de Londres, d'ouest en est, ne fut qu'une succession de bonheurs dont raffolent une grande partie des jardiniers : visiter des jardins anglais.
Sissinghurst Castle Garden...vingt trois ans après et cette fois au printemps
Le "garden design" de chacun prime sur toute chose, sa personnalité et sa cohérence, l'atmosphère qui s'en dégage (reflet de son créateur voire ...de ses successeurs), le plan avec les perspectives et les proportions. La composition souligne les différentes séquences par un changement de rythme (les lieux où il est suggéré de se poser ou au contraire de se faufiler, ou ralentir le pas dans une grande allée...), les changements d'ambiance, de tonalités (si l'on se souvient clairement des différentes séquences après la visite, c'est bon signe...). 
Il est bon visiblement de le répéter : toujours commencer par observer le cadre général et la structure du jardin, percevoir l'esprit et l'impression qu'il veut donner avant de se pencher et "baisser votre nez vers le sol et flairer dans le détail les plantes qu'il contient" (C.Lloyd. cf. ci-après). Et avant de mettre l'oeil sur le viseur de l'appareil photo...
Scotney Castle Garden. Le jardin au pied des ruines de l'ancien château Tudor

Je suis revenue de ce voyage le regard encore aiguisé en poussant plus loin l'analyse des scènes de jardins : "j'aime beaucoup, je n'aime pas, oui mais pourquoi?" L'éminent jardinier Christopher Lloyd ne conseillait pas autre chose. Dans les chroniques de son jardin (In my garden. The Garden Diaries of Great Dixter. éd. Bloomsbury.2010 : recueil d'articles choisis parus dans le magazine "Garden Life"), Christopher Lloyd rassure et "décomplexe" chacun d'entre nous :"Ne soyez jamais découragés du fait que le jardin que vous visitez semble si différent dans son échelle ou éloigné de ce que vous pouvez tenter chez vous (...). D'abord il y a presque toujours des détails de plantations instructifs, de bonnes associations de plantes dont vous pourrez vous inspirer. Surtout nul besoin d'émulation ou d'esprit de compétition pour profiter d'un jardin. Appréciez le lieu tel qu'il est, dans l'instant." (op.cité.p.71).
L'entrée de Great Dixter, rendu célèbre par Christopher Lloyd, jardinier écrivain
Et donc je partagerai dans les prochains articles des impressions, coups de coeur et leçons tirées de ma récente promenade dans ces jardins anglais du West Sussex et du Kent.
Le charme intact de la campagne anglaise et des jardins de cottage...(Tudeley. Kent)
 

mercredi 5 juin 2019

A nouveau le printemps...

Mars, avril, mai...les semaines et les mois du printemps ont passé en accéléré et le jardin a dû pratiquement "se débrouiller" tout seul.
 La floraison fidèle et somptueuse des rhododendrons âgés d'une trentaine d'années
De toute manière la patience est de mise : donner le temps à toutes les jeunes plantations, arbres et arbustes, faites depuis le commencement du jardin (entre 3 et 5 ans), de vraiment s'installer.  Et comme ce jardin se veut "sauvage", j'ai déculpabilisé...sans pour autant cesser de le surveiller du coin de l'oeil et intervenir au moins en cas d'urgence... quand j'y pouvais quelque chose.
Ainsi les températures qui ont fait du "yo-yo" (trop chaudes trop tôt) ont nécessité pour les plus jeunes sujets quelques arrosages précoces. J'ai aussi pris le temps de distribuer du Bochevo systématiquement au pied de tous les arbustes, jeunes et anciens. Et les protections contre les différentes prédations des chevreuils (grignotage d'écorces, jeunes pousses de rosiers etc...) ont demandé un suivi constant (hélas dans certains cas plus réactif que préventif)... C'est fou ce que les chevreuils sont curieux et friands de nouveautés. 
Les 2 camelias rouges hérités de l'ancien jardin, demi-double et double, qui furent plantés côte à côte en même temps que les rhododendrons, font aujourd'hui 4m de haut
 Mais le jardin a surtout subi (comme tout l'environnement ici) et pour la deuxième année consécutive une  terrible attaque a priori de la "tordeuse verte du chêne", plus virulente encore qu'en 2018.
Une mal nommée : cette année en avril la petite chenille verte s'en est pris, outre aux chênes, à pratiquement tous les végétaux caducs du bas du jardin. Serait-ce une mutante ou alors une autre espèce?...Toujours est-il que cette petite chenille visible au revers des feuilles a tout dévoré. A commencer par les arbres puis les arbustes: le liquidambar, les noisetiers, les pommiers (alors quasiment en fleurs), merisiers, puis (en descendant par de longs fils de soie) les rosiers, amélanchiers....la liste serait trop longue. Les jeunes pousses, bourgeons, boutons à fleurs et feuilles tendres ont été en un temps très bref (quelques jours à peine) entièrement détruits jusqu'à la base. L'ensemble a pris rapidement une mine dramatique, désespérante. Je n'y pouvais rien et il fallait seulement ne pas se décourager et espérer.
Etonnament aucun des cornouillers n'a  été touché (cornus controversa, c.officinalis...), ni les rhododendrons caducs (r.luteum, canescens, peryclimenoides) sauf exception. Les érables japonais non plus, ni les hydrangeas. Aucune vivace, fougère (alors en pleine pousse) n'a été touchée..
 Dryopteris atrata (ou cycadina)
Il aura fallu attendre un mois (d'inquiétude) et les bonnes dernières pluies pour que de nouvelles feuilles apparaissent sur les végétaux, d'abord celles du liquidambar. Tous maintenant "repartent". Quasi un nouveau printemps, ouf ! Parait-il, ces bestioles migrent ailleurs la troisième ou au pire la quatrième année.L'espoir fait vivre.

dimanche 3 mars 2019

En jaune et noir aussi ( les hellébores orientales)

Comme beaucoup d'entre nous (on en admire chaque année les photos sur les blogs amis), j'ai d'abord découvert les hellébores orientales de couleurs pourpres (au feuillage pourpre ou vert), les blanches et celles de toutes nuances de roses (les miennes sont des hybrides spontanés d'une h. pourpre et d'une blanche). Des hellébores mouchetées (dénommées "guttatus"), les "picotee" (au liseré des fleurs plus coloré) etc...... C'était il y a  plus de vingt ans et je ne m'en suis jamais lassée.
Quelques années plus tard, admirant pour la première fois des hellébores ardoisées (au Jardin remarquable du Plessis Sasnières, au nord-ouest de Blois), j'ai compris qu'il était possible de composer plusieurs harmonies différentes.
 Une hellébore noire Abigail de la pépinière belge WinterAngels. Kwekerij Verboom. choisie en fleurs à St-Jean de Beauregard avril 2018
L'occasion était trop belle ici avec la floraison précoce du cornus officinal. La composition s'étoffe maintenant : ont été réunies aux alentours du cornus officinalis et d'un rhododendron yakushimanum flava (qui fleurira plus tard du même jaune pâle) trois hellébores jaunes - dont une à coeur rouge - deux hellébores noires et une hellébore Slaty blue, plutôt ardoisée, issue de l'hybridation de l'h.torquatus.  
Le cornus officinal filtrera la lumière au-dessus du massif pendant l'été
Chaque pied d'hellébore est de provenance différente ce qui permet des variations (et aiguise l'observation) : hauteur des tiges, taille des fleurs, velouté des pétales noirs...
J'attends la floraison de leurs premiers semis, peut-être dans deux ans (?) sans savoir ...à quoi m'attendre.
Une hellébore jaune très pâle à coeur d'anémone vert provenant du Jardin de Vastérival
En réalité celles qu'on nomme "hellébores orientales" regroupent plusieurs espèces dont l'hybridation qui fut d'abord naturelle est peut-être sans fin... Toutes les espèces proviennent des mêmes régions : Balkans, Croatie, Grèce du nord... Les pourpres peuvent être issues d'h.purpurescens ou d'h.atrorubens, les jaunes ont de l'h.odorus "dans les veines", les noires de l'h.torquatus disais-je. De quoi en perdre son latin.  
 Je laisse en cette saison à leur pied de nombreux arums italicum spontanés (avant de les enlever plus tard à l'aide d'une gouge à asperges). Le feuillage bien vert des arums rehausse le noir des hellébores. 
Des epimedium x versicolor sulphureum forment la bordure. Je garde aussi précieusement son feuillage, très pourpre en cette saison, avant de l'éclaircir lors de sa pleine floraison. 
 
Par contre je n'ai pas gardé l'epimedium pinnatum Black Sea dont le feuillage hivernal ne s'est pas plus coloré ici que le classique e. x versicolor  sulphureum et dont les fleurs étaient d'un curieux mélange jaune et rose orangé. De plus son feuillage sur des tiges plus lâches se tenait moins bien comme couvre-sol.  
Le tout s'accompagne de quelques hellébores pourpres de mon ancien jardin et d'un semis spontané de geranium phaeum (aux feuilles bien tachetées...de noir) qui s'est glissé entre les plants.
 Cette nouvelle hellébore noire : de petites fleurs sur des tiges très hautes
Au bord du chemin le massif jaune pâle, pourpre et noir se détache en cette fin d'hiver sur le fond sombre des troncs des pins et des chênes. Non loin en sous-bois la tonalité jaune pâle est reprise par la floraison naissante du corylopsis pauciflora, des stachyurus praecox et de simples primevères. 

samedi 16 février 2019

La melica uniflora alba, une graminée épatante

"Nulle autre graminée capte la lumière avec tant de douceur". On ne saurait mieux dire. C'est ainsi que J.P. Cordier présente les melica ou "herbes aux perles" (Guide des plantes vivaces. Horticolor. 1997). Alors que les graminées sont revenues à la mode en France depuis longtemps il semble que les méliques aient été quelque peu oubliées (hormis la mélique ciliée - melica ciliata-). 

Celle-ci la melica uniflora f.alba ou albida est plus fréquemment cultivée en Angleterre. C'est d'ailleurs dans le jardin de Clare Oberon, paysagiste anglaise installée en Bretagne (cf. article du 20 juillet 2017) que je l'ai vu pour la première fois. 
 La melica uniflora alba chez Clare Oberon dans un mélange de vivaces en bordure d'un massif d'arbustes à l'ombre
La melica uniflora alba était en fleurs début juin c'est à dire ornée de minuscules grains de riz blanc qui brillaient dans l'ombre. Une légèreté et une grâce qui m'ont épatée. 
C'est une "native" présente en Europe, répertoriée dans les forêts de hêtres des Vosges,  dans le Bassin Parisien... Dommage de l'oublier car cette graminée n'est pas difficile. Indifférente à la nature du sol elle convient à l'ombre sèche, ce qui dans les temps actuels.... Elle fleurit abondamment pendant 3 mois, de mai à juillet.  La hauteur du feuillage très fin (plus que la luzule), vert frais, varie de 30 à 60cm. Si elle se plait, elle peut coloniser un espace. La pépinière de Beth Chatto Gardens (Colchester.Essex) la recommande en compagnie de fougères, d'hostas, du dicentra Langtrees...
Par chance Philippe Le Goff (pépinière Le Clos d'Armoise) l'avait multiplié et j'ai pu la planter l'année dernière en pied de talus, dans la partie la plus ombrée, près d'une ancienne souche en compagnie de fougères (polystichum polyblepharum), geranium phaeum Blauwoet et disporopsis pernyi
 Un des jeunes plants introduits au jardin en mai 2018 
La melica uniflora alba n'a cessé de fleurir jusqu'à l'automne et s'est déjà un peu étoffée. Les jeunes plants avaient pris l'hiver l'allure d'une chevelure blonde. Je viens de remarquer qu'ils n'attendent pas le printemps pour "repartir". 

jeudi 7 février 2019

Blanc manteau, les bruyères d'hiver (erica x darleyensis)

A l'ouest en bord de mer la neige fait défaut l'hiver. Pas de lumière si particulière ni de crissements sous les pas (j'admire avec envie les photos postées ces jours sur les blogs amis). En compensation, si je puis dire, j'étends chaque année un peu plus un tapis de bruyères d'hiver à floraison blanche, erica x darleyensis, près de la maison, à l'est sur la pente jusqu'au magnolia liliiflora nigra et  l'hamamélis Diane. En émergent çà et là 5 pieds encore jeunes de fothergilla major et 2 rhododendrons nains calostrotum ssp.keleticum (à peine plus hauts que les bruyères : 0,60cm). 
En avril la floraison blanc crème des fothergilla prendra le relais des bruyères et la touche des rhododendrons s'accordera à la floraison du magnolia.

Les erica x darleyensis ont pour origine un hybride naturel issu du hasard, un croisement inattendu et remarqué entre deux espèces cultivées dans un même jardin anglais il y a près de cent ans...une erica carnea et une erica erigena (ou mediterranea). Les croisements ont été favorisés depuis par les producteurs qui ont créé de nombreux cultivars.
Les erica x darleyensis ont bien des atouts. Rustiques elles apprécient les sols très acides comme légèrement calcaires à condition que le sol soit drainé à léger. Vigoureuses, elles occupent en peu d'années un espace conséquent, chacune de 0,60 à 0,70cm de large, jusqu'à former un couvre-sol efficace étouffant  les adventices. Je les aide les premières années en désherbant consciencieusement et en déposant à l'automne entre les jeunes plants un tapis de feuilles de chênes. 
Plus à l'ombre sous les branches basses du magnolia liliiflora nigra plusieurs hellébores orientales "White ladies spotted" remplacent les bruyères. Elles annoncent par leurs pétales mouchetés de rouge pourpre (de façon prémonitoire...) la floraison printanière du magnolia.
La floraison de ces bruyères d'hiver qui commence vraiment ici à la mi-janvier est abondante et longue.  Leur nectar est très apprécié des insectes et le tapis "bourdonne" véritablement les beaux jours d'hiver.  
J'ai mélangé trois variétés différentes d'erica x darleyensis à floraison blanche au fur et à mesure de l'extension du tapis. Les nuances se remarquent à peine pendant la floraison mais apportent des variations pendant l'été et l'automne par le feuillage vert foncé, vert clair, vert tendre selon les variétés, ce qui évite la monotonie. 
* Silberschemlze, au feuillage d'un vert soutenu, vigoureuse, d'origine allemande (40cm).
*White Glow, compact, au feuillage foncé avec des pointes rosées en mai, plus basse (25cm) en bas du tapis.
*White Perfection, la première à fleurir, au port érigé (40cm).Cette variété plus récente a obtenu un Award Garden of Merit de la RHS.  
Le tapis composé maintenant d'une cinquantaine de pieds commence cette année à prendre "de l'allure". Au printemps la floraison passée, il sera indispensable de tailler l'ensemble à la cisaille pour une remise en forme et surtout éviter un vieillissement prématuré : épointer sans tailler sur le vieux bois, dès la première année de plantation.
Encore trois conseils issus de l'expérience... (pas toujours heureuse) : planter profond en enterrant la base du feuillage, arroser régulièrement les deux premières années les jeunes plants qui sèchent très rapidement, vérifier quelque temps après la plantation que la motte ne s'est pas déchaussée, péril mortel pour la plante. 
Enfin Bernard de la Rochefoucauld (Arboretum des Grandes Bruyères en forêt d'Orléans à Ingrannes.45) a partagé ses connaissances dans un ouvrage édité en français par Rustica (1997) "La bruyère. Choix des variétés, culture, associations", utile et qu'on trouve encore en vente en ligne.    

lundi 4 février 2019

Houx! houx!houx! (suite et fin)

Les fêtes des plantes sont toujours source de découvertes chez les pépiniéristes collectionneurs. Le premier week-end de septembre 2018 avaient lieu "Les journées des plantes de Guerlesquin", petite cité de caractère située en centre Bretagne (29). J'y étais pour la première fois surprise de découvrir ce lieu joli et accueillant, l'ambiance chaleureuse et communicative, une organisation  impeccable. Cette fête des plantes réunissait sous l'impulsion de la pépinière Sous un arbre perché une palette formidable de 30 producteurs collectionneurs dont plusieurs venus de loin, des quatre coins de la France : Mela Rosa, Maurice Laurent, les Laurains, des Deux Caps, Plantemania... sans les citer tous. 
Parmi les meilleures pépinières bretonnes, beaucoup étaient là. Plusieurs conférences étaient aussi proposées dont celle de Catherine Le Berre sur les plantes d'automne du Japon à laquelle j'ai pu assister, passionnante.  (En 2019 , les Journées des Plantes de Guerlesquin auront lieu les 15 et 16 septembre. A noter sur l'agenda.www.journeesdesplantesdeguerlesquin.fr).

 Le tout jeune ilex September Gem planté dans la haie en mélange d'arbustes 
Revenons-en aux houx. Sur le stand de Joël Le Cam (Pépinières Botaniques Armoricaines. St-Adrien. 22) se trouvaient plusieurs pépites - comme toujours chez lui - dont un houx au feuillage très clair, au port touffu et vigoureux, réputé de pousse rapide et dense : l' ilex September Gem, un hybride i. ciliospinosa x i.aquipernyi de 1957. Tolérant à la chaleur et au soleil, il fructifie très tôt en septembre (d'où son nom) de baies d'un rouge profond qu'il gardera longtemps, en principe... Il occupera dans la haie avec le temps un volume de 2x2m. Le vert tendre de son feuillage apportera de la lumière en contraste avec les arbousiers, chênes verts, ilex aquifolium plus sombres. D'un vert jaune et non bleuté ce houx est encore éclairci par des tiges aux mêmes tonalités.


vendredi 1 février 2019

Houx! houx! houx! quelle bonne idée

Merci à Berthille pour cette très bonne idée d'un article sur les houx (article du 16 janvier 2019). Ici aussi l'ilex aquifolium prospère spontanément dans les sous-bois de chênes et c'est ce qui m'a guidé. 
L'ilex aquifolium fréquent en sous-bois, multiplié par les oiseaux (très amateurs de ses baies) qui en dispersent les graines. Le feuillage est plus mat que d'autres cultivars
 On dit le houx de pousse lente et j'ai malgré tout voulu en faire le test en l'utilisant comme un des persistants dans l'écran de bord de route.  Une haie défensive à recréer, plus  "naturelle",  faite d'un mélange d'espèces spontanées caduques et persistantes (fusains d'Europe, aubépines, rosiers sauvages, chênes verts, arbousiers...), les arbustes décidément trop voyants dans ce site (céanothe, forsythia...) ayant été supprimés à mon arrivée.
J'ai laissé pousser des semis d'ilex aquifolium déjà en place. D'autres trouvés dans le jardin ont été replantés...avec un succès aléatoire. Certains ont séché très rapidement (malgré une attention régulière pour l'arrosage) ou au cours de l'été suivant. Leur unique racine en pivot ne facilite sans doute pas les choses. 

D'autres très jeunes plants ont grillé leurs parties aériennes... et sont repartis ensuite avec une bonne vigueur.  Et "une fois partis, ils sont partis". Les premiers semis naturels préservés en 2012 atteignent 1,70m sur 1,50m de large (....après 6 ans certes). Je les épointe seulement pour les maintenir en forme et leur éviter un port parfois dégingandé.  (Un ami architecte paysagiste m'a pourtant affirmé qu'ils détestaient être taillés. Qu'en penser?).
Je n'en suis pas restée là...Pour varier, avec discrétion, l'attrait  de cette espèce, j'ai introduit plusieurs variétés. Et d'abord le houx J.C Van Tol (du nom de son obtenteur hollandais) vanté et repéré il y a fort longtemps dans les magazines de jardinage. Autofertile, le houx J.C Van Tol est quasi sans épine, d'un joli port élancé et pyramidal, le feuillage sombre brillant. Les fruits nombreux (quand l'arbuste devient adulte) sont bien visibles de même que ses petites fleurs blanches au printemps, les tiges violacées. Par contre il n'est pas très fourni et je l'épointe systématiquement chaque année pour l'encourager.
Aucun risque de se blesser avec l'ilex Johny Van Tol
A l'inverse l'ilex aquifolium Alaska est particulièrement agressif. En tant que cultivar femelle, la fructification est garantie. Encore un qui repart vigoureusement du pied après un accident de culture.  D'origine horticole il a été obtenu dans les années 1960 en Allemagne (obtenteur :Mr Nissen. ville de Wuppertal)
Très branchu, le houx Alaska peut être utilisé en brise-vent. Lui se prête très bien, parait-il, à la taille.

Enfin l'été dernier sur une fête des plantes, Joël Le Cam (Pépinières Botaniques Armoricaines) avait apporté un spécimen étonnant... auquel je n'ai pas résisté. J'y reviendrai dans mon prochain article.

mercredi 30 janvier 2019

Tout vient à point...qui sait attendre ?

A mon tour d'adresser mes voeux (tardifs mais sincères) à tous les jardiniers et jardinières. D'intenses tâches professionnelles m'ayant tenu à l'écart du jardin pendant plus de deux mois, j'ai tenté de calmer mes frustrations de jardinage et d'écriture en me concentrant sur la lecture des blogs amis. Comme le remarque Rouge Cabane (article du 16 janvier 2019), j'ai constaté cette année un "retard" des floraisons au jardin.  Pourtant la météo est ici en Bretagne sud plus clémente. J'ai partagé la semaine dernière les mêmes inquiétudes concernant la floraison des hellébores, espérant que ce retard n'était pas (pour les plus anciennes d'entre elles amenées de mon ancien jardin) le signe d'une dégénérescence...
L'hellébore orientale noire est cette année (?) une des premières à fleurir, en même temps que l'hybride précoce Martine Lemonnier
 C'est qu'en ces temps hivernaux l'impatience prend le coeur et l'âme de la jardinière. Certes les jours rallongent ostensiblement et la lumière est plus forte. Et les premiers chants des oiseaux sont bien présents.
L'hamamélis (x) intermedia Jelena s'avère chaque année l'hamamélis le plus précoce, suivi de près par l'h. mollis Pallida puis par l'h. (x) intermedia Diane. La lumière encore rasante irradie ses teintes orangées 

Alors tentons tout de même un palmarès des "imperturbables", ceux qui "contre vents et marées" sont fidèles au rendez-vous dès la mi-janvier. Les champions sont incontestablement (chacun dans sa catégorie) les hamamélis, le lonicera fragrantissima, le cyclamen coum...
Bien au sec en pied de talus sur une légère pente, les cyclamens coum se plaisent et s'étoffent. Mais leurs graines que je laisse "rouler" naturellement ne germent pas (pour le moment du moins). Qui sait?
A l'inverse de ce camellia blanc inconnu qui, après cinq ans de "rétablissement" (cf. article du 12 janvier 2018), s'élance maintenant à plus de 2m de haut et perce vigoureusement sur le vieux bois. Il fleurit selon les années pour Noël ou plus tard à partir de la mi-janvier, ce qui fut le cas cette année comme en 2018.

mercredi 31 octobre 2018

L'automne dans les jardins pragois

Les jardins et les parcs de la ville de Prague sont des havres de calme à l'écart des lieux arpentés par des groupes touristiques internationaux.  Les pragois aiment leurs jardins et les parcs, nombreux rive gauche de la Vltava dans le quartier de Malà Strana mais aussi à la périphérie de la capitale. En cette saison les feuillages d'automne mordorés s'accordent aux ocres jaunes des façades et aux orangés des toits en tuiles. Le noir des troncs apporte un caractère très graphique et souligne la silhouette des grands feuillus.
 Le parc de Kampa au bord de la Vltava
 
C'est aussi le moment où l'on remarque combien ces jardins et parcs sont entretenus. Les charmilles, les topiaires, les broderies des jardins baroques sont impeccablement taillées.
Le jardin baroque Wallenstein du 17è siècle, aujourd'hui jardin du Sénat tchèque.

Ce jardin est le seul visité par les touristes en groupes. Traverser le jardin Wallenstein le matin tôt permet d'en apprécier tout le charme. 

 La conduite des grimpants est très réfléchie, parfois avec un brin de fantaisie (comme celle de laisser au lierre la liberté de se glisser sur les branches basses d'un alignement de magnolias de printemps, jusqu'à 0,60cm de haut...pas plus). A l'inverse des rhododendrons peuvent être tenus relativement bas en topiaires.
L'entrée du jardin Ledeburskà (Ledebour garden), un des jardins qui s'étagent en terrasses bien exposées au sud sous le château de Prague 
 Les fleurs des platebandes ne sont plus que souvenirs mais le dessin de ces jardins à cette saison n'en est que plus présent.  Des jardiniers s'affairent, ici pour reconstruire le bassin au coeur d'un jardin historique, là pour trier et replanter des bulbes de printemps.

La partie privée des jardins de l'ancien palais Fürstenberg, aujourd'hui une ambassade, se laisse voir aux passants à travers les grilles
Ces jours-ci j'ai découvert un autre de ces jardins situés sous le château de Prague, les jardins en terrasses du palais Fürstenberg (Fürstenberské zahrady). Ces jardins ont été restaurés avec l'apport de fonds de l'Union Européenne comme le rappelle un panneau à l'entrée.
D'étroites et hautes terrasses structurent le jardin étagé sur une forte pente. Pieds de vigne, arbres fruitiers, rosiers et vivaces occupent en lignes chaque parcelle de terre. D'autres cultures sont palissées sur les murs de soutènement. Et deux petites serres ont été construites à mi-pente. Un jardin très géométrique. 
Un alignement de prunus superbe par ses couleurs d'automne souligne le dessin des terrasses
 Les dernières roses du jardin, en bordure de l'allée principale bordant les terrasses
De grandes bassines recueillent l'eau de pluie sur les terrasses supérieures afin d'arroser plus aisément les cultures
 Le haut du jardin multiplie les vues sur l'ancien palais et son jardin privé

 
 Le jardin Fürstenberg est aussi le chemin idéal pour monter directement à l'entrée Est du château, évitant ainsi les hordes de touristes qui envahissent les rues principales de Malà Strana, la place de Hradcany et l'entrée principale.  
  
J'aime revenir dans ces parcs et jardins à chacun de mes séjours, les découvrir différents avec les saisons, en dénicher d'autres qui ne figurent pas dans les guides. Beaucoup seront fermés pour l'hiver jusqu'au printemps et il était temps en ces derniers jours d'octobre d'y retourner.  
Le jardin Vrtbov,en septembre 2016. Un autre jardin baroque d'un ancien palais du 18ème siècle. Il s'étage sur le versant opposé de Malà Strana, en bas de la colline de Petrin.
On accède à l'entrée du jardin très discrètement, par un porche et au fond d'une ruelle donnant sur la rue Karmelitskà