dimanche 22 avril 2018

"Il faut de tout pour faire un monde"

Dans les Fêtes des Plantes certains stands attirent le regard et la curiosité. Je ne parle pas de ceux qui, dans le but de "taper dans l'oeil", comptent sur le côté "flashy" de certaines floraisons, sur des contrastes de couleurs torrides ou des éléments "déco" importés ou artisanaux (de plus en plus présents dans ces manifestations).

Non j'évoque les producteurs passionnés et enthousiastes "chouchoutant" leurs bébés, leurs plantes visiblement "bien élevées", parfois "à la dure", testées voire longuement expérimentées avant de les commercialiser. Dans certains cas leurs plants encore modestes peuvent ne pas être...vendeurs.

Vu à St-Jean de Beauregard ce printemps chez Aquatique E.Lenoir (89)... Un pépiniériste à la démarche intimement écologique. En plus il a un humour fou (cf site internet.lapepiniereaquatique.com)
Il est juste de distinguer ces formidables professionnels. On les repère sur deux types de stands :  ceux qui apportent un soin particulier à la présentation, claire, informative et détaillée (plantes d'ombre/plantes de lumière, sol sec/terrain humide, acide/calcaire...), harmonieuse par l'agencement du stand et les associations des plantes présentées, en rapprochant celles qui sont si jolies ensemble.

A l'inverse des producteurs modestes et discrets pour la plupart apportent leurs productions, quasi "en vrac" dans des cageots juste posés au sol ou simplement alignées sur table. Pas de souci d'effet.  Des "pro" exceptionnels qui par exemples il y a une vingtaine d'années faisaient découvrir des trésors : Jean Poligné en Bretagne les plantes de rocaille, Colette Ste-Beuve les géraniums vivaces... Des jeunes professionnels prennent la relève telle la pépinière Vert 'Tige. Rencontré en août dernier à la Fête des Plantes de la chapelle Saint Antoine (22) Vert'Tige fait merveille pour découvrir et cultiver des vivaces d'ombre méconnues qui s'accordent ici merveilleusement dans la bordure mixte en pied de talus. Vert 'Tige était présent à St-Jean de Beauregard ce printemps et d'éminentes jardinières bloggeuses  (n'est-ce pas Maryse? Au gré du Jardin) n'ont pas manqué d'y faire halte...

jeudi 19 avril 2018

Au palmarès (2)

A l'origine, Marie-Mad m'avait facilement convaincu, le surnom de "Fleur des Elfes" étant à lui seul un enchantement. Parmi les trois premiers épimédiums persistants que j'ai cultivés dans mon ancien jardin, deux restent parmi mes préférés, et pas seulement parce qu'ils sont des plus faciles. Les trois sont des hybrides de E.pinnatum colchicum (l'autre parent diffère), originaire du N.E de la Turquie et de l'Ouest du Caucase, à faible altitude dans les bois de pins, de chênes et d'azalées. 


L'epimedium x versicolor Sulphureum
 Il n'y a pas une saison où il ne se fasse pas remarquer, de ses jeunes feuilles nervurées en bicolore au printemps, ses fleurs bien dégagées du feuillage, d'un jaune primevère totalement "raccord" avec tant d'autres fleurs en avril, les tons chauds rouges bruns que prend son feuillage tôt dans l'été et qu'il conserve tout l'hiver sans être abîmé par le gel ( solide jusqu'à -20°). 
 
Des éclats replantés ici à mi ombre sous les vieux chênes forment aujourd'hui des touffes généreuses et s'étalent jusqu'au pied d'un jeune acer vitifolium.  C'est un des plus anciens hybrides, connu et cultivé depuis la moitié du 19è siècle. On peut affirmer qu'il a fait ses preuves...
 


L'épimédium x warleyense
Ses qualités de robustesse et d'une plante belle toute l'année sont identiques. 

Il diffère du précédent par les nuances vert pâle, jaune et orangé de son feuillage l'hiver et par sa floraison rouge cuivré et jaune, en totale harmonie.  Il forme ici en couvre-sol une des bases du "massif orangé".

Le troisième de mes "premiers" épimédiums fut l'E. x perralchicum Frohnleiten à la qualité bien particulière : très vigoureux et plus haut, c'est un "rapide" contrairement à la plupart, on pourrait dire qu'il galope (en terrain frais) et empiète sans état d'âme sur ses voisins si l'on n'y prend garde. Son feuillage assez grand et épineux reste vert "neutre", sans attrait particulier. Surtout la floraison grande et abondante d'un jaune citron éclatant n'est pas si facile à accorder. Peut-être éclairer pour un moment un coin sombre ? Il est resté dans mon ancien jardin...


Bien plus récemment Marie-Mad m' a fait découvrir un nouvel hybride formidable :
L'épimédium Amber Queen : je l'appelle "l'épimédium fou". En seulement une à deux saisons il s'étale à partir d'un simple godet jusqu'à former une nappe d'un mètre sur un demi. 

 Les premières hampes de fleurs émergeaient le 11 avril...alors que le printemps 2018 a près d'un mois de retard
 Il fleurit tôt, très abondamment et continuera de fleurir sans discontinuer tout l'été jusqu'à l'automne. 
 
 
Alors que les jeunes feuilles émergent curieusement tachées de brun noir, le feuillage reste ensuite impeccable en toutes saisons, d'un vert clair brillant qui éclaire vraiment la scène. 


Je n'ai eu qu'un relatif échec: l'epimedium flavum. Celui-ci vivote, peine malgré les années à forcir,  le feuillage restant minuscule, n'ayant vu qu'une seule fois une fleur... Alors je viens d'introduire à sa place au pied d'un stewartia pseudocamellia, l'épimédium Flower of Sulphur, un hybride récent de l'E.flavum (je persiste...) et de l'E. ogisui, à l'abondante floraison jaune crème. Son obtenteur Robin White, d'une pépinière britannique, est déjà auteur de l'épimédium Amber Queen.  Une valeur sûre ! J'ai bon espoir.

Pour finir un "détail technique" : il est souvent conseillé de raser et supprimer tout l'ancien feuillage avant l'apparition des fleurs. En ayant fait la triste expérience (ces pauvrettes ainsi que les premières tiges du nouveau feuillage apparaissant bien seuls sur le sol dénudé), j'opte pour une solution médiane, plus nuancée, en ôtant seulement les tiges et feuilles desséchées, noircies, fatiguées et conservant celles encore colorées et en pleine forme jusqu'au renouvellement complet du feuillage.

samedi 14 avril 2018

Au palmarès dans le genre, l'epimedium epsteinii

 Encore mille fois merci à Marie-Mad Jegard (ex-Le Jardin d'Eau) qui me fit connaître il y a près de vingt ans les epimediums, élargissant au fil des années les espèces et variétés testées et cultivées. L'epimedium espteinii fut le dernier élu, avant la transmission de sa pépinière.
J'aime tout en lui ! Son feuillage gaufré vert profond, imperturbable au froid, et sa floraison de grande classe : des fleurs assez grandes pour le genre et non "tarabiscotées" (ceci n'est qu'un avis personnel, en comparaison avec d'autres asiatiques), le contraste des sépales blancs et des pétales pourpre violine. Il préfère, il me semble, la mi-ombre et la lumière à l'ombre dense. Un sol humifère, neutre ou acide lui convient.
Sa découverte dans des montagnes du centre de la Chine remonte seulement à 1994.  Il fut nommé en hommage à Harold Epstein, un amoureux des epimediums qui précurseur les cultiva pendant cinquante ans dans son jardin de l'Etat de New York. 

Les pieds introduits ici en godets ont mis 3 ans pour former de belles touffes et enfin cette année lancer leurs tiges florales au-delà. Signe avant-coureur du développement des rhizomes et d'une bonne progression à venir. Certains pieds fleurissent pour la première fois. 
 
 Le feuillage de l'année dernière, resté impeccable, réveille par sa brillance celui terne et mat d'un rhododendron

L'epimedium epsteinii avait été placé au pied du tronc noueux d'un vieux rhododendron, éclairé à la lumière du matin. Ce succès encourageant m'incite à agrandir la nappe de part et d'autre. Ses tons s'accordent si joliment, dans le même massif, avec la fin de la floraison des hellébores pourpres et blanches et celle plus rosée du magnolia lilliflora nigra.
 Le vert tendre des jeunes feuilles accompagne la délicatesse des fleurs
 Cette espèce d'epimedium reste peu commercialisée (et donc coûteuse chez certains...) alors que le genre est devenu ces dernières années très à la mode. La gamme proposée est vaste, des espèces asiatiques ou occidentales, des hybrides et de récentes créations horticoles, des epimediums persistants pour couvre-sol et des epimediums caducs... (autre sujet).

Ce qui n'est pas toujours dit quant aux epimediums persistants : la très grande majorité prennent leur temps pour s'installer. Ils peuvent paraître miséreux pendant deux ou trois ans avant de "démarrer" (et de fleurir). Bien que plusieurs d'entre eux soient qualifiés d'amateurs de "l'ombre sèche", un arrosage de temps en temps pendant la période d'installation leur sera bénéfique. Et nombre d'entre eux sont plus beaux en pleine lumière. Donc, sauf exceptions (article à suivre : le palmarès 2), l'epimedium persistant "en couvre-sol" est réservé aux jardiniers patients.  Après cela le couvre-sol enfin formé sera sans souci. L'epimedium ne dépérit pas et reste fidèle pendant de très nombreuses années. Comme il ne cesse de prospérer, l'epimedium est généreux : il se divise facilement et reprend sans difficulté.

A suivre : dans deux prochains articles, ceux qui depuis toujours restent parmi mes préférés (...?...) puis d'autres espèces, l'epimedium lepthorrizum, l'e. pauciflorum,l'e.pubigerum, l'e. rubrum et hybrides.


mercredi 11 avril 2018

Vert, crème et rouge : la palette du photinia davidiana


 Jusqu'à cette dernière semaine, le printemps étant en retard d'un bon mois, les touches de couleurs restaient ponctuelles : le rouge des premières fleurs de camellias et des cognassiers du Japon, les jaunes pâles et les blancs des bulbes et des vivaces de début de printemps, le pourpre naissant des fleurs de magnolia liliiflora. Hormis la palette des hellébores, la gamme des gris, des bruns et des verts était encore largement dominante. C'est à ce moment que j'apprécie particulièrement le feuillage panaché lumineux du photinia  davidiana "Palette". 

Ce photinia (ou stranvaesa) est le seul arbuste panaché admis ici, apporté de l'ancien jardin.  Comme le nandina domestica, autre persistant dans les trois mêmes teintes (fleurs blanc crème et fruits rouges simultanés...),  le photinia davidiana Palette (ou Painter's Palette) est intéressant toute l'année. Son caractère panaché reste fondu et ne claque pas dans un massif. Au contraire il est bon compagnon, un faire-valoir ici des 3 pieris japonica Forest Flame. 

 Le photinia davidiana Palette est une forme du p.davidiana (encore une découverte du père David!), originaire de Chine (Sichuan) et présent jusqu'au Vietnam. Il est persistant en situation abritée (z6-7 pour Jelena de Belder). Il a passé sans aucun dommage cet hiver aux gelées plus fortes qu'habituellement. 
 Formant déjà ses premiers boutons, il fleurira en jolies grappes de fleurs blanc crème
L'arbuste est relativement rare en pépinière ayant la réputation "d'une pousse très lente". Son producteur m'avait mis en garde. Certes s'il est mis en compétition avec l'incontournable photinia x fraseri Red Robin, il n'a pas la même vitesse de croissance. Ce dernier fait le bonheur des producteurs industriels de plantes (et des amateurs de haies vite étoffées, vite taillées). C'est aussi oublier que le "Red Robin"  est en réalité un arbre, beaucoup plus intéressant lorsqu'il est élevé dans son port naturel. Il y en a de magnifiques plantés en arbres d'alignement dans plusieurs rues de San Francisco. 

J'en avais planté un pour habiller une ancienne cabane de jardinier au fond du jardin à Nantes. L'arbre qu'il a formé rapidement avait de jeunes feuilles bronze (et non rouge claquant) et une floraison abondante crème qu'adoraient les insectes. Un persistant ! (cf les articles récents des bloggeuses en partage avec Tempsdejardin).

Quant au photinia davidiana "Palette", il a maintenant un peu plus de 8 ans et occupe un volume de 2mx2m sur 1,60m de haut. Après un temps d'arrêt lors de sa transplantation, il est reparti de plus belle si j'ose dire. Sa pousse est nettement plus vigoureuse. Il atteindra 3m je suppose. Ne serait-ce pas, comme pour beaucoup d'arbustes, qu'il lui faut au moins trois ans pour s'installer avant de démarrer? Ou alors le terrain plus drainé et acide lui convient mieux.

dimanche 8 avril 2018

Les ennemies de mes amies sont....(mes ennemies). Suite...sans fin.

Le glechome (ou lierre) terrestre : Que cette vivace soit commercialisée, certes plutôt dans sa version panachée, me laisse perplexe. Indestructible, les très fines racines cassant au moindre contact, cette plante présentée comme excellent couvre-sol, spontanée ici, est une nuisance. Galopante elle couvre rapidement de vastes surfaces ou s'insinue à l'ombre du pied de jeunes arbustes et y prend de l'épaisseur au risque d'étouffer le collet. Il vaut mieux pourtant attendre un peu et trouver le bon moment pour la supprimer en la griffant : les tiges plus solides s'enlèvent alors facilement. 

La renoncule rampante : Bien sûr...Déjà crainte dans mon ancien jardin assez humide, la renoncule rampante s'étale, se répand par stolons et gagne très rapidement en surface. Elle reste heureusement localisée dans les parties fraîches du jardin.  Mieux vaut intervenir  (à l'inverse du glechome) dès l'apparition du "pied-mère" au début du printemps.

Il m'arrive par contre d'épargner une autre renoncule, non stolonifère celle-ci, dont j'ignore le nom. Jolie par ses feuilles laciniées, ses fleurs en hauteur sur des tiges graciles, elle s'infiltre par semis dans le massif orangé. Quelques pieds sont conservés là où le jaune doré de la fleur "va bien": entre des épimédiums à fleurs jaune cuivré - epimedium warleyense -, près de tiges d'arbustes à bois rouge ou brun...
 La jolie feuille laciniée d'une renoncule non stolonifère

La ronce bien évidemment non pas tant parce qu'elle est capable en peu de semaines de lancer de  longues tiges arquées et d'agrandir son territoire à partir du bois voisin mais parce qu'elle rampe insidieusement sous le tapis de feuilles mortes des chênes pour s'enraciner et réapparaître plusieurs mètres plus loin. Arracher ces jeunes plants au faisceau de racines blanchâtres est le principal souci d'entretien du sous-bois en lisière du jardin.

J'ai laissé de côté dans cette liste certaines indésirables (prolifiques!). Ne figurent pas le géranium robert, l'iris fétide, l'arum italicum, la porcelle et pourtant...
Deux arums italicum, réticulé et moucheté seront préservés alors que les verts unis qui prolifèrent....

jeudi 5 avril 2018

Sur les traces des chevreuils

Laisser la faune sauvage aller et venir librement dans l'espace du jardin, les chevreuils en particulier, a forcément un revers, bien connu des forestiers et des gestionnaires des parcs.  Mais a-t-on le choix, sauf à se clôturer, à l'inverse d'un "jardin dans le paysage" ? 

Les chevreuils magnifiques comme tous les cervidés sont des prédateurs redoutables pour les jardins. Bien moins que les sangliers, je le concède, (de ceux-là nous en sommes ici totalement épargnés). 
 Certains des dégâts provoqués par les chevreuils peuvent être irrémédiables lorsqu'ils écorcent les troncs des jeunes arbres l'hiver (d'un diamètre de 1cm à 6cm lit-on...allez savoir pourquoi) ou qu'ils  y frottent leurs bois. Les merisiers poussant spontanément dans le bois voisin en font visiblement les frais et des mesures ont été prises dans le jardin dès les premières plantations. Avec succès c'est pourquoi j'y reviens. (Pour le moment) j'arrive à circonscrire les problèmes avec quelques recettes "maison".

- Les piquets à tomates en châtaignier : 3 ou 4 piquets plantés autour des jeunes troncs empêchent les chevreuils d'y accéder. L'investissement est modeste et je voulais éviter le plastique (et ce bleu trop voyant, couleur réputée répulsive pour les chevreuils). 

Mais je n'avais pas prévu que ces belles bêtes apprécieraient autant d'arracher les jeunes pousses d'arbustes et croquer des boutons à fleurs se trouvant à hauteur de leur museau, surtout en fin d'hiver ou début de printemps. Les chevreuils donnent l'impression de "goûter" toutes ces nouvelles nourritures mises à leur portée. 

Comme on ne pense pas à tout (ou le temps manque...) chaque année il y a quelques mauvaises surprises et imprévus. Avant hier, une des branches maîtresses d'un fusain ailé (eunymus alata apterus) épargné pendant les 6 premières années a été écorcée. L'arbuste s'en remettra mais sa silhouette, si cette branche ne cicatrise pas, en sera affectée.

Avec l'expérience j'augmente le nombre d'espèces protégées dans l'attente que les arbustes aient suffisamment grandi et pris de l'ampleur (alors quelques boutons croqués ne seront pas un problème).  

- Des tuteurs à fleurs Camerius en fil d'acier galvanisé (Botanique éditions) : "Bons à tout" , très résistants dans la durée, utilisés autrement à la belle saison (pour tuteurer ! ...repérer...). Plusieurs sont plantés autour et au coeur des branches des jeunes arbustes (rhododendron luteum, stachyurus praecox, azalees daviesii, az. canescens, az.viscosum, fothergilla major... ) au bon moment,  à la formation des jeunes pousses et au grossissement des boutons à fleurs.
Un tuteur Camerius protégeant l'unique bouton à fleur du jeune rhododendron fragrantisimum
Les chevreuils sont-ils gênés ou craintifs? En tout cas, "çà marche". Non visibles de loin, les tuteurs certes transforment quelque peu (mais provisoirement) les jeunes arbustes en hérissons. C'est pour la bonne cause.  
- J'ai entrepris cette année un autre essai en entrelaçant quelques branches de fragon dans la ramure de jeunes arbustes très bas. Les chevreuils broutent les ronces pendant l'hiver mais le fragon j'en doute. 

lundi 2 avril 2018

Très bonnes nouvelles des Erythroniums Pagode

 Encore une Promesse tenue. Les 5 bulbes d'Erythronium Pagode plantés en novembre dernier çà et là en pied du talus, entourés par précaution de perce-neige sont bien sortis.  Cette protection en l'occurrence était-elle nécessaire ? 
Car il y a une bonne surprise, totalement inattendue. Accusés à tort (pour une fois) les campagnols...puisque le premier bulbe dormant planté "en test" il y a deux ans et que je n'avais pas vu ressortir  a réapparu ! Et il va fleurir ! Est-ce la proximité de ses congénères qui l'a motivé? (pas d'anthropomorphisme s'il te plait). Les perce-neige plus précoces seront de toute manière utiles pour repérer l'emplacement des Erythroniums et surveiller leur sortie.

  Encore timides les premières pagodes ont le courage de braver les conditions météo. Observées de très près (vite vite entre deux trombes d'eau...),  les fleurs décidément "craquantes" ont ce jaune primevère si délicat à l'extérieur, plus doré et brun au coeur. Des lys en miniature (de la famille des Liliacées...), sur une tige suffisamment haute pour les rendre visibles même d'assez loin. 

A cette saison, parmi les verts du jardin d'ombre, la floraison des Erythroniums est en vedette, avec celles plus discrètes du corydalis cheilanthifolia (un peu plus dorée) et du géranium phaeum
 
 Le géranium phaeum Samobor de semis, au feuillage quasi persistant  plus ou moins marqué de noir

Ces Erythroniums m'ont réservé une autre surprise.  Ils développent leurs larges feuilles elles aussi variables, plus ou moins marbrées  ou bien d'un vert vif uni. 

 Je cherche toujours à expliquer le réveil soudain du premier bulbe d'Erythronium. Est-ce le paillage des feuilles de chênes, l'arrosage régulier à proximité depuis la transplantation en début d'automne d'un cimicifuga simplex Brunette (que je désespère de voir fleurir un jour)? Ou l'abondance et la fréquence des pluies cette année depuis plusieurs mois ? L'essentiel pourtant est qu'il "soit toujours là". 

vendredi 30 mars 2018

Enfin ! l'exquise floraison du stachyurus praecox

J'évoquais rapidement cet arbuste à l'automne dernier (article du 25 septembre 2017). La floraison du stachyurus praecox planté l'hiver 2014 peut être qualifiée cette année pour la première fois de généreuse. Comme quoi au jardin ténacité et patience sont récompensées.  L'abondance de la floraison fait que l'on remarque l'arbuste même de loin.
Les fleurs de l'arbuste encore à la portée des chevreuils ont été protégées
C'est souvent dans les livres que j'ai d'abord appris et repéré des végétaux, arbustes, vivaces... recommandés et mis en scène par de Grands jardiniers. La magie des photos fait aussi craquer n'est-ce pas? 

Le stachyurus praecox est de ceux-là.  De la famille des hamamélis cet arbuste caduc est d'origine japonaise (comme l'hamamélis japonica, un des parents des beaux hybrides Jelena, Diane...). Le port arqué et les tiges acajou restent élégants toute l'année, ses couleurs d'automne subtiles, précoces et de longue durée, pourtant rarement notées dans les descriptifs.  
 
 Le stachyurus praecox est donné par les pépiniéristes comme mesurant 2mx2m à taille adulte mais avec l'âge il peut doubler voire tripler ces dimensions. L'essentiel est d'ôter les plus vieilles tiges à sa base pour en maintenir le port élégant.
 Il aime la fraîcheur au sol, le soleil ou la mi-ombre et pousse plutôt en sol acide ce qui m'a incité à l'adopter ici.  
 
Le stachyurus praecox fleurit sur du bois de deux ans et c'est en partie pourquoi la patience est de mise. Sa floraison en grappes de perles jaune pâle a lieu en fin d'hiver si les températures sont douces ou au début du printemps. Ici elle a suivi à peine celle du jeune corylopsis pauciflora
 Le stachyurus praecox résiste tout de même bien au froid (-20°) mais la floraison peut pâtir de gels tardifs. Dans ce cas mieux vaut le planter en situation bien abritée (contre le mur nord de la maison dans mon ancien jardin il s'est développé sans souci pendant 15 ans et je l'ai laissé à regret).

Selon l'adage "quand on aime, on ne compte pas". Au jardin, si justement.  Le stachyurus praecox a été placé non loin d'un vieux noisetier dans le bas du terrain, en lisière de quelques chênes. Le parti paysager est de créer là une ambiance de sous-bois, après avoir supprimé 2 énormes cyprès de Leyland dorés plantés côte à côte il y a 40 ans sans doute : ayant atteint plus de 20m de hauteur  ils faisaient concurrence au pin de Monterey et occupaient jusqu'au sol toute cette partie du jardin. 

Le premier se développant bien, 3 autres petits stachyurus praecox l'ont rejoint dans cette scène sous l'ombre légère, entre des merisiers spontanés, un stewartia pseudocamellia,  quelques stephanandra tanakae...  
Les stachyurus et stephanandra plantés en plusieurs exemplaires répartis dans cet espace donneront une allure naturelle à la scène.  Plutôt que de succomber à la "collectionnite aigüe" qui guette sournoisement les jardiniers (j'ai peiné moi-même à y résister sans -trop de succès- dans mon ancien jardin de ville), cette façon de faire pousse au compromis : un jardin dans la nature ou la nature au jardin.
  Primevère et petit narcisse sauvages importés pour se naturaliser dans le sous-bois avec des nivéoles d'été et des sceaux de Salomon. Le conopode dénudé et la stellaire holostée spontanés ici ont été préservés.

mercredi 28 mars 2018

La luzule sylvatica ..."parce qu'elle la vaut bien"

Le succès dans les jardins de la belle graminée japonaise Hakonechloa macra et ses variétés, "aureola", nicolas.. est justifié. Mais faut-il bouder pour autant la luzula sylvatica, graminée européenne présente dans la nature des îles britanniques à l'Espagne, au-delà en Turquie et dans le Caucase ?
 Les deux poussent dans les mêmes conditions en terrain frais, à l'ombre ou la mi-ombre (sol neutre ou légèrement acide) et n'apprécient pas la trop grande sécheresse estivale. Ayant expérimenté chacune (une hakonechloa aureola marquait dans mon ancien jardin le petit pont au-dessus du ruisseau) la luzule sylvatica a des qualités particulières. Dominique Voisin (ex-Pépinière de la Roche Saint-Louis) m'en avait fait cadeau pour ici, mon "jardin naturel", et sur ses conseils j'avais aussitôt divisé les 2 plants serrés dans leurs godets. 

 La luzule s'est installée au jardin sans souci sur le talus ombragé, entre des pierres éboulées, près d'une souche... En les comparant, alors que la hakonechloa macra s'étale d'un seul côté et prend son temps, la luzule sylvatica se développe dans toutes les directions et assez rapidement. 
Le feuillage vert brillant de la luzule illumine une ombre dense et  persiste tout l'hiver avant de se renouveler. La luzule sylvatica fleurit tôt en petits épis bruns gracieux - caractéristiques des luzules - bien visibles : ils s'élèvent au-dessus de la touffe et jouent dans la lumière.
Les touffes ont pris une ampleur généreuse en quatre ans et dès ce printemps après la floraison il sera possible à nouveau de la diviser. Je vais continuer à en planter ponctuellement sur le talus en remplacement du lierre... 


Je l'ai vu aussi l'année dernière largement utilisée au Grand Launay, jardin  labellisé Jardin Remarquable (cf. article du 9 juillet 2017) dans le jardin d'ombre, vers la source, au pied des haies, mêlée à des fougères...  Une référence.

dimanche 25 mars 2018

Les ennemies de mes amies sont....(mes ennemies).

 "Il n'y a pas de mauvaises plantes, il n'y a que de mauvais usages". La remarque est très juste, à l'expérience on adhère. Oui mais. Quand certaines spontanées s'installent et prennent le dessus j'en viens à les honnir et les supprimer (si je peux...).

Le lierre :
Non lorsqu'il part à l'assaut des arbres (encore que je ne le laisse pas faire partout, ni sur les pommiers, les chênes ou les pins proches de la maison, ...tout dépend). Ce n'est pas tout blanc ou tout noir. Mais lorsque laissé à lui-même pendant des années le lierre a tissé un tapis serré rampant sur le sol, asséchant la terre au pied des grands arbustes (rhododendrons, magnolia, noisetier...), empêchant tout semis d'autres plantes plus intéressantes d'émerger ou de prospérer (pulmonaires, anémones des bois...).
Il ne faut pas se décourager pour démêler et supprimer le tissu épais. La patience est de mise, on est ensuite récompensé. Je craignais que ce tapis de lierre se reforme rapidement sous le magnolia par lequel j'ai commencé (ah! les semis de lierre). Il n'en est rien, le magnolia liliiflora et les rhododendrons dégagés sont accompagnés dorénavant d'épimédium epstenii, de saxifrage stolonifera, d'hellébores, de géraniums phaeum Walküre qui se ressèment...Le bonheur. 
 
(Clins d'oeil) Une météo chahutée, des épisodes pluvieux  très localisés, un ciel bleu à contrepied des prévisions. La floraison du magnolia taillé "en transparence" sublime comme chaque année







La petite violette : D'abord on la trouve mignonette cette minuscule violette très présente au jardin. Lorsqu'elle se glisse au pied de jeunes vivaces, d'arbustes nouvellement plantés on laisse faire..Jusqu'au jour où on prend conscience que cette petite apparemment si fragile est en réalité d'une résistance et d'une vigueur surprenantes : le volume de son système racinaire chevelu et très dense occupe le terrain bien au-delà de la partie aérienne visible. Je suis désormais sans état d'âme dans les massifs puisqu'elle prospère partout : les chenilles de papillons qui s'en nourrissent y trouveront quand même leur compte. Un paillage épais de feuilles de chênes freine aussi les semis.
Le lierre, toujours lui, surveillé régulièrement sur le haut du talus afin d'éviter qu'il empiète et nuise au polypodium vulgare Whitley Giant (la fougère a été assez lente à s'installer)
 

dimanche 18 mars 2018

Le saxifrage stolonifera en couvre-sol

Deux ou trois rosettes étaient apparues au pied de l'hydrangea Shirahuzi un an après la transplantation de ce petit hydrangea serrata blanc (de son  nom japonais "Shiro Fuji")  depuis mon ancien jardin. L'hydrangea avait été replanté à l'ombre portée du magnolia liliiflora nigra, à la lisière de sa ramure (le système racinaire tout en surface du magnolia ne souffre pas vraiment la concurrence).
Le saxifrage a commencé par se développer au pied de l'hydrangea (bénéficiant peut-être de son arrosage régulier l'été par temps très sec).
Jusque-là en terrain plutôt argileux, le saxifrage stolonifera avait vécu "des hauts et des bas", disparaissant puis réapparaissant à l'emplacement de son godet d'origine sans prospérer (stolonifera vraiment?). Alors ici sans trop y croire, je l'ai laissé faire. Bien m'en a pris. Il a commencé par "tourner autour" du pied de l'hydrangea puis à s'étirer, s'étaler vers les zones les plus à l'ombre, vers le magnolia et les hellébores orientales pourpres.
Les jeunes feuilles de l'année sortent avant que les plus anciennes ne dépérissent
Le sol très drainé est sans doute le facteur de réussite. Originaire de l'Est de l'Asie, le saxifrage stolonifera supporte le froid (zone 5 pour Cédric Basset, auteur de "Cultiver les plantes de Chine et du Japon". éd. Ulmer) alors que d'autres le recommandent seulement en climat doux (et comme plante d'intérieur). Il résiste également à la sécheresse jaunissant quand même en période de canicule. Je l'apprécie aussi pour sa floraison ravissante et très abondante en début d'été :  une nuée de fines hampes florales portant de minuscules fleurs blanc rosé, un brouillard vaporeux planant au-dessus du sol. 
Les feuilles velues sur les deux faces ne découragent pas les limaces et escargots. A bon entendeur...
Ce saxifrage stolonifera forme dorénavant un couvre-sol de plusieurs m2 décourageant toute adventice sans nuire aux hellébores ni au geranium phaeum Walküre qui se sont ressemés. Je supprime simplement en les pinçant avec les ongles les feuilles du saxifrage au pied des vivaces pour que celles-ci puissent croître ensuite librement.
 Il est facile de multiplier le saxifrage stolonifera en détachant de jeunes rosettes et je le teste plus loin. A mon expérience elles prennent le temps de se fortifier avant de "stoloniférer".
De fines veines argentées côté face et un revers pourpre