jeudi 18 janvier 2018

Un jardin dans un paysage, le paysage dans le jardin

Faire venir le paysage jusqu'à la maison... Retrouver le parti d'origine des années 70 : une maison  "dedans-dehors" posée à mi-pente dans un cadre naturel. Une situation privilégiée et un site à préserver avec soin et modestie. Un "jardin sans limites". Mais comment ? Pas si facile en réalité. Tout réapprendre. A l'inverse de créer un univers clos sur lui-même, de tordre le site en le "jardinant", d'introduire des arbres, arbustes ou vivaces qui pourraient dévoyer le caractère du lieu. S'y glisser au contraire en soulignant par touches les facettes de son identité : une ancienne lande pauvre descendant vers la rivière, en lisière de bois de pins et de chênes ; vers le sud en limite  un vieux talus empierré et arboré avec au-delà un très grand champ cultivé.

Le terrain avait fait l'objet il y a quarante ans de plantations horticoles denses et variées d'espèces alors à la mode dans les jardins. (....Aujourd'hui dans le même contexte seraient plantés palmiers, oliviers, cordylines, phormiums ..). Nombre d'entre elles n'ont pas survécu, tant mieux. Plusieurs autres, incongrues, plantées trop serrées ou ayant mal vieilli ont pu être supprimées. Mais il reste pourtant de cette période de magnifiques sujets, arbres et arbustes qui mettent le site en exergue : le pin de Monterey entre les pins maritimes et les chênes, un cèdre (encore jeune) de l'Himalaya, un eucalyptus en lisière d'un boqueteau de pins, le magnolia liliiflora. Et sous les grands arbres, camellias, rhododendrons...J'ai pris la relève dans cet esprit.
 Un grand camellia et un rhododendron nain (non encore identifiés) conservés et soignés
Après bien des erreurs (dont celle de vouloir trop en faire...), j'applique quelques principes simples auxquels il me faut me tenir.

*Contrairement à ce qui est généralement prescrit ("jardiner autour de la maison et au loin préférer le naturel"), je tiens à l'écart les séquences et les différentes ambiances du jardin (une dizaine aujourd'hui quand même), sauf sur le pignon d'entrée en signe d'accueil. Les scènes du jardin s'appuient sur des arbres et arbustes préexistants, en sous-bois, le long du talus, au-delà des vieux pommiers... On les découvre de près, au détour de la promenade.
Un jeune schizophrama hydrangeoides planté à l'ombre entre 2 pins maritimes

*Ne pas vouloir "tout" investir, laisser tel que derrière la maison les bois de chênes et de pins qui se prolongent au-delà des limites.  J'avais fait l'erreur de planter un hydrangea aspera villosa  en lisière du bois. Trop présent dans cette ambiance il va être déplacé.

* Respecter strictement dans le choix des végétaux la nature du sol, plus variée qu'on pourrait le croire au prime abord, pour éviter les déconvenues, les échecs et les incohérences.... Au bas du terrain, la terre est plus riche, plus humide, dans le haut le sol est très sec et pauvre. Une chance.

*Sélectionner des arbres et arbustes intéressants pour leur feuillage, leur port et leur silhouette, leur écorce, plus que par leurs floraisons. Avec des exceptions : rhododendrons et camellias,  hydrangeas... Apporter des touches de couleurs oui mais non "flashy", qu'elles puissent juste éveiller l'harmonie douce des teintes changeantes du ciel, de l'eau, des troncs et des feuilles selon la lumière et les saisons.  
 
 L'hamamelis Jelena avec à son pied les longues feuilles fanées des iris lazica jouant le ton sur ton (celles aussi du hêtre marcescent en arrière-plan)

*Inciter des plantes indigènes et spontanées à prospérer sur le site (je les transplante là où elles contribueront à structurer le jardin) : merisiers sous les chênes et les pins ; noisetiers, houx, aubépines qui remplacent les pyracantha, forsythia, genêts d'Espagne dans la haie du bord de route; pulmonaires (pulmonaria longifolia), bugle rampant (ajuga reptans) en tapis entre les hydrangeas ou les rhododendrons nains... 
Un des très nombreux semis de pulmonaria longifolia 
Les premières fleurs des hellébores orientales blanches introduites
*Planter "en masse" une même espèce pour créer des plages à l'échelle des vues très ouvertes sur le paysage : ainsi de la bruyère d'hiver blanche (erica darleyensis x white glow et x white perfection), du saxifrage stolonifera en couvre-sol persistant sous le magnolia liliiflora nigra. 
 
 

Dans 4 séquences du jardin des espèces et hybrides différents d'epimediums dont je suis une fan quasi inconditionnelle.  

 Les teintes chaudes du feuillage d'hiver de l'epimédium x versicolor Sulphureum, un classique peut-être...mais une valeur sûre : 2 pieds divisés de mon ancien jardin ont formé en peu d'années un couvre-sol à toute épreuve sur plusieurs m2.   

vendredi 12 janvier 2018

Un rescapé méritant, le camellia japonica blanc

 
  Un rescapé, ce n'est rien de le dire. Je l'ai découvert à mon arrivée ici en 2012 couché au sol, quasi à l'horizontale, s'évertuant à survivre malgré tout sous un épais tas de branches d'eléagnus (trois pieds alignés laissés à eux-mêmes pendant une dizaine d'années...), les longues tiges des eléagnus parties dans tous les sens à l'assaut de camellias, rhododendrons et d'un arbousier de 6m de haut, allant jusqu'à dépasser sa cime...Je vous épargnerai le récit de l'énergie et du temps nécessaires pour rabattre ces tiges innombrables dotées de crochets recourbés qui s'accrochent sournoisement sur tout support à leur portée.

Sans plus attendre et tant que faire se peut j'ai ensuite relevé et tuteuré avec précaution le tronc principal du camellia...qui depuis me le rend bien. 
 Au commencement il a continué de pousser à l'horizontale comme s'il avait pris le pli. Je n'ai pas cédé et vérifié le tuteurage régulièrement. La lumière retrouvée il a peu à peu au fil des années, d'abord timidement, maintenant avec vigueur, redressé ses branches latérales. Il s'élève progressivement et atteint cette année 2m de haut.

Sa floraison blanche en fleurs simples aux étamines dorées fut parcimonieuse les premières années. Elle est cet hiver éblouissante. C'est un camellia précoce : l'automne ayant été doux, les premières fleurs sont apparues avant Noël. Et il fleurira sans discontinuer jusqu'en avril. Quel est-il ? Une variété classique, peut-être le camellia japonica Madame Lourmand créé à Nantes en 1908? J'en aime bien l'idée.  
 Pendant longtemps j'ai guetté sur le tronc (sans résultat) le bourgeonnement de nouvelles pousses qui puissent rééquilibrer sa silhouette (assez "tordue" je le reconnais).  L'automne dernier pour la première fois après cinq ans de soins j'ai pu observer 2 yeux, bien placés en bas du tronc, promesse d'un développement futur.

lundi 8 janvier 2018

Que la fête (des fleurs d'hiver) commence ! Avec le cornus officinal

Finis les jours sombres de novembre-décembre, la lumière plombée la plupart du temps hormis quelques rayons de soleil rasants éclairant subitement le jardin. Pourtant des frémissements annonçaient précocement le retour du printemps : grossissement des boutons à fleurs (rhododendrons, magnolias, cornouillers...), premières fleurs du précoce hamamellis Jelena, apparition des cyclamens coum ... 

Ce début janvier, malgré les épisodes répétés d'une météo (très)venteuse et pluvieuse les fleurs d'hiver sont bien là : et d'abord celle du cornouiller officinal (cornus officinalis), un de mes arbustes préférés, puis des hellébores orientales qui s'élèvent à vue d'oeil, des perce-neige.... J'y reviendrai. Ce cornus officinal (cf. article du 31 janvier 2008) a été transplanté encore jeune (en place depuis quatre ans et demi tout de même...) de mon ancien jardin de ville. Je le savais a priori résistant à la sécheresse et costaud : ceci s'est avéré et mieux que cela. 

Dans un contexte bien différent, sur la pente d'une ancienne lande, au bord du chemin, en avant-plan du grand pin de Monterey (pinus radiata ou insignis) qui domine le site, il s'est acclimaté dès la première année. Même si bien entendu il a mis trois ans pour trouver vraiment ses marques c'est à dire commencer à reprendre du volume et de la hauteur. 
En décembre à peine ses feuilles tombées après avoir pris de jolies couleurs mordorées pendant quelques semaines les boutons à fleurs étaient déjà bien visibles.  
Cette première floraison d'hiver qui commence tout juste me met en joie: à la fois lumineuse et discrète, fidèle d'année en année.

Comme le paysage est très ouvert et les vues larges, un tout  jeune hammamellis Pallida, jaune pâle, vient d'être planté loin en arrière-plan et en décalé. Il est en fleurs aussi, les deux dans quelques années entreront en résonance.
 Il n'y a plus qu'à attendre la floraison des primevères sous les grands chênes... Ne pas croire pour autant qu'il s'agisse d'une recherche monochrome. La palette intègre les roux (feuilles de chêne au sol, branches des stephanandra tanakaé et de l'acer palmatum de semis, mâtiné d'acer palmatum Senkaki certainement), les fonds verts brillants ou mats (houx, rhododendrons persistants), les argentés (feuilles ponctuées des pulmonaires, pulmonaria longifolia spontanées ici).

dimanche 10 décembre 2017

Parfum d'hiver...issimum ! Le lonicera fragrantissima

Il se laisse oublier quasiment toute l'année : un port un peu lâche et brouillon s'il n'est pas suivi régulièrement par une taille adaptée, un feuillage neutre caduc ou semi-persistant selon les températures hivernales, des fleurs discrètes, un arbuste qui ne fait pas la une. Modeste aussi par son origine, on sait peu de lui hormis qu'il est originaire de Chine, il n'est connu qu'en culture. Pourtant c'est un de mes préférés. Chaque hiver, je m'émerveille comme la première fois de son parfum citronné d'une subtilité sans égale. Cette année dès les derniers jours de novembre, les deux spécimens plantés ici dans des conditions bien différentes et de provenances diverses ont commencé à fleurir.  

Peu sensible à la nature du sol, le lonicera fragrantissima se plait également au soleil et à mi-ombre. Il supporte la sécheresse mais j'ai préféré le premier été suivant la plantation d'un jeune plant ramené du Vastérival pailler son pied.  Il fleurira par vagues et embaumera autour de lui une grande partie de l'hiver, réconfortant et tonique. 

Le lonicera fragrantissima occupe en 4-5 ans un beau volume de 2mx2m et continue à prendre de la vigueur d'année en année. Pour qu'il reste élégant et ne vieillisse pas, je prends soin de supprimer à la base les vieilles charpentières au profit des rameaux vigoureux apparus sur la souche. Et je taille de même au milieu et en tête de l'arbuste, en gardant les jeunes rejets de couleur claire qui se forment à mi-hauteur sur le bois de l'année précédente. Ceci permet de supprimer le bois mort ou faible et d'aérer le centre de l'arbuste avec en conséquence une végétation plus saine.  (En cas de doute sur le mode de taille d'un arbuste, je me réfère toujours à l'ouvrage de Pascal Prieur "La taille raisonnée des arbustes d'ornement" paru aux éditions Ulmer. Un vocabulaire scientifique un peu complexe pour une simple jardinière mais une méthode basée sur l'observation accessible à tous). 

vendredi 17 novembre 2017

Imperturbable l'achillée millefolium Salmon Beauty (ou Lachsschönheit)

On la dit fleur d'été, de juin-juillet à septembre, voire octobre. Sur la pente herbue en sol sec et pauvre, au soleil (une ancienne lande)  elle ne cesse de refleurir après un passage de la tondeuse en septembre..., jusqu'à quand, aux premières gelées je suppose. Une aubaine pour les insectes qui n'ont plus grand choix. 
 S'ouvrant d'un rose saumoné bien coloré l'achillée Salmon Beauty pâlit avec le temps en blanc crème sans pour autant se confondre avec l'achillée millefolium "sauvage" plus terne, blanchâtre (parfois par chance, rosée...). La modestie de cette vivace (ses tiges ne dépassant pas 60cm en hauteur) la classe parmi les faire-valoir plus que les plantes vedettes. Reconnue bonne compagne des rosiers qu'elle protège, elle est aussi jolie dans une prairie fauchée deux à trois fois par an. 
 Qu'on se s'y trompe pas : cette achillée est vigoureuse (comme l'indigène mais peut-être moins sournoise, celle-ci glissant ses longs rhizomes entre les plantes voisines pour émerger plus loin, là où on ne le souhaite pas), capable de s'étaler rapidement en un tapis serré qui ne laissera rien passer. Un couvre-sol à diviser pour qu'il reste florifère. Il est trop tard maintenant, mieux vaut attendre le printemps. Je compte la rapprocher du mini potager et des pommiers : plante hôte d'insectes auxiliaires, elle attire les butineurs (syrphes, chrysopes, coccinelles...), parasites du puceron, de la cochenille. La diviser est le seul moyen d'en conserver la variété, c'est à dire la couleur.

samedi 11 novembre 2017

Vient le temps des hellébores orientales

Déjà? Non. Précisément celui d'un hybride étonnant l'hellébore Martine Lemonnier (hellebore orientalis x hellebore niger), en fleurs depuis les premiers jours de novembre. Il le sera sans interruption jusqu'en avril.  C'est trop tôt pour les h.orientales, les boutons ne sont pas sortis. J'ai planté au jardin l'hybride Martine Lemonnier en hommage à cette grande professionnelle qui a fait découvrir les hellébores en France il y a une vingtaine d'années.  Elles sont de grande longévité : j'ai toujours au jardin (ainsi que de nombreux plants issus de leurs semis et croisements spontanés) la première h.orientalis blanche et l'h.purpurascens découverts auprès des pépiniéristes normands. 

 Par chance les h.orientales sont accommodantes en ce qui concerne la nature du sol. Aucun (ou aucune?) des hellébores apportés de mon ancien jardin ne souffre de l'acidité. Mais les h. foetidus, h.argutifolius, h.sternii etc... sont restés sagement là-bas en terre basique et aucun de ceux qui poussent naturellement en sol calcaire ne sera tenté. J'ai observé une seule modification : un plant d'hellébore double initialement d'un rouge profond s'est décoloré ici en deux ans ; devenu rose très pâle j'ai dû le transplanter dans une autre séquence du jardin. La princesse Sturdza recommandait de faire les transplantations pendant la floraison afin de bien accorder les coloris. Je suis son conseil. Lorsque les nouveaux plants issus de semis fleuriront pour la première fois, ils seront déplacés selon leur tonalités pour conforter différents massifs. Les hellébores méritent leur succès actuel. Ils sont à la mode, un peu trop? si l'on en juge les surenchères de créations toujours plus sophistiquées.  Ils ou elles demeurent quoi qu'il en soit une des meilleures fleurs d'hiver. 

mardi 31 octobre 2017

Ces lumineux saxifrages japonais

Journée "Portes ouvertes" et expo-vente l'autre week-end à la pépinière "Sous un arbre perché"  (à quelques encâblures de la côte nord Bretagne entre Morlaix et Guingamp). Une précieuse opportunité : chacun a pu observer en détails les variations des différents saxifrages fortunei cultivés ici. Tous sont si lumineux et vifs qu'un seul plant éclaire une zone d'ombre. En tapis ils créent une scène très colorée presque à contre-temps des ambiances automnales. Plusieurs hybrides ont toutes les qualités pour enchanter ceux et celles qui aiment le rose.  

Pour ma part j'ai choisi le saxifrage fortunei Blackberry & Apple Pie aux fleurs blanches, feuilles et tiges piquetées de rouge, un bon compromis dans une scène naturelle. Et j'ai associé au jardin un plant du saxifrage fortunei tout simple rose très pâle au feuillage de l'hydrangea serrata Water Sapphire qui a pris depuis un bon moment de sublimes teintes orangées (cet hydrangea a vraiment besoin de lumière pour bien se colorer à l'automne...mais d'ombre en plein été. Un sureau le protège et comme cet arbre perd tôt ses feuilles...). J'ai regretté ensuite d'avoir hésité devant le saxifrage fortunei var.incisolobata Setomidori aux fleurs abondantes vert tendre (primé par la SNHF en 2011 et prix des collections à Courson en 2014). Ce n'est que partie remise.  
On a tout lieu de se réjouir de la relève assurée par les nouvelles générations de pépiniéristes. En l'espèce (sans jeu de mots...) les passions et la ténacité de Fabrice et Olivier ont reçu la récompense du label Collection nationale pour les hydrangeas serrata, pour les hydrangeacées (des vivaces de la même famille que les hydrangeas) et pour les saxifrages qu'ils ont rassemblés, certains créés, présentés in situ en sous-bois à l'entrée de la pépinière.  Parmi les nombreux hydrangeas serrata, ils cultivent le Woodlander que je recherchais depuis si longtemps. J'ai aussi découvert grâce à eux cette année les cardiandra (une hydrangeacée). Mais ceci est une autre histoire...ou plutôt sera l'objet d'un futur article.

mercredi 18 octobre 2017

Le saxifrage Wada plus "à la mode"? Dommage...

Un méritant ce saxifrage japonais. Dans son milieu d'origine il prospère sous de grands arbres caducs, en sol neutre ou acide, frais et bien drainé, enrichi naturellement chaque année par le terreau de feuilles. Présent de longue date dans mon ancien jardin il a fait partie des transplantés, l'appréciant beaucoup à la fois pour les couleurs recto-verso de son feuillage (vert bronze/olive et rose/rouge bordeaux) et la délicatesse de ses fleurs en grappes d'étoiles blanches capables d'éclairer à elles seules un coin (et un jour...) sombres en automne.  Je l'ai maltraité ici plusieurs années, m'obstinant à l'installer dans un talus (où l'humidité régulière dont il a besoin n'était pas garantie). Il s'est affaibli et j'ai douté de son avenir.  Déplacé en fin d'été non loin d'un hydrangea serrata Mont Aso il s'est refait une santé en quelques semaines et je ne doute plus qu'il retrouve progressivement son envergure (0,50x0,50cm). On peut l'affirmer robuste et de longue durée!

Pourtant il ne figure plus que rarement aux catalogues de vivaces, (sous un de ses deux noms saxifrage fortunei "Wada" ou "Wada's Form") au profit du plus flashy "saxifrage cortusifolia Black Ruby"  (d'une autre espèce), fleurs rose intense sur un feuillage pourpre noir ou d'hybrides sophistiqués cultivés en pot dont sont très friands les japonais. J'attendrai donc (un certain temps...) pour le diviser.

samedi 7 octobre 2017

Comment dites-vous, Isodon?..... (ou Rabdosia japonica) ssp shikokianus

Cette vivace d'origine japonaise de la famille des Lamiacées (Labiacées) a été une découverte du printemps 2017 sur une fête des plantes. Stéphane Bellec en était enthousiaste : une plante "facile", tolérante au froid (z.6 en rusticité). J'ai suivi à la lettre ses conseils avertis et l'ai planté à la mi ombre, en sol frais, curieuse de sa floraison très tardive (pas avant octobre). Mais l'isodon ssp shikokianus n'a jamais donné de signe de fatigue. Je l'ai rapproché d'une autre japonaise appréciant la fraîcheur, un hydrangea (qu'il faut de toute façon surveiller et arroser en tant que besoin). Vigoureux l'isodon a occupé en une saison un beau volume de quasi 1m en tous sens, avec de longues tiges très évasées et un feuillage léger dentelé, discret l'été, ne volant pas la vedette au sublime hydrangea Odoriko Amacha voisin.  Et donc j'ai attendu, curieuse de sa floraison automnale. Le feuillage s'est éclairci en même temps qu'apparaissaient les fins boutons à fleurs: ils s'ouvrent maintenant en grappes de minuscules fleurs d'un bleu mauve et violet inimitable.
 

 
 Ce genre m'était jusqu'à présent totalement inconnu et je ne saurai dire les différences avec le  isodon longituba, ailleurs commercialisé. Se documenter n'est pas simple. Pour leur part Maxime et Aurélie Van De Sande de la pépinière Vert ' Tige (22) cultivent plusieurs isodons inscrits à leur catalogue en ligne. Dans son ouvrage de référence "Cultiver les plantes de Chine et du Japon" (éditions Ulmer. 2012) le botaniste Cédric Basset consacre aux isodons une pleine page et son formidable  site web www.asianflora.com les détaille en photos......A la pépinière des Avettes (71) qu'il a créé après ses grands voyages il en propose 8 différents. A suivre...



 

dimanche 1 octobre 2017

Un grand "pro", passionné...et responsable


Devant le stand de Stéphane Bellec ce week-end à Kerplouz (Auray-56), une présentation de succulentes rustiques ou "plantes grasses vivaces" attirait inévitablement le regard par la maîtrise et la grâce de sa composition. Très inspirante pour une vieille auge en pierre délaissée trouvée dans le jardin en arrivant (percée heureusement). Ce producteur enthousiaste vous fait toujours connaître de belles découvertes, insatiable qu'il est. Tout petit déjà il collectionnait les vivaces en un temps où en France l'engouement n'était pas encore. Il a voyagé au bout du monde, s'émerveille de l'extraordinaire diversité des plantes dans la nature et de leurs capacités d'adaptation aux conditions les plus extrêmes, récolte des graines, expérimente, teste l'acclimatation...avec la plus grande prudence. Car il ne s'agit pas d'introduire des plantes qui s'avéreraient ici invasives. Il a trop vu au Chili les conséquences néfastes de l'introduction de plantes par les Européens à l'époque de la colonisation. Et donc il supprime beaucoup, retient peu, mais les plantes qu'il vous recommande, des valeurs sûres, ne déçoivent jamais.
Dans le même temps Nathalie Bellec binôme de ce couple discret de pépiniéristes était ce week-end au château de la Bourbansais (35).  Ils seront au Domaine de Ker Hir à Trédarzec (22) le dimanche 8 octobre, au château de Pommorio (22) les 28-29 octobre, à Kervignac (56) le 5 novembre. Autant de chances pour vous si vous êtes en Bretagne de les rencontrer.

lundi 25 septembre 2017

Au soleil... ou à la mi ombre ?

 Ce dilemme, un rhododendron Cream Crest en a fait les frais cet été définitivement. Ce rhododendron nain aux délicates fleurs jaune primevère est présenté comme "résistant bien au soleil". Je n'avais pas été avertie lors de son achat qu'il faut le protéger des trop fortes chaleurs. Cet été avec les épisodes de canicule...le couvert d'un haut chêne n'a pas suffi. Il est sûr que le soleil n'est pas le même pour tout le monde, ici en Bretagne sud ou sur la côte ouest d'Irlande par exemple. A chacun donc d'apprécier selon sa localisation (et les influences constatées localement du changement climatique), l'orientation (soleil du matin ou du soir), le degré de protection des grands feuillus lorsque la course du soleil est au plus haut. Prudence, prudence, lorsqu'un descriptif annonce "le feuillage prend des couleurs au soleil...", "tolère le soleil"... A tout prendre je préfère dorénavant pécher par excès et planter plus à l'ombre et non l'inverse, plus risqué. Quitte à déplacer l'arbuste si j'observe qu'il ne semble pas s'épanouir. Ainsi d'un stachyurus praecox, d'abord planté très à l'ombre près d'un rhododendron, déplacé 2 ans plus tard à la mi-ombre d'un vieux noisetier. Il a en une saison triplé de volume et fleuri l'hiver dernier.  Qui plus est avec le soleil il se pare cet automne d'une coloration lumineuse dans les variations jaune, rose orangé, rouge.




Cela c'est une belle surprise...  

samedi 16 septembre 2017

Des années avec, d'autres pas

Quand un producteur de vivaces (alors qu'une belle inconnue vous séduit et vous tente) vous annonce "elle n'a pas une grande longévité, mais elle se ressème aisément..." et que vous vous lancez dans un nouveau et grand "jardin sauvage" ou "jardin naturel", vous avez tendance à penser qu'il s'agit d'une opportunité et la solution pour garnir rapidement un espace dénudé. Que nenni! Pendant 1,2, 3 (?)...ans, vous guettez sans résultat ces semis espérés. Et puis allez savoir pourquoi, une année est la bonne : 2017!  Quel plaisir alors de découvrir soit sur place près du pied mère, soit dans des lieux inattendus mais toujours "justes", ces semis en nombre qui créeront l'année suivante l'effet souhaité et mieux encore.  
 
  Il en est ainsi des corydales : le jaune ci-dessus (corydalis lutea), blanc crème (c.ophiocarpa), ou le c.cheilanthifolia (apporté de mon ancien jardin en 2012.cf article précédent). Celui-ci avait prospéré ici quelques années avant de disparaître complètement... En 2017 il est de retour en plusieurs endroits ombragés.
 
 












De même le geranium phaeum Samobor (prolifique dès la première année),le geranium sylvaticum Mayflower (discret,il faut attendre sa floraison pour le reconnaître) l'euphorbe dulcis Chaméléon.  En fait ces 2 geraniums et l'euphorbe sont plus durables qu'il n'y parait. Et aussi le geranium pyrenaicum Bill Wallis facile à supprimer si l'on considère qu"'il en fait trop", contrairement au geranium nodosum dont les racines charnues et résistantes s'enfoncent profondément si la terre est légère. Je préfère le supprimer pour éviter tout risque d'envahissement.

lundi 11 septembre 2017

L'hydrangea Benzaki Koajisai peut-être...



















Dans la cour d'entrée du jardin de la Rue au Lin (Gouarec. 22) cet hydrangea se remarquait au premier coup d'oeil tellement ses inflorescences sont particulières. On aurait dit un hydrangea hirta à fleurs roses. (L'h. hirta de mon jardin ramené du Vasterival est à fleurs blanches, verdissant en fin de floraison). Plus tard à la lecture d'un descriptif du catalogue de la pépinière Sous un arbre perché je me suis dit que peut-être... L'hydrangea Benzaki Koajisai a les mêmes caractéristiques : des fleurs fertiles rose sur un buisson bas de 80cm, souple, se plaisant à la mi ombre dans tous sols frais drainés. En plus c'est un hybride d'h. hirta (x h.luteovenosa), tous deux appartenant au groupe des hydrangeas dits "petalanthe" originaires du Japon. Ah...(soupir). Tout cela est compliqué à mémoriser. On conçoit aisément que l'éminente jardinière britannique à qui deux "pros" ont fait ce cadeau n'en ait pas retenu le nom.
 
A moins que ce soit simplement un hydrangea hirta, la pépinière Kervilou présentant pour sa part l'espèce comme rose ou bleue, rarement blanche. Ou un des hybrides h.hirta x h.scandens ? Allez savoir...Qu'importe. En blanc ou rose, ces hydrangeas sont bien jolis.

jeudi 7 septembre 2017

Le clathrus ruber ou coeur de sorcière

Certains s'en accommodent, moi pas ! Je l'ai trouvé très étrange ce champignon en forme de résille creuse d'un rouge vif  lorsque je l'ai vu pour la première fois, ici, mais ne m'en suis pas souciée. 
Cette année, intriguée et gênée par son odeur nauséabonde (de charogne...) qui attire visiblement les mouches bleues j'ai fait des recherches sur le net. Ce champignon semble fréquent sur le littoral atlantique comme dans le sud de la France et remonte vers le nord (il semble qu'il ait déjà été vu...près de Strasbourg). 
J'avais pensé naïvement qu'il était carnivore.  Hélas s'il attire les mouches, c'est pour mieux se propager car les mouches dispersent ses spores.  Le coeur de sorcière est considéré comme une espèce invasive. A bon entendeur.... 
 














Le champignon apparait d'abord sous la forme d'un oeuf très blanc et lourd, grossit vite avec des facettes en "balle de golf"  avant d'ouvrir sa résille rouge visible de loin.  Depuis juin je fais la chasse aux oeufs quasiment tous les jours et je surveille particulièrement trois endroits le long du talus. Sur l'un d'eux, j'ai ramassé plus d'une vingtaine d'oeufs en 2 mois.  Et j'ai compris qu'il me faudrait continuer jusqu'en septembre-octobre...

dimanche 3 septembre 2017

L'aponogeton distachyos dans un jardin d'eau

En attendant la pluie...juste pour la fraîcheur, se souvenir un instant de ce romantique jardin d'eau ayant pris lieu et place d'une mare ombragée dans la cour d'une ancienne ferme. A la surface une seule plante aquatique l'aponogeton distachyos, certes une exotique puisque originaire du Cap en Afrique du Sud, mais naturalisée sans dommage dans l'Ouest et le Midi de la France. Car elle n'est pas invasive contrairement à plusieurs espèces listées comme préoccupantes par l'Union Européenne en 2016 (pour éviter de nouvelles introductions ou la propagation). Des espèces toujours en vente pourtant...jacinthe d'eau, fausse renoncule, élodée d'Afrique, faux arum (lysichiton americanus), myriophylle du Brésil, pesse d'eau, (hippuris vulgaris), deux renouées Polygonum (ou Persicaria) perfoliatum et amphibium. Je ne vous présente plus la jussie...Qu'on se le dise et avise!

L'aponogeton distachyos ou "épi d'eau" est une sage, à tenir hors gel (ses rhizomes s'enracinent comme des nénuphars entre -30cm à -60cm de profondeur). Les feuilles flottent en surface. La floraison de très longue durée (de mars-avril jusqu'en novembre-décembre à condition d'être à l'ombre) est si parfumée le soir qu'on la surnomme la vanille d'eau.
 Sur les berges de la rive opposée, à la lumière, de grandes vivaces aimant la fraîcheur ont été choisies pour le contraste des formes et les variations en vert de leurs feuillages. Peu de floraisons, blanc crème. Quelle grâce alors ces fleurs plumeuses du rodgersia à feuilles de marronnier (rodgersia aesculifolia) parmi les fougères et la reine des prés (filipendual ulmaria aurea) qui de jaune doré a viré pour l'été au vert pâle.

samedi 2 septembre 2017

Petit plant deviendra grand

 Les fêtes des plantes de l'automne ont commencé. Qui n'a pas craqué un jour devant un arbuste flatteur, déjà d'un beau volume qui ferait un effet immédiat dans un massif ou une nouvelle scène à aménager? On le sait pourtant d'expérience que planter petit "c'est reculer pour mieux sauter". Les arbustes élevés trop longtemps dans leur conteneur (avec le risque du "chignon". cf article du 7 février 2008) ou même dans un godet rempoté rapidement pour faire illusion, quasi sous perfusion quant à l'arrosage, ont grand peine ensuite à s'installer en pleine terre. Au mieux ils stoppent leur végétation (et végètent donc, sans faire de mauvais jeu de mot...) pendant de nombreuses années et on s'en lasse, au pire ils ne passent pas le premier été ou hiver. On jure que l'on ne nous y reprendra plus. Mais "fontaine etc...".

Pendant ce temps un petit plant qui paraissait modeste, parfois "maigrichon" ou mal venu prend ses aises dans ses nouveaux quartiers (on aura bien sûr soigné la plantation) et se révèle en 2,3 ans, parfois dès la première année, un vigoureux spécimen bien élevé. Ce fut le cas ici pour un cornus controversa "Pagoda" (non variegata) de la pépinière du Jardin de Clairbois, des fothergilla major de Lepage bord de mer...


"Petit plant deviendra grand"... Mais comme l'art du jardinage n'est pas sans contradictions, il y a de magnifiques exceptions : ici tous les grands sujets élevés par Joseph Le Cam, Pépinières Botaniques Armoricaines, après le délai normal d'installation de 2-3 ans, se développent formidablement avec des signes tangibles : doublement des dimensions des feuilles, nouvelles pousses de dizaines de cms, extension du diamètre des troncs, nombre de boutons à fleurs etc...

 Le feuillage du cornus controversa non variegata

Il a le même port et s'avère plus vigoureux. On peut comparer les deux aux jardins de Kerdalo (22) plantés à la même date. (en contrebas de la terrasse de la maison, sur la gauche des "Quatre carrés").

jeudi 31 août 2017

Les geraniums "walli" et "wlasso"

Décidément je ne réussis pas à mémoriser "qui" est "qui" entre ces deux géraniums d'origine asiatique au nom commençant par la lettre W. L'utilisation est relativement proche (en situation abritée et mi ombrée de sous-bois) et leurs caractéristiques plus discrètes que d'autres congénères, ce qui en fait des faire-valoir ou des plantes compagnes, non des vedettes.  

Le geranium wallichianum  est "craquant " pour ses délicates petites fleurs au coeur blanc et ses feuilles duveteuses portées sur de longues tiges rampantes. Les premières fleurs en août sont pourpre rosé puis en septembre en pleine floraison elles virent au bleu clair ou bleu azur s'il fait plus frais. Un seul pied s'étale dans la saison sur quasi 1m2 pour disparaître complètement pendant l'hiver. Ici il se glisse en sous-bois  à la lisière d'un massif d'hellébores orientales. Je ne sais plus précisément s'il s'agit de l'espèce ou d'un cultivar. On trouve surtout dans le commerce le "Buxton's Variety".

 Le geranium wlassovianum  a un feuillage velu et changeant selon la saison : vert foncé mat avec des nuances brunes ou violine et de chaudes couleurs d'automne rouge orangé. On ne pourra alors que le remarquer. Ses fleurs plus grandes que celles du geranium wallichianum, d'un violet profond, apparaissent par vagues pendant l'été. Dans mon jardin j'ai replanté ce géranium en compagnie de robustes fougères persistantes (polystichum munitum) en couvre-sol au pied d'un hydrangea serrata Shojo, au feuillage pourpre et violine en cette saison.


mardi 29 août 2017

Le rosier Graham Thomas, vous confirmez?

Parmi les plantes trouvées ici en arrivant, ce rosier aux fleurs doubles jaune cuivré, puissamment parfumé. Il a un certain âge que je ne saurais préciser : planté avant ou après 2002 ? Je l'ai transplanté sans dommage dans une bordure d'asters et autres vivaces qui cerne le potager de poche créé dans la partie la plus "campagne" du jardin (3 vieux pommiers et une vue sur le champ cultivé voisin au-delà de l'ancien talus). Ce rosier est un grand arbuste vigoureux d'1,60m de haut, bien remontant. (Pour l'anecdote les premiers boutons au printemps dernier ont été croqués par un chevreuil). Un rosier anglais? la très belle création de David Austin en 1983, le rosier Graham Thomas?
La notoriété internationale du rosier outrepasse maintenant celle de Graham Stuart Thomas lui-même (il faut se référer à un article du Guardian paru en 2003 peu de temps après sa mort pour en savoir plus). Profitons de l'opportunité pour rendre hommage à cette  personnalité anglaise qui a traversé tout le 20ème siècle à oeuvrer pour les plantes et les jardins : premier collecteur de roses anciennes dès les années 1930, influencé sur l'art des jardins par ses échanges avec Gertrude Jekill, conseiller du National Trust depuis l'acquisition d'un premier jardin par cette institution en 1948, auteur de nombreux ouvrages sur les roses, les arbres, les jardins ...leurs couleurs en hiver... Ses livres sont encore disponibles surtout en anglais.    

vendredi 25 août 2017

Des thalictrums sauvés des campagnols


Nous avons été nombreux l'autre année à subir une invasion de campagnols. Une véritable surpopulation (calmée depuis heureusement : merci aux buses, renards et autres prédateurs...). Hélas! la plupart des thalictrums amenés de mon ancien jardin en ont été victimes les uns après les autres. Juste avant la floraison, les hautes tiges se flétrissaient brutalement et me restaient dans la main : les campagnols avaient dévoré la totalité des parties souterraines. Mes recherches sur internet pour les contrecarrer me laissaient peu d'espoir. J'ai tenté des expériences "maison" et réussi (pour le moment) à sauver les derniers.
Les thalictrums delavayi Splendide ont été replantés au pied du talus, sous de vieux sureaux, là où aucune galerie n'était visible. J'avais lu que les campagnols se tenaient à l'écart des racines de sureaux (?). Les autres ont été déplacés dans les massifs selon leur couleur. L'un d'eux prospère maintenant près d'un geranium macrorrhizum Spessart

Surtout j'ai placé au pied de chaque thalictrum un petit iris fétide (iris foetidissima) et un jeune plant issu de semis de digitale pourpre. Qu'est-ce qui a été le plus efficace? A tenter car jusqu'à maintenant et depuis deux étés j'ai pu continuer à admirer leurs sublimes floraisons.                          

mercredi 23 août 2017

La campanule Burghaltii : qui a bien pu la nommer ainsi?

Je l'ai déniché ce printemps chez Philippe Le Goff, pépinière Le Clos d'Armoise et dès la première année elle  révèle tant de qualités que je ne résiste pas à vous en faire part. J'aurais aimé vous en dire plus sur son origine mais elle reste quasi inconnue et les informations sont rares. Certains jardiniers connaisseurs affirment sa parenté avec la campanula latifolia et la campanula punctata. Le célèbre horticulteur Graham Stuart Thomas n'avait pour elle que des louanges (elle obtint en 1993 le fameux Award of Garden Merit de la RHS).

 
Cette campanule d'un gris mauve pâle, lumineuse dans la pénombre, formera visiblement assez vite de belles touffes de 60cm de haut (sur 50cm de large) : ses rhizomes non traçants s'étalent déjà gentiment et je vois émerger de nouvelles tiges. La plante est très florifère, au-delà de juin-juillet. Si j'en juge par l'abondance des boutons floraux (améthystes), la floraison n'est pas près de s'interrompre. Une "nursery" anglaise l'annonce en fleurs jusqu'en octobre. 
Elle semble accepter tous sols, toutes expositions, être très rustique (elle n'a pas souffert ici des épisodes de forte chaleur). Ici elle prospère à l'ombre, dans le coin le plus frais mais bien drainé du jardin : j'ai réparti plusieurs pieds  entre des fougères persistantes, près d'hydrangeas (dont un des Myake Tokiwa -cf. article précédent-) et autres vivaces d'ombre. Je la trouve "meilleure" que la campanule "x Swannables", d'un aussi joli gris mauve mais dont les longues tiges grêles se couchent à terre sous le poids des fleurs.