jeudi 17 août 2017

Généreuse, discrète, élégante, la digitale ferruginea

Cette digitale ne risquait pas de s'hybrider avec la digitale pourpre, digitalis purpurea, commune en France, étant d'une toute autre espèce. La digitalis ferruginea originaire d'Italie, Hongrie, Turquie, du sud Caucase est intéressante à bien des égards. ( J'ai à coeur de donner à ce nouveau jardin une allure très naturelle et privilégie volontairement les plantes qui se ressèment généreusement, en prenant garde d'éviter les invasives!). La réputation de cette digitale n'est pas usurpée. L'achat d'un seul plant dont j'ai laissé la hampe en place jusqu'à ce que les graines se répandent à leur gré m'a fait cadeau en trois ans d'une scène telle que je l'espérais.  Il me fallait patienter. mais n'est-ce pas le lot de tout(e) jardinier(ère)? La rosette de son feuillage linéaire persistant reste brillante et impeccable toute l'année. On la dit bisannuelle. Ici elle prolonge sa vie au-delà de deux ans si l'on prend garde aux discrètes repousses latérales. L'ensemble de ses silhouettes graciles lorsqu'elle s'est multipliée est très élégant. Et enfin lorsqu'on s'en approche, le détail des fleurs est raffiné.




Les précautions sont identiques à celles qui s'appliquent à la digitale pourpre, elle est aussi toxique. La digitalis ferruginea apprécie les sols secs, drainés, le soleil (et la mi-ombre).  Ses mérites sont connus et reconnus : la Royal Horticultural Society l'a doté d'un "Award of Garden Merit". Pourtant on la voit très peu dans les jardins.

Etrange été

Des séquences caniculaires puis un temps froid "pas de saison", des feuillages qui prennent maintenant leurs couleurs automnales : étrange été...Ainsi un semis spontané d'acer palmatum amené de mon ancien jardin (semis d'un Sango kaku, synonyme Senkaki, ou résultat d'une hybridation entre le Sango kaku et un acer palmatum type?).  Il est orangé depuis la fin juillet.

 
De même un jeune acer japonicum vitifolium planté il y a 2 ans a viré début août du vert au pourpre sombre. Avant de s'éclaircir (je l'espère pas trop vite) en une palette simultanée de couleurs chaudes, jaune, orangée, rouge profond. Très différent de l'acer palmatum Osakasuki, uniformément cramoisi à l'automne (qui s'est avéré trop "flashy"dans cet environnement naturel).

 A propos, on dit les érables palmatum de pousse lente. Sans doute en est-il de certains cultivars. En  ce qui concerne ces semis spontanés transplantés, l'acer palmatum type (0,60cm à son arrivée en 2012) et l'acer Sango kaku (0,40cm) plantés dans des situations très différentes (le Sango kaku au soleil et le palmatum type à la mi ombre) mesurent cet été 5 ans plus tard respectivement 2,00m et 1,80m.   Je compte bien qu'en relativement peu d'années ils atteignent 6 à 8m sous le couvert des grands chênes.

mardi 15 août 2017

Un miraculé!

L'hydrangea macrophylla Miyake Tokiwa a bien failli disparaître pour toujours à la suite d'une éruption volcanique.... Robert Mallet de la collection Shamrock en Normandie m'en a conté l'histoire. Originaire de la côte Est du Japon comme toutes les espèces de macrophylla, cet hydrangea magnifique ne craint pas les vents salins (et pour cause...). Son feuillage arrondi en cuiller (caractéristique des macrophylla par rapport aux h.serrata, plus "pointus") est bien large, épais et brillant.  Ici deux boutures se sont développées en grands arbustes d'1,60 m (sur de fortes tiges en 3 ans seulement). Ils aiment le vent certes car j'ai dû les déplacer : une première fois plantés à l'ombre profonde et très abrités des courants d'air, ils avaient été atteints par l'oïdium. Cette année à mi-ombre et bien ventilés, ils ont pris de la force et abondamment fleuri. 

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dimanche 13 août 2017

Dans le genre Geranium demandez le Blue Cloud

On ne peut mieux dire...que Thierry Denis du Jardin du Morvan: le geranium vivace Blue Cloud est "un des plus hâtifs. Déjà debout dès la fin de l'hiver, avec d'abord un feuillage lumière, or et vert. Les fleurs s'ouvrent vite, une couleur tendre et douce (gris nuage et voile de bleu). En été, on le fauche, tout repousse. Excellente résistance à tout". Je le cultive depuis très longtemps, il a fait partie des plantes "déménagées" de mon ancien jardin. Le changement de terrain (ici non argileux, léger et acide, au sec) ne l'a nullement affecté et je l'ai même divisé tellement il avait pris d'ampleur depuis son arrivée. Il forme un nuage vaporeux d'une grâce infinie, en fleurs de nombreuses semaines, et  "remonte"rapidement  si l'on prend soin de supprimer les longues tiges fanées. Mon préféré. 


Un autre geranium soi disant ordinaire a des qualités assez proches: une espèce, tout simplement le geranium pratense (geranium des prés), au feuillage aussi découpé, ample et au même bleu gris tendre, peut-être un peu plus gourmand en eau et fleurissant moins longtemps. Un des parents du geranium Blue Cloud?

samedi 12 août 2017

Coquine primevère



En direction de la source cette partie du Grand Launay est particulièrement fraîche, à mi ombre, arrosée par une fine rigole provenant d'un bassin. On connait le besoin d'humidité de la plupart des espèces cultivées de primevère, surtout au printemps. Mais quand même!  Cette primevère candélabre s'est ressemée à profusion...dans les joints des pavés et des dalles de pierre.  En contrepoint des différentes formes et gammes de verts des feuillages, la floraison gracile rose pourprée de cette primevère (primula pulverulenta?) en fleurs depuis le début de l'été réveille l'ensemble et donne du "peps".


mercredi 9 août 2017

"Tapis,Tapis Rouge"

Depuis longtemps remarqué (article du 13 septembre 2007), je viens de le revoir dans une toute autre situation : en couvre-sol, nettement plus large que haut (50 à 0,60cm), sous un arbrisseau léger qui l'ombrageait peu, en bordure d'une cour de graviers. D'un rouge lumineux sans être tape à l'oeil, encore éclairé par l'abondance de ses étamines dorées, un petit feuillage brillant très sain.


 L'abondance de ses boutons augurait d'une très longue floraison; en réalité elle sera continuelle...Robuste ce rosier se plait sous des climats très différents et accepte des sols divers. Ses créateurs néerlandais ont croisé (entre autres) le rosier "Tapis Persan", vigoureux, et le petit rosier arbuste sarmenteux Dortmund très remontant (du fameux obtenteur allemand Kordes). Ceci explique sans doute cela. Attention à ne pas le planter trop près d'un passage: il est grès épineux.

 

Dans mes valises...

Réapprendre....Autre paysage, atmosphère, nature du sol : une terre nettement plus acide, légère et bien drainée, riche et humifère (pas partout!). J'ai dû faire des choix parmi toutes les plantes de mon ancien jardin de ville. Parmi les fidèles j'ai apporté des vivaces pour qu'elles se ressèment ici au pied d'un ancien talus bocager, ou parce qu'elles se transplantent sans souci (quelques arbustes aussi), qu'ils et elles "vont bien" dans ce site en pleine nature. (les photos au second printemps ).
Des vivaces qui se ressèment là où elles veulent...
Le corydalis cheilanthifolia (cf.article du 15 mars 2008)



Le lamium orvala, un méconnu, dans ses deux formes ici pourpre et blanche




Plusieurs heuchères faciles à transplanter (des classiques, résistantes et de grande longévité :   l'heuchera micrantha Palace Purple, la Chocolate Ruffles), l'heuchera Mint Frost très changeante au fil de l'année, argentée puis vert menthe aux veines pourpre, l'hiver pourpre aux veines argentées...


Des fougères, dont le polystichum polyblepharum, très beau toute l'année. Ici un jeune plant en pleine pousse printanière




dimanche 6 août 2017

La canne à pêche des anges

Avec un nom gracieux qui évoque sa silhouette lorsque les hauts épis en clochettes se courbent sous le poids des fleurs (à partir de juin), le dierama pendulum est très photogénique. A ne pas confondre avec le dierama pulcherrimum, aussi nommé canne à pêche des anges, en fleurs plus tard (pas avant juillet). Les deux sont sensibles au froid, originaires d'Afrique du Sud. Le dierama pendulum, synonyme dierama ensifolium, est une espèce protégée de la province du Cap et le Natal. A la fois aimant le soleil mais aussi l'humidité sans que celle-ci soit stagnante, c'est une bulbeuse de la famille des Iridacées (crocus, iris, glaïeuls,...), se propageant par des cormes comme les crocosmias. Le feuillage fin fait penser à une graminée.  Il aime les sols plutôt acides, restant frais l'été mais secs l'hiver.

Je l'ai vu début juin dans un jardin de graviers facilement arrosé près d'un point d'eau. Dans les jardins anglais on le voit souvent en potées auprès d'un bassin. Je me suis laissée tenter...Il reste en pot et développe tranquillement son feuillage la floraison achevée. J'attends septembre pour le planter près d'hydrangeas qui demandent aussi à être surveillés pendant l'été. Il faudra le protéger l'hiver mais ne pas le rabattre, ce qui freinerait sa végétation.


Nous allons au bois ? (Le Grand Launay)


Est-ce encore le jardin?...ou le bois en contrebas? Au fond du vallon, entre des blocs de roche moussus qui accrochent la lumière, des fougères spontanées s'installent. Le jardin se fond dans la nature. On pense spontanément aux jardins japonais, au regard si intime qu'ont les japonais sur la nature, à leur profond respect des arbres, des pierres, l'eau...Ce n'est sans doute pas un hasard. Plus haut dans ce jardin, un peu à l'écart, une maison de thé a été bâtie.... Pour ceux qui veulent mieux connaître les jardins japonais, je recommande un petit livre très documenté : "La mystérieuse beauté des jardins japonais". de François Berthier, historien des arts du Japon. éditions Arléa. 2015. 

Les fougères, j'y reviendrai largement: outre les fougères spontanées que je préserve et transplante avec précaution (...hormis la fougère aigle avec laquelle il faut être impitoyable) j'introduis ici en plusieurs lieux les élégantes cousines asiatiques ou européennes de nombreuses espèces (athyrium, dryopteris, polystichum...) qui donnent  rapidement une maturité au jardin. 

mardi 1 août 2017

Une cascade...d'arrosoirs!

Chacun peut la voir dans la charmante petite ville de Gouarec,  bretonne et  à la fois"so british!" (nombre de britanniques y sont installés, créant boutiques, événements culturels...et jardins anglais...). Cette installation dirait-on aujourd'hui borde un jardin privé au bout de la Rue au Lin, le long du canal de Nantes à Brest " de l'autre côté de l'eau".  Signe toujours vivant de l'humour britannique mais aussi de la poésie inventive des jardiniers.


Il fallait oser

Je n'aurais pas osé...et pourtant. Associer les roses bleutés des grosses boules d'hortensias à l'orange vif si présent des crocosmias...avec ce résultat, chapeau! A y regarder de plus près, on remarque les persicaires (ou renouées) polygonums amplexicaule en épis légers dont le rouge un peu éteint apaise et fait le lien ainsi que l'ampleur des gris verts vaporeux