
En résumé peut-on dire qu’il y a trois sortes de vivaces : celles qui prospèrent magnifiquement deux à trois ans pour disparaître ensuite définitivement (… Cephalaria gigantea, armoise absinthe à moins que le sol soit vraiment léger et sec pour l’absinthe…), les charmantes et faciles, éphémères ou non qui se ressèment à profusion jusqu’à devenir envahissantes (Courage ! Passer la griffe sans pitié sur les semis même au pied des plus somptueuses hellébores…), et les fidèles sans souci. Les heuchères sont de celles-là !
Depuis les débuts du jardin les heuchera « Palace Purple » et « Chocolate Ruffles » ne m’ont jamais déçu. Les touffes se sont étoffées sans demander aucun soin, juste ramener un peu de terre au pied si besoin (elles peuvent se déchausser avec l’âge) et couper les feuilles abîmées par le gel. Car elles sont bien persistantes. Ces deux formes pourpres au pied du rosier Narrow Water pour l’une et de l’hydrangea Grayswood pour l’autre s’accordent si bien aux teintes roses ou rouges.On les conseille pour la mi-ombre. Ici sur un sol paillé, elles supportent le soleil et la sécheresse de l’été. Leur floraison gracile est un plus.
J’ai souhaité en utiliser davantage. Mais comme la famille est prolifique ! Le nombre de variétés disponibles est inouï. Je laisse volontiers les plus « flashy », séduite par les nuancées, les subtiles pourprées (encore), argentées ou légèrement dorées. La pépinière de La Roche Saint Louis en propose une superbe collection. J’ai ainsi craqué ce printemps pour « Ebony and Ivory », « Frosted Violet » (ah ! le velours du feuillage en transparence sous la lumière rasante du soir), « Mint Frost » et « Lune Rousse », une création « maison » verte et mordorée.