dimanche 4 février 2018

En attendant l'erythronium

Une photo sur laquelle on a craqué ou la recommandation d'un grand (ou grande) jardinier (ère) sont parfois à l'origine d'un achat "coup de coeur", sans que l'on ait vu la plante "en vrai". En l'occurrence ce fut ici le cas de l'erythronium "Pagode" (un hybride  horticole de 2 espèces de la famille des Liliacées, originaires de la côte ouest des USA). Ce bulbe est aussi doté du fameux Award of Garden Merit de la Royal Horticultural Society. 

Une photo en gros plan de tiges courbes et graciles portant de fines fleurs de lys jaune pâle au coeur plus foncé avaient attiré mon attention sur cette bulbeuse (Anna Pavord. "Plants Partners". version française éditée par Sélection du Reader's Digest : "Accords parfaits").

 Une première tentative avortée ne m'a pas fait renoncer. Sans connaître pourtant la cause de l'échec : une trop grande sécheresse estivale alors que le bulbe avait été placé dans un lieu que je n'arrose jamais...? Les campagnols car dans le même temps le terrain s'en était trouvé infesté (comme beaucoup de jardins dans la région) ?

L'année suivante à Dublin dans le célèbre jardin d'Helen Dillon les erythoniums plantés au soleil (irlandais), émergeant çà et là d'un lit de graviers (à la fois drainant et gardant l'humidité) étaient magnifiques fin mars. Les belles touffes vigoureuses m'ont convaincu de tenter une nouvelle expérience. 
 En principe l'erythronium est recommandé pour la mi-ombre, les sous-bois clairs, fertiles, riches en humus... L'automne dernier 5 bulbes ont été plantés au pied du talus ombragé, assez espacés pour multiplier les chances... mais toujours proches de plantes que je surveille lorsqu'il fait très sec.  

Anna Pavord (op.cité) propose d'associer l'erythronium à des tapis de feuillages persistants car il disparait rapidement à la belle saison : asperule (galium odoratum), bugle rampante (ajuga reptans), pulmonaires...Ici les bulbes ont été rapprochés de petites fougères persistantes (polystichum tus-simense), d'epimediums, et de petits disporopsis (disporopsis pernyi, disporopsis jinfushanensis) que je viens à peine de découvrir ! 

J'ai aussi suivi le conseil de Didier Willery et Dominique Cousin en entourant chaque erythronium de quelques perce-neige (galanthus nivalis) qui d'après leur expérience ne sont pas croqués et repoussent les campagnols. Ce moyen de protection des bulbes sensibles par des perce-neige est largement employé au Vastérival. (Un tel procédé a été utilisé ici avec succès- protéger une plante par une autre répulsive - pour sauver mes derniers thalictrums : cf. article du 25 août 2017).  

Les perce-neige sont en train de sortir. Il faudra guetter le réveil des erythroniums et ne pas trop attendre pour les protéger des limaces auxquelles ils semblent plaire plus que de raison...

4 commentaires:

maryse h a dit…

J'ai eu une mauvaise expérience avec des Eythroniums Dens Canis qui n'ont jamais fleuri et ont fini par disparaitre .Il m'a été conseillé les pagoda , ce que je me suis empressée de planter il y a deux ans.L'année passée, ils ont bien fleuri dans un endroit ombragé et arrosé l'été .J'espère bien les revoir cette année .Tu as trouvé leur emplacement idéal sur de très bons conseils.Souvent , on oublie que les cailloux tiennent la fraicheur .Dans notre esprit , on assimile cailloux = sec .J'ai fait moi même cette erreur!!!! Bonne soirée Dominique

Dominique a dit…

Maryse ton expérience vaut encouragement. Wait and see! on se tiendra au courant...Bonne soirée à toi aussi.

rouge cabane a dit…

Bonsoir, je suis toujours les bons et bienveillants conseils de Maryse et les derniers en date me conduisent chez vous... je viens de survoler votre blog qui aux dires de Maryse ne peut que me parler... je pense que je vais confirmer sans peine ... en attendant je ne peux que confirmer aussi l'atout que constitue un paillis de gravier ... utilisé dans un nouveau massif l'an dernier que je veux sans arrosage en été mais qui peut tout à fait être gluant en hiver ( terre argilo calcaire et recevant des eaux de ruissellement)ce paillis a parfaitement rempli son office et a favorisé sans peine la pousse des végétaux et visiblement (l'hiver n'est pas encore fini!) les protège bien de l'humidité. En plus contrairement au paillis végétal vite absorbé par la terre, posé en bonne épaisseur, il est très efficace... a bientot sur votre blog .. hélène

Dominique a dit…

Bienvenue Hélène et merci pour votre commentaire détaillé. Ces échanges sur les expériences de chacun(e) sont précieux, ils rassurent et incitent à les reproduire.
Vous m'avez donné une idée: j'utiliserai le paillis de gravier sur le bord de la future mare que je compte créer en septembre prochain (par comblement d'une ancienne piscine...j'en reparlerai).
Quant au paillis, je suis d'avis de "faire feu de tout bois" quand il y a tant et tant à "recycler"... (cf. prochain article). Encore merci à vous.