dimanche 10 décembre 2017

Parfum d'hiver...issimum ! Le lonicera fragrantissima

Il se laisse oublier quasiment toute l'année : un port un peu lâche et brouillon s'il n'est pas suivi régulièrement par une taille adaptée, un feuillage neutre caduc ou semi-persistant selon les températures hivernales, des fleurs discrètes, un arbuste qui ne fait pas la une. Modeste aussi par son origine, on sait peu de lui hormis qu'il est originaire de Chine, il n'est connu qu'en culture. Pourtant c'est un de mes préférés. Chaque hiver, je m'émerveille comme la première fois de son parfum citronné d'une subtilité sans égale. Cette année dès les derniers jours de novembre, les deux spécimens plantés ici dans des conditions bien différentes et de provenances diverses ont commencé à fleurir.  

Peu sensible à la nature du sol, le lonicera fragrantissima se plait également au soleil et à mi-ombre. Il supporte la sécheresse mais j'ai préféré le premier été suivant la plantation d'un jeune plant ramené du Vastérival pailler son pied.  Il fleurira par vagues et embaumera autour de lui une grande partie de l'hiver, réconfortant et tonique. 

Le lonicera fragrantissima occupe en 4-5 ans un beau volume de 2mx2m et continue à prendre de la vigueur d'année en année. Pour qu'il reste élégant et ne vieillisse pas, je prends soin de supprimer à la base les vieilles charpentières au profit des rameaux vigoureux apparus sur la souche. Et je taille de même au milieu et en tête de l'arbuste, en gardant les jeunes rejets de couleur claire qui se forment à mi-hauteur sur le bois de l'année précédente. Ceci permet de supprimer le bois mort ou faible et d'aérer le centre de l'arbuste avec en conséquence une végétation plus saine.  (En cas de doute sur le mode de taille d'un arbuste, je me réfère toujours à l'ouvrage de Pascal Prieur "La taille raisonnée des arbustes d'ornement" paru aux éditions Ulmer. Un vocabulaire scientifique un peu complexe pour une simple jardinière mais une méthode basée sur l'observation accessible à tous). 

4 commentaires:

maryse h a dit…

Cela fait un moment que je le lorgne celui ci.Il a effectivement tout pour plaire et ce serait dommage de s'en priver.D'autant que je n'ai pas de floraison parfumée l'hiver.Je vais noter également ce livre que tu conseilles .Je n'ai pas grand chose comme livre sur les tailles, à part celui sur "la taille en transparence "de Dominique Cousin.Si tu l'as également, peux tu me dire ce qu'il apporte en plus ? Bonne soirée Dominique

Dominique a dit…

Maryse, tu ne seras pas déçue...même par temps couvert son parfum est perceptible. Etourdie que je suis, il m'arrive passant à côté sans y réfléchir, de me faire la réflexion: qu'est-ce qui sent bon comme çà? mais c'est bien sûr! le lonicera!

Les 2 ouvrages sont très différents. (Je crois savoir que ces deux grands "pro" ont d'ailleurs eu l'occasion de débattre de leurs méthodes respectives). "Le Prieur" respecte précisément le comportement de pousse,très varié, des arbustes: ceux qui repoussent de la base ou au contraire au sommet des branches, ceux demandant à être régénérés ou non etc...afin d'éviter leur vieillissement et une allure dégingandée, un moindre fleurissement. Il y a 10 types présentés avec photos à l'appui (avec ou sans taille). Dominique Cousin avec la taille en transparence s'appuie beaucoup sur l'esthétique et sur la lumière (le stage avec lui au Vastérival est passionnant, l'ambiance simple et très sympathique, relax, je le recommande).
Merci à toi. Bonne nuit vu l'heure...

Berthille a dit…


Est-ce une question de douceur de climat ? Je trouve que par ici le parfum tant vanté de ce lonicera n'est pas toujours au rendez-vous. C'est vrai que lorsqu'on le perçoit, c'est vraiment très agréable mais c'est trop peu fréquent à mon goût pour supporter le seul attrait de cet arbuste à la silhouette peu facile à gérer.

Dominique a dit…

Navrée Berthille, douceur du climat oui sans doute. Hier (d'autant plus que les températures actuelles "ne sont pas de saison "), le lonicera quasi adulte embaumait à 6 mètres... Ses fleurs abondantes, si petites,donnaient à l'arbuste l'aspect d'un nuage léger, réconfortant en cet hiver tempétueux. Seule la pluie annihile son parfum.