samedi 4 avril 2009

Emouvantes violettes d’où qu’elles viennent…

Autant les pensées peuvent être décevantes alors qu’elles sont sensées égayer l’hiver (rapidement déchiquetées par le froid et les limaces, mises en lambeaux, pitoyables..et vite arrachées), autant les violettes semées par le vent sont émouvantes, se fixant d’elles même au coin d’une boule de buis ou juste au pied d’un hydrangéa paniculata. Je les préserve soigneusement du désherbage : elles ne rentrent jamais en concurrence. Que ce soit un simple semis sauvage de viola tricolor, ou bien une microscopique violette blanche totalement inconnue ou encore celle-ci, une américaine, la viola sororia Freckles, originaire d’Amérique du Nord, du Québec au Wioming. Apparue au jardin par l’intermédiaire d’un godet d’une tout autre vivace, elle se ressème généreusement et s’étale facilement à mi-ombre lorsqu’on la laisse prospérer. Le moucheté blanc et bleu un peu curieux, pas toujours facile à accorder, sera peut-être plus commode dans un jardin monochrome.

jeudi 2 avril 2009

La grâce des epimediums

L’ouvrage de Roger Philips et Martin Ryx «Vivaces» leur consacre trois doubles pages. Et pour cause. Il y en a tant d’intéressants, persistants ou caducs. Des epimediums originaires de l’Italie du Nord et de l’Autriche, du Sichuan en Chine, de Turquie et de Géorgie, d’Algérie, du Caucase. Sans compter les superbes hybrides apparus dans des jardins (anglais pour la plupart). Tous les epimediums sauf exceptions deviennent plus beaux chaque année et prospèrent sans rien exiger. Les exceptions ? A l’expérience l’e.leptorrhizum n’apprécie pas du tout les sols secs et le petit e.x youngianum parait plus lent à s’installer. A l’inverse de cet epimedium grandiflorum Lilafee, en principe caduc. En réalité une fois installé (deux à trois ans) les feuilles qui ont tourné au brun pourpre pendant l’hiver persistent jusqu’à l’apparition du jeune feuillage de couleur bronze. Et je craque sur ses «fleurs des elfes» dansant avec grâce à la moindre brise (cf 8 avril dernier). «Vivaces»:Un ouvrage de référence en 2 volumes inégalé. Printemps et début d’été. Fin d’été et automne. Traduit et publié par la MaisonRustique en 1992, à rechercher chez les bouquinistes.

lundi 30 mars 2009

Osez, osez, j’ose….

L’abricotier ! Et pourtant… Ce fruitier synonyme de gourmandise a tellement de qualités. Il supporte très bien le froid (autrefois on le cultivait en Lorraine, en Alsace, dans le Massif Central). Comme il est autofertile un seul arbre donne abondamment des fruits. En principe. A condition de ne pas être victime d’un gel printanier, justement lorsque ses fruits sont en train de se former. J’ai pris le risque de choisir un demi-tige (d’une variété ancienne régionale «Précoce de Saumur») planté ici plein sud à l’angle de deux murs. Mieux aurait valu pour la régularité de la cueillette une variété plus récente et une forme en gobelet (ou un éventail palissé) moins sensibles au froid. Tant pis. C’est un tel délice de croquer l’abricot mûri sur l’arbre, parfumé et juteux, dodu et tout doré. Même s’il n’y en avait qu’un, je crois que je retenterais l’expérience ! Est-ce le froid de cet hiver ? L’abricotier n’a jamais été si fleuri. J’ai bon espoir d’une récolte abondante l’été prochain à moins que… la gelée blanche de ce matin…

mardi 24 mars 2009

Oui aux grandes euphorbes, à condition de les rajeunir

Les jardiniers anglais en raffolent et l’on rêve presque tous de ces grandes euphorbes. Elles sont vraiment spectaculaires au jardin. Mais serai-je iconoclaste en affirmant qu’à mon sens elles vieillissent plutôt mal ? Les euphorbes characias, characias wulfenii, les x martinii… forment pendant quelques années des massifs somptueux, compacts, qui remplaceraient des topiaires. Ensuite? C’est tout l’un ou tout l’autre : certaines dégénèrent, perdent du volume et de la hauteur à devenir malingres. D’autres au contraire à force de prospérer étirent leurs tiges inconsidérément et finissent par s’effondrer; leurs inflorescences rabougries ne sont plus que pâles imitations. J’en connais aussi (une variété relativement nouvelle au feuillage pourpre) qui revient à ses origines. Des tiges claires, bien vertes, incongrues, apparaissent au milieu de la touffe pourpre. Faut-il pour autant se passer des grandes euphorbes ? Le mieux est peut-être d’intervenir assez tôt sans état d’âme et les diviser dès le premier signe de faiblesse. Un pauvre éclat d’une e.characias récupéré «à tout hasard» dans une Bourse aux plantes est devenu ainsi en deux ans une belle touffe jusqu'à ce que…etc…En 2009 je vais tout enlever, diviser …et recommencer !

dimanche 22 mars 2009

L’étrange mais sage euphorbe myrsinites

Coriaces les vigoureuses petites euphorbes ne semblent pas connaître un destin aussi aléatoire que leurs grandes sœurs. Pourtant je ne recommanderai à personne d’installer dans son jardin l’euphorbe cyparissias (quelle que soit la variété…). Le commentaire de J.P Cordier (« Le Guide des Plantes vivaces ». éditions Horticolor, un bon ouvrage de base périodiquement réédité) est un doux euphémisme…L’euphorbe cyparissias est capable de s’infiltrer partout et de tout envahir. Il est difficile de la contenir et l’on finit par l’arracher à pleines mains pour s’en débarrasser (ce qui est loin d’être suffisant …ses fines racines souterraines sont quasi invisibles et cassent facilement). L’euphorbe myrsinites n’a pas ces défauts. Une simple bouture offerte par Gertrud l’été dernier a passé l’hiver sans broncher, plantée en lisière d’un néflier du Japon. Originaire de Corse cette plante tapissante au feuillage charnu très bleuté apprécie de rester sagement au sec, en situation chaude et ensoleillée. Apparemment l’absence de calcaire ne lui semble pas dommageable. Nous verrons : pour le moment j’observe avec émotion la floraison première de cette toute petite bouture…

samedi 21 mars 2009

Le corylopsis pauciflora généreux et fidèle malgré tout

Il a donné le ton, dès février, les boutons laissant voir ce délicat jaune primevère. Imperturbable le corylopsis pauciflora fleurit en fin d’hiver pendant plusieurs semaines. Planté dans un lieu plutôt ombreux, adossé à la façade nord de la maison il ne reçoit jamais de soleil direct (mais il est ainsi protégé des gelées : c’est pourquoi il fleurit autant). Il se plait ici: le sol est acide. Cet arbuste au prime abord discret se révèle d’une grande personnalité : avec l’âge son port a pris une allure de plus en plus graphique, étalant ses fines et nombreuses branches à l’horizontale. Un peu comme la viorne mariesii ou les hamamélis mais en plus léger. Il devient plus large que haut (1,70m de hauteur sur 3,00m de large en douze ans). Son feuillage apparait dès la fin de la floraison, un ravissant petit feuillage de noisetier, vert très clair qu’il gardera toute la belle saison…jusqu’à ce qu’il vire entièrement au jaune beurre (encore un joli jaune). Le corylopsis pauciflora est un arbuste des montagnes de Taïwan. Je l’ai découvert par Jelena de Belder, à réserver d’après son expérience aux climats doux.

jeudi 19 mars 2009

Les érodiums et pour commencer l’érodium pélargonium

Le temps pluvieux de l’année passée leur a profité : c’est un comble pour des plantes de sols secs ! (ils sont originaires des sols rocailleux ou sablonneux d’Anatolie). Tous les érodiums plantés en pleine lumière ont largement prospéré. Le froid pourtant vif et à répétition cet hiver ne les a pas atteint et comme leur feuillage persistant est solide, ils ont déjà fière allure. Celui-ci est en fleurs ! Il le sera longtemps par vagues jusqu’en octobre. Les érodiums se plaisent au soleil et à mi ombre et ne demandent aucun soin hormis supprimer les feuilles jaunies (rares…) et les fleurs fanées avant la mise en fruits pour prolonger la floraison. Je n’ai jamais vu ces fruits, en forme de « bec de grue » (ou de héron… d’où vient leur nom). On plante ces coussinets tous les 25 cms. La première année, je les ai changé de place. Ensuite avec leur racine pivotante mieux vaut les laisser en place. La Pépinière de la Roche Saint-Louis (qui les présente maintenant sur son joli site internet ) en commercialise d’excellentes variétés.

mardi 17 mars 2009

Bande de narcisses !

Ce ne sont que deux groupes de narcisses sagement rangés en bandes dans un «futur» potager au fond du jardin. (Je les ai plantés comme çà pour les bouquets il y a bien longtemps). Plus tard dans la saison, lorsque les feuillages des narcisses seront jaunis et desséchés, le tout disparaitra par un seul passage de tondeuse. N’empêche… Geneviève, Marie, Maurice… amis et voisins attendons chaque année la floraison de ces narcisses qui nous mettent tous en joie. Ils sont la gaieté du jardin pendant plusieurs semaines, les différentes variétés se succédant à tour de rôle. Le terrain frais leur convient bien. Par manque de temps je ne prends jamais la peine de les diviser. L’espace laissé libre entre deux «planches» leur permet quand même de se développer.

dimanche 15 mars 2009

Pour ou contre les bergénias ?

Contrairement à l’opinion commune (une vivace résistante, pas difficile, prolifique…), le bergénia serait-il capricieux ? Il reste pour moi imprévisible. Entre le classique bergénia cordifolia dont trois godets ont rapidement colonisé et garni une bordure de plusieurs mètres (dans un jardin du Sud-Ouest) et le bergénia hybride Silberlicht qui végète ici et refuse de fleurir (quelle que soit sa situation : je l’ai changé de place quatre fois) qu’en penser ? Pourtant celui-ci à fleurs blanches ne peut que séduire. Le pied a deux ans : il fallait juste patienter et le laisser s’installer. Planté en bordure du dallage, je peux facilement admirer la délicatesse de ses fleurs. Est-ce un Bressingham White ? (je ne retrouve pas l’étiquette, enfoncée en terre). Il reste compact et s’allie avec d’autres vivaces. Son feuillage persistant épais et rond contraste avec ceux fins et élancés des érodiums à feuillage vert.

dimanche 8 mars 2009

A nos agendas (pour les fêtes de printemps !)

Et d’abord St-Jean-de-Beauregard à quelque encablure de Paris qui fête le printemps le premier week-end d’avril (vendredi 3, samedi 4 et dimanche 5 avril). On ira pour la Fête des Plantes vivaces mais aller à St-Jean c’est faire «coup double». Car on ne peut se lasser de s’émerveiller et passer du temps en marge de la fête dans l’extraordinaire Potager. En gardant la tête haute, non penchée sur les plantes (encore que, chacune est choisie avec le plus grand soin…). Tout est leçon magistrale : le dessin des allées et des platebandes à la fois classique et inventif, les jeux des axes et perspectives qui changent à chaque pas (le Potager étant cerné de murs on croirait pouvoir tout embrasser au premier regard, c’est une erreur…), les harmonies de couleurs en symétrie ou fantaisie, selon le point de vue (avec des accords sublimes à l’apogée en septembre). A chacun de le découvrir en étant fin observateur.
Car la créatrice de ce merveilleux jardin est pudique et réservée.… Les artistes et les poètes ne s’y trompent pas : on croise aisément dans les allées photographe, peintre ou dessinateur. Ce jardin sera aussi apprécié des plus exigeants. Il est tenu « au bouton », avec l’aide d’un jardinier fantastique et de quelques bénévoles enthousiastes qui se sont spontanément proposés. Le Potager de St-Jean de Beauregard donne du bonheur. Et comme en même temps on peut y faire la Fête !Les photos: Derniers jours de février au Potager de St-Jean de Beauregard

La Fête de printemps de St-Jean de Beauregard

Elle arrive bientôt, trop tôt pour en parler. Alors parlons de celle de l’automne 2008. Le cadre d’abord des Fêtes de St-Jean de Beauregard, magnifique, avec des ambiances différentes qui renouvèlent le plaisir : de part et d’autre de la longue allée, dans la cour pavée des communs, à l’intérieur des grandes et petites écuries, sur les bords de l’étang, face au château …vers le Potager. Beaucoup, beaucoup de charme donc. La qualité des exposants, une évidence, faut-il en parler ? Ces fêtes «parisiennes» (Courson et St-Jean de Beauregard) sont l’occasion d’approcher des professionnels d’autres régions plus lointaines, françaises ou européennes. Elles ont été pour beaucoup dans l’évolution du jardinage en France ces trois décennies, relayées par la presse magazine spécialisée (ah ! «Mon jardin et ma maison» ou «L’Ami des Jardins» source des connaissances de bien des débutants, dont je faisais partie). D’ailleurs St-Jean de Beauregard fête cette année ses 25 ans ! Leurs créateurs ont été des pionniers qu’il faut saluer. Sans eux, y aurait-il aujourd’hui ces innombrables fêtes des plantes associatives, privées ou communales qui diffusent dans toutes les régions de France « la bonne parole » ? Enfin ces Fêtes des plantes contribuent à entretenir et faire perdurer de merveilleux jardins. Pour toutes ces (bonnes) raisons nous irons fêter l’arrivée du printemps à St-Jean.

samedi 7 mars 2009

H comme hellébore orientale

Les hellébores orientales commencent à fleurir depuis deux semaines. Les tiges sont particulièrement hautes et les fleurs grandes cette année…Est-ce le froid mordant qui leur a réussi ? Ou tout simplement en prenant de l’âge les touffes deviennent-elles plus vigoureuses ? Sûrement. A propos d’hellébores faut-il ou non couper les anciennes feuilles avant la floraison ? Cette année j’ai suivi les conseils (toujours pertinents) du journaliste Didier Willery : couper à ras du sol seulement les feuilles abîmées par la maladie des taches noires. Cette maladie plus fréquente en humidité ambiante (selon l’abondance des pluies d’automne) n’est pas très dangereuse pour la plante mais nuit vraiment à son aspect. Par contre les feuilles saines protègent la souche et les boutons de fleurs contre le gel…et la pluie ! Comme quoi décidemment en jardinage il n’y a jamais de traitement radical. Toujours intervenir après réflexion, fermement mais en douceur.

mercredi 4 mars 2009

H comme hémérocalle

On choisit généralement ses variétés d’hémérocalles d’après une photo, la fleur en gros plan. Parmi les kyrielles d’espèces et de variétés (dont d’innombrables hybrides américaines) il y en a pour tous les goûts: des (très) sophistiquées en forme d’étoile frisottée ou des plus simples en trompette, proches des lys, que je préfère. Plusieurs sont remontantes : elles ont fleuri cette année jusqu’à la fin d’automne. D’autres sont délicatement parfumées (entre autres Hemerocallis lilioasphodelus au puissant parfum d’oranger…ou «Citrina», une bonne variété ancienne qui dégage le soir un parfum de citron ! ). Au Japon ce sont les boutons d’hémérocalles qu’on aime dans la cuisine sautés ou en beignets. Pourtant la première des qualités de cette vivace est d’annoncer le printemps par son feuillage très précoce, très clair qui se remarque dans les platebandes encore quasi vides ou desséchées. L’hémérocalle est fidèle et robuste à condition de la planter au soleil (ne pas hésiter à la déplacer lorsqu’un arbuste grandissant lui fait de l’ombre) et de garder son pied au frais par un bon paillis. Elle se plante toute l’année, se divise sans souci, reste indemne de maladie, fleurit généreusement avec une poignée d’engrais organique chaque saison. Pour que la plante fleurisse longtemps couper avec l’ongle avant la montée en graines les fleurs fanées : chacune dure un jour…dit-on. Mais passer une à deux fois par semaine suffira !

lundi 2 mars 2009

H comme hérisson !

Narcisse Tête à tête et crocus gargaricus entre des semis de corydalis cheiranthifolia
En prenant des photos «en jaune» j’observai juste derrière un monticule... Le temps manquant à l’automne les feuilles mortes tombées sur la pelouse avaient été à la va vite ratissées et déposées sur les platebandes. Sans doute en avais-je lancé un gros tas, comme çà, vers le fond entre des vivaces. Pas fière, je me reprochai ma négligence. Alors comme c’est justement le moment de tailler les longues tiges fanées de ces vivaces (laissées en place jusqu’à présent, elles protégeaient les souches du froid, et cette année ont été bien utiles) je commençai à dégager ces feuilles à la main. Surprise ! un hérisson dort là, tout simplement entre les épimediums. Il aurait pu choisir un des nombreux abris possibles (tas de bois, ancienne remise des jardiniers…) mais non. J’ai tout remis en place et me suis éloignée.

mardi 24 février 2009

Comment se priver du jaune ?

Une harmonie en jaune, au Potager de St-Jean de Beauregard sublime dès avant le printemps (réouverture les dimanches après-midi au 15 mars).

Certains l’aiment, d’autres pas. Mais dans cette (presque) fin d’hiver, le jaune donne «bonne mine» au jardin. Je ne parle pas du jaune quasi hystérique du forsythia qui s’imposera violemment au printemps. Le jaune doux et tendre du Corylopsis pauciflora (un arbuste tout fleuri dès février) ou de la simple primevère m’émeut. Le jaune joue la gamme avec classe, en écho avec la lumière plus forte depuis quelques jours (…l’anticyclone est là !).


Comment résister au jaune poudré des curieuses inflorescences du Cornus officinalis (clic), à l’harmonie des nouvelles variétés d’hellébore, au jaune doré des tout premiers crocus et narcisses, …Et même, en cette saison, au feuillage curieusement panaché du banal aucuba ?


samedi 21 février 2009

Avant le camellia


Il fut un temps où le camellia ne s’appelait pas encore camellia. Le célèbre botaniste Linné a nommé ainsi l’arbuste (devenu depuis un « must » des jardins de terre acide et climat tempéré) en reconnaissance à un père jésuite, Georg Kamel qui 40 ans plus tôt (on est dans la seconde moitié du 17ème siècle) en envoyait d’exquis dessins depuis les lointaines Philippines. Avant, son nom était « Tsubaki », son appellation japonaise. J’aime ce nom d’abord parce qu’il est joli phonétiquement et parce qu’il signifie « arbre aux feuilles luisantes ». Cette qualité fait du camellia une valeur sûre, en fait plus que ses fleurs (comme pour de nombreux arbres et arbustes). Car il faut prendre garde de choisir une variété qui « fane bien » c'est-à-dire dont les fleurs tombent dès la fanaison. Je n’ai pas cette chance (l’arbre était grand quand je suis arrivée …). Et il est loin le temps où les jardiniers pouvaient passer chaque jour et « secouer les camellias ». L’aspect en mélange de fleurs s’ouvrant ou fanant est plutôt vilain. D’ailleurs pendant très longtemps le camellia a été cultivé pour la fleur coupée (…vous savez à la boutonnière…). Quant à moi j’ai presque hâte que la floraison se termine…surtout qu’elle est abondante. Mais j’aime sa silhouette et son feuillage présents sans ostentation. Le camellia est une plante facile de culture reste très vigoureux malgré son grand âge. Sa taille facile est commode et utile pour le garder en forme .. et en pleine forme. Un pépiniériste spécialiste et passionné saura vous convaincre, Joël Lemaitre, qui perpétue la tradition nantaise (Il se déplace dans l’ouest, cf. son site).

jeudi 19 février 2009

Il est grand temps!

Février : début des travaux dans un jardin encore presque secret,
le splendide potager du Parc Caillebotte à Yerres (91)

De retourner au jardin et de reprendre le carnet de notes, l’un ou l’autre selon la météo et l’appétit… Il est grand temps : les deux réclament.
Ne plus regarder le jardin et renoncer un moment a quand même du bon: ensuite, comme au retour d’un voyage, l’œil est neuf et l’on voit tout à coup l’essentiel sans se perdre dans les détails. Avec des évidences : l’équilibre des volumes et des masses à reprendre (pour cela rabattre et désépaissir certains végétaux trop volumineux), les lignes et perspectives à accentuer, les écrans à revoir (ah ! les vues plongeantes chez les voisins en cette saison). Et la taille des arbustes à ne pas oublier. En hiver il est facile de remarquer les branches les plus vieilles et à bout de souffle par leur écorce grisâtre, par leur port retombant et croisé. Régénérer le jardin et le jardinier en même temps, voilà un bon projet !
Pour les conseils techniques, se référer si besoin à deux ouvrages incontournables, (Robert Mallet. 'L’optique des jardins' qui vient d’être réédité aux éd. Ulmer) et «le Prieur» (clic).


Le Potager de Caillebotte début septembre 2008

mardi 9 décembre 2008

Mettre sur pause

Le jardinier n’est pas toujours au mieux de sa forme. Le temps n’y est pas…On prend en prétexte ce temps maussade et humide pour remettre à plus tard des tâches qui deviennent subitement pensums ou corvées. J’en connais pourtant de ces jardiniers imperturbables sous les averses et le vent, taillant sans broncher ou préparant de nouveaux travaux. Ils sont admirables… Pour d’autres (dont je suis) les bras vous en tombent parfois: le jardin parait brutalement en lambeaux. Les scènes ou associations qui provoquaient le ravissement prennent une allure lamentable. Tant pis, le jardinier fait une pause. Pour garder le moral, un conseil: saisir fébrilement son sécateur et récolter une grande brassée de saison, feuillage et fleurs blanches du laurier-tin, branches de lierres, tiges colorées de cornouillers, fleurs toutes rougies d’hortensias, fleurs gracieuses de schisostylis blancs ou roses... Un grand, très grand bouquet, « gorgeous » diraient les anglais, haut en couleurs pour faire chaud au cœur.

jeudi 4 décembre 2008

Champion : le rosier ancien Comte de Chambord

Il arrive que les jardiniers les plus enthousiastes soient au bout de quelques années déçus par les roses anciennes dont un certain nombre à l’expérience, outre une floraison éphémère (mais somptueuse…on leur pardonnerait donc) cumulent plusieurs handicaps. Certaines familles (comme les hybrides remontants) sensibles aux maladies réclament moult traitements chimiques, contestés désormais ; d’autres dégénèrent après quatre à cinq ans au lieu de prospérer. Certains rosiéristes ont d’ailleurs « fait le tri » et commercialisent seulement «les valeurs sûres». Indubitablement Comte de Chambord est de ceux-là, offrant des roses fin novembre, les «der des der» du jardin, à cueillir avant que la pluie, encore elle, les flétrisse…

vendredi 28 novembre 2008

La vie en rose : Saxifrage cortusifolia fortunei Black Ruby!

Ne faisons pas grise mine malgré ces jours de plus en plus courts, le temps sombre de novembre et le climat en tous points morose. Le jardin réserve toujours et toujours de belles surprises. Comme cette vivace, le Saxifrage cortusifolia fortunei Black Ruby. Encore une trouvaille de Dominique Voisin (pepiniere-laroche-saint-louis.fr). L’année dernière presque à la même date, je remarquais combien son cousin, le Saxifrage c.fort.Rubrifolia avait apprécié d’être transplanté dans de meilleures conditions (pour lui: plus de lumière bien qu’à mi-ombre, sans concurrence…). Le feuillage du S.Black Ruby, aussi charnu, quasiment noir du printemps à l’été, curieusement s’éclaircit et verdit à l’automne. Sa floraison d’un rose tyrien est étonnante. Puisque c’est sa première année au jardin, la touffe est modeste ; il faut se pencher pour l’admirer de près (devant les branches arquées d’un superbe arbuste persistant : le loropetalum). Bingo ! Le rose est quasi identique à celui des fleurs du loropetalum chinense Fire Dance qui lui fleurira en mars. Vous verrez !

dimanche 23 novembre 2008

Faire tapisserie : c’est un plaisir…

Le journaliste Didier Willery, auteur (discret) d’articles et d’ouvrages toujours intéressants, jamais avare de conseils pratiques, recommandait justement dans une excellente petite collection éditée chez Bordas il y a dix ans («Un jardin facile à entretenir. 300 idées…»), de «faire tapisserie» : mélanger et imbriquer des plantes très différentes, «comme dans la nature», ce qui simplifie le travail d’entretien, évite les maladies et la prolifération des parasites. Suivant ses conseils, le résultat parfois dépasse les espérances. Comme ici : le Persicaria microcephala Red Dragon (encore lui) qui s’étire et vagabonde s’est tellement emmêlé au géranium vivace Patricia que je n’ose les toucher. J’attendrai que les premiers gels rabattent le tout. En attendant moi aussi... je fais tapisserie.

lundi 17 novembre 2008

Complices: le viburnum Hillieri Winton et le persicaria Red Dragon

Il n’est pas toujours facile, quoi qu’on en dise, d’associer arbustes et vivaces. D’ailleurs Thierry Denis, excellent pépiniériste du Jardin du Morvan, est ferme sur ce point: son catalogue répartit clairement ses vivaces sur le critère suivant : («loin des racines» ou «qui acceptent la concurrence»). A l’expérience, les vivaces sont à surveiller étroitement. Sous peine de voir les hostas (et d’autres) dépérir par manque de lumière lorsque les arbustes doublent de volume, ou au contraire, par exemple, les asters Ashvi envahir le pied des fothergillas… Mais là, quelle complicité ! le Persicaria microcephala Red Dragon a profité de la viorne pour appuyer ses très longues tiges. Il allège le caractère un peu raide de l’arbuste et le mélange des couleurs en cette saison est un bonheur. Non?

vendredi 14 novembre 2008

Un grand Trophée pour le Pistacia sinensis

Dans la catégorie 'arbres et arbustes', lors de sa fête d’automne, St-Jean de Beauregard vient d’attribuer son Trophée 2008 au Pistacia sinensis, présenté par les Pépinières de la Preille. L’ayant planté au jardin l’hiver dernier je le regarde depuis d’un regard attendri (outre qu’admiratif). En quête de petits arbres «poussant relativement vite, d’origine asiatique, pour un bosquet, pas trop volumineux, pas difficiles, plutôt élancés, des caducs aux feuillages d’automne, un à deux persistants, des feuilles aux formes contrastées etc…» je l’avais remarqué sur le stand de Vincent Grellier des susdites Pépinières. Encore quasi inconnu le Pistacia sinensis (ou p.formosana Matsum) tout de suite séduit par son feuillage gracile, par les variations de teintes sur ses longues feuilles pennées et ses jeunes rameaux. Dès cette première année suivant sa plantation, il a pris de l’étoffe et n’a pas bronché face aux aléas climatiques. Si le feuillage d’automne fait sa réputation, les jeunes pousses du printemps sont elles aussi splendides. Comme il déteste les transplantations, il faut seulement prendre garde à bien choisir son emplacement (un conseil de Vincent Grellier).

jeudi 13 novembre 2008

Au vent mauvais

Le jardin a roussi, au sens propre du terme. Tout s’est précipité en quelques jours : les brutales rafales de vent ont grillé et arraché la plupart des feuillages qu’on remarquait particulièrement lumineux cette année.
Presque seul à résister l’érable japonais (acer palmatum type), pourtant situé dans un passage à courants d’air, est intact. Je lui rends grâce. Son cousin l’érable palmatum Senkaki (au feuillage d’automne doré de toute beauté) lui s’est totalement dépouillé ; heureusement le corail de ses jeunes branches, très visible en hiver, me consolera vite.Les fleurs séchées de l'Hydrangea quercifolia Snowflake, couleur cannelle.
Certes il subsiste encore parmi les verts persistants des teintes subtiles or, caramel, terre de sienne et d’ombre (pour ne pas dire pain brûlé) sur des arbustes et des vivaces.
Mais ce n’est plus «çà».
Les quelques fleurs délicates et claires des dernières floraisons semblent presque incongrues : les roses (ici Rush, plus pâle qu’en été, bien remontante) ou les infatigables schizostylis qui continuent à fleurir sans relâche…plus que jamais.

lundi 3 novembre 2008

Pour la Bagatelle

Pour les asters c’est la fin. Je rabats les différentes variétés au fur et à mesure qu’elles fanent afin d'éviter les semis intempestifs. (Encore que, je suis très fière depuis deux ans d’un hybride à feuillage pourpre, très costaud, apparu dans un endroit improbable….). Cela dit prenez rendez-vous l’année prochaine … à Paris et allez à Bagatelle. En contrebas du parc, à droite de l’entrée, un délicieux jardin (devant la romantique maison du jardinier) présente de longs massifs de vivaces dont une superbe bordure d’asters d’automne, bien étiquetés pour préciser les variétés. Tous des valeurs sûres. Le lieu est charmant, très cosy, en contrepoint de la célèbre institution « Roseraie de Bagatelle ». Et le parc est beau à cette saison.

vendredi 31 octobre 2008

Encore privée de caramel : le cercidiphyllum japonicum

On a beau écarquiller les narines, rien n’y fait. Ce n’est pas encore cette année que cet arbre, magnifique pour autant toute l’année, par son port et son feuillage, nous aura gratifié de son parfum. C’est tout l’un ou tout l’autre d’après ce qu’on dit. J’en ai pris mon parti d’autant que non loin de là le sublissime rosier moschata Autumnalis ne cesse d’embaumer l’air (à plusieurs mètres à la ronde) de son parfum de musc. Et cela sans interruption depuis le mois de juillet. Alors ne soyons pas trop gourmands !

vendredi 24 octobre 2008

Fleurs et fruits : le rosier Ballerina

Sa première floraison …est prodigieuse : pendant plusieurs semaines l’arbuste est entièrement couvert de fleurs. Mais ensuite il a été décevant : des bouquets çà et là sporadiques sans grande allure. Alors cette année, pour voir, je n’ai pas taillé les fleurs fanées pendant l’été. Le rosier est maintenant entièrement couvert… de fruits qu’il va garder jusqu’à l’hiver. En plus quelques branches dans les bouquets, ravissantes, tiennent longtemps. Et pour l’anecdote (on ne s’était pas concerté), Brigitte une amie jardinière en a fait, si l’on peut dire…, autant cette année sur son rosier, avec le même résultat : épatant ! L’origine du rosier Ballerina, qui porte bien ces 70 ans, est un peu mystérieuse. En tout cas il est anglais. Sans doute un semis du rosier botanique multiflora. Mais ensuite les avis divergent : selon les sources une sélection du révérend Pemberton (rosiériste amateur à ses heures, auteur de magnifiques rosiers : Pénélope et tant d’autres)…présentée par son successeur Bentall en 1937, à moins que celui-ci en soit lui-même l’auteur. Alors pour rendre à César….

jeudi 23 octobre 2008

La stipa arundinacea, le carex hachijoensis Evergold ,…et les autres

Le carex hachijoensis Evergold fin septembre
Balayé l’effet de mode. Les graminées ont fait leurs preuves. Dans des situations très diverses et des ambiances contrastées, du jardin de campagne au classique sophistiqué (outre le jardin «contemporain», of course!). C’est maintenant que les graminées apparaissent au mieux de leur forme, les miscanthus, les panicum virgatum,.. et qu’elles nous étonnent. Comme ces deux-là pour des raisons différentes. Ce carex a fleuri pour la première fois en dix ans, fin septembre. La stipa arundinacea au pied d’un jeune chêne chinois (quercus leucotriphoros)
Pour l’autre j’avais repéré la stipa arundinacea dans le parc de Lardy (calée près d’un if taillé en cône): l’hiver dernier dans le jardin un petit godet a été planté au pied d’un jeune chêne persistant. Vu l’envergure qu’elle a prise en une saison, pourra-t-elle y rester ?

mercredi 22 octobre 2008

Une plante plus docile qu'on croit : le persicaria amplexicaule

On les remarque en ce moment sur les Fêtes des Plantes. Vrai ou faux ? Les persicaria amplexicaule ne supporteraient pas d’avoir les pieds au sec. Faux à l’expérience. Ces persicaria (autrefois appelés polygonum, allez savoir...) sont vraiment résistants à partir de la seconde année, une fois installés et durables. Particulièrement celui-ci à épis blancs très gracieux (persicaria amplexicaulis alba). Certes s’il n'est jamais arrosé en plein été, les feuilles s’affaisseront et vont faner (surtout la variété Firetail à épis rouge cerise). Mais la première pluie le ragaillardit et il refleurit alors généreusement. Une plante en godet couvre rapidement plus d’un demi mètre carré. Il n’a pas besoin d’être divisé, il couvre le sol à décourager les adventices, il ne gêne pas ses voisins. Quoi de plus ? Il admet sans problème à ses pieds la présence de narcisses qui assurent en début d’année une première floraison.

mardi 14 octobre 2008

Vous prendrez du rosé ou du blanc ? …l’hydrangéa paniculata

Les hydrangéas font partie des arbustes dont l’attrait des fleurs…fanées est à prendre en compte dans la composition d’un massif. (Les abélias aussi). Les fanaisons ont parfois un charme fou, un rien nostalgique en cette saison mais qui va bien dans l’air du temps. Je ne taris pas d’éloges, vous le savez, pour plusieurs variétés d’hydrangéas japonais (h.serrata). Ne soyons pas ingrats vis-à-vis de leurs cousins des montagnes d’Asie, les h.paniculata.
L’hydrangéa paniculata Kyushu au port très naturel (rien à voir avec les mastodontes issus de nouvelles créations) garde longtemps ses inflorescences blanches et continue à fleurir tard dans la saison. Au contraire, les fleurs des cultivars Pink Diamond, Grandiflora, Burgundy Lace… d’abord blanches (comme tous les paniculata) prennent une fois fanées des tons délicatement rosés, subtils avec les anémones du Japon (Pamina) et les incontournables sédums d’automne (Autumn Joy).
En parlant d’hydrangéas, une très bonne nouvelle : Paul Dussine est de retour sur les grandes Fêtes des plantes. Un remarquable professionnel, sérieux, modeste qui ne vous fait pas de cinéma. Ses conseils sont précieux et ses plantes, à première vue discrètes, s’avèrent des espèces et variétés exceptionnelles, très bien élevées. Chapeau bas Monsieur Dussine !