vendredi 8 mai 2009

Les jardins d’Ilnacullin

Et de un, et de deux, et de trois ! Les jardins d’Ilnacullin sont l’un des trois jardins de la baie de Bantry à ne pas manquer (et de loin les plus renommés) . Ces jardins résultent du pari audacieux lancé par un passionné d’architecture et d’horticulture, Annan Bryce, en 1910. Sa veuve puis son fils poursuivirent les travaux jusqu’au legs à l’Etat irlandais dans les années 50. Le climat certes s’y prêtait, au creux le plus abrité de la baie. Et le site, une petite île de 15ha toute proche du rivage faisait rêver (l’île de Garinish, en gaélique l’île voisine). N’empêche ! C’était «un caillou» comme en témoignent les photos de l’époque. Les travaux furent dantesques. Aujourd’hui c’est une île jardin avec d’immenses arbres et arbustes ornementaux directement importés d’Orient et de l’hémisphère sud. Qu’on ne s’y trompe pas : le jardin est très structuré. Axes et perspectives, déclivités du terrain, la roche qui affleure de place en place, tout souligne le paysage : un jardin dessiné par Harold Peto, architecte et jardinier-paysagiste, (auteur de jardins classiques "à l’italienne"... en Grande-Bretagne…et dans le sud de la France), complice de Annan Bryce. Ces créateurs étaient certainement très sensibles à l’originalité des floraisons et à la couleur. Elles s’y succèdent de mois en mois dans toutes les parties des jardins. Les végétaux ont atteint avec l’âge des proportions fantastiques : on peut y admirer comme nulle part ailleurs des plantes introduites depuis dans nos jardins. Les jardins d’Ilnacullin sont ouverts tous les jours du 1er mars au 31 octobre. Un bateau vous y conduit en quelques minutes depuis le village de Glengarriff (un attrait de plus à la balade).

mercredi 6 mai 2009

Bamboo Park à Glengarriff (Irlande)


Ne pas se méprendre sur le nom ni sur les chiffres superlatifs «plus de 10 variétés de palmiers, de fougères, et 30…de bambous» (ou se laisser rebuter par le portail japonisant à l’entrée) qui en feraient reculer plus d’un. Bamboo Park est un lieu magique. Sans nul doute le Douanier Rousseau l’aurait aimé. Sur la côte sud-ouest de l’Irlande, au fond de la baie de Glengarriff, un couple de français a réinvesti une maison à la varangue créole et ouvre depuis 2000 la visite de son très grand jardin. En quelques pas, Bamboo Park projette ses visiteurs sous les tropiques loin des montagnes arides et rocheuses de cette région côtière. L’accueil est chaleureux, attentif (et en français, of course !). L’exubérance des végétaux de l’ «Old Garden» et du parc masque d’abord les vues sur la mer que l’on devine proche. Les allées y conduisent doucement en passant le long de la maison. L’on est même prié de les emprunter et de s’approcher : un petit panneau rappelle que les abords de la maison ne sont pas privés ! (une exception…). C’est un enchantement. Le lieu conserve les traces du premier jardin de Lady Ardilaun planté au début du 20ème siècle et conserve parmi les grandes plantes exotiques de fantastiques rhododendrons. Des sentiers longent la côte et la promenade s’y prolonge jusqu’à des promontoires. De là l’on peut à sa guise rester face à la mer et profiter des vues superbes sur la fameuse baie…

dimanche 3 mai 2009

Un jeu de briques pour aromatiques

Les plantes aromatiques se comportent certaines en «herbes folles». Voici une idée simple pour les tenir à l’œil et les contenir raisonnablement (vue dans le Potager de St-Jean de Beauregard). Ce jeu de briques est somme toute facile à mettre en œuvre, simplement posées à plat sur le sol ou par-dessus des barrières enfoncées en terre à la verticale (anti bambous par exemple ou planches de bois imputrescible) pour éviter le débordement des racines (ah ! les menthes….)

vendredi 1 mai 2009

L’Italie sous le ciel irlandais : Bantry House gardens

Une ballade irlandaise réserve bien des surprises. Dont celle-ci: la visite des jardins de Bantry Bay House, manifestement inspirés par les jardins italiens. Après une longue période d’abandon, ces jardins et l’immense maison (que l’on visite aussi) ont été restaurés ces dernières années par une famille qui a relevé le défi. Comme toujours en Irlande, l’implantation de la maison et des jardins avait été choisie avec le plus grand soin. Avant de les créer au fond de la baie de Bantry leur créateur avait beaucoup voyagé en Europe. L’unité du lieu, des matériaux, du style est évidente. Vers l’est les jardins s’élèvent en 7 terrasses. Au sommet l’on admire la magnifique Bantry Bay. Au sud le jardin se prolonge dans une prairie par-delà la balustrade. Et la façade principale fait face à la mer. Le charme opère…on peut même prendre le thé sur la terrasse abritée de la maison.

dimanche 26 avril 2009

Un peu, beaucoup, à la folie….

C’est presque de la folie (à l’achat…) que ces hellébores orientales, les doubles surtout. Mais un pied forme à lui seul (en deux à trois ans) un bouquet tellement élégant qu’il est difficile de résister. Les hellébores varient à l’infini. Les h. hybrides blanches peuvent sembler crème ou jaune pâle selon la lumière. Les hellébores orientales doubles, robustes et florifères, deviennent vertes une fois fanées et restent belles très longtemps… Le mérite d'avoir fait découvrir en France ces sublimes hellébores revient à Martine Lemonnier du Jardin de Bellevue en Normandie. D’autres ont depuis suivi ses traces… Le très joli site internet www.jardindebellevue.com reste une mine d’informations sur cette vivace «haute couture» (avec de magnifiques photos du jardin de Bellevue au fil des saisons, ouvert toute l’année). L’ouvrage très complet de Thierry Delabroye «Hellébores et autres fleurs d’hiver» dans la remarquable petite collection «Comment les choisir et les cultiver facilement» (éditions Ulmer) permet aussi de bien les connaître et de rester raisonnable !

jeudi 23 avril 2009

Et un panaché, un !

Le géranium phaeum «Spring Time» est un petit nouveau qui promet. Il ferait honneur aux centaines de variétés de géraniums vivaces que Colette Ste-Beuve a rassemblés (il y a 30 ans… alors que cette famille était totalement inconnue en France. Rien à voir avec les pélargoniums !) dans sa magnifique pépinière de Castillon en Normandie. Elle en propose toujours les meilleurs, enthousiaste et intarissable sur ces plantes robustes et vigoureuses, couvre sols ou plantes de massifs, d’ombre ou de lumière. Quant à celui-ci je l’ai testé sur les conseils de Dominique Voisin, bien que je ne sois pas «fan» a priori des feuillages panachés. Seulement l’année dernière je soulignais mon goût pour le g.phaeum, très à l’aise dans un jardin naturel, sous les arbustes à mi-ombre ou à l’ombre, insensible à la sécheresse. Ce géranium phaeum «Spring Time» comme ses cousins a démarré très tôt en saison sans broncher devant les températures frisquettes. Le petit godet planté a prospéré en large touffe dès la première année. Et j’avoue que la délicatesse du dessin et du rapport de tons de sa panachure, entre des feuillages pourpres et sombres, me fait craquer! Pour tout découvrir des Géraniums vivaces, un livre référence, traduit de l’allemand: «Géraniums vivaces pour le jardin» de Coen Jansen. Ed. Ulmer. 1998

mardi 21 avril 2009

De l’énergie envers et contre tout

Le grand âge (probable) et l’énergie vitale de cette grande fougère dépliant ses crosses malgré tout, sur ce talus aride et ensoleillé, m’ont touchés. L’eau pourtant proche en contrebas lui parait inaccessible. Par capillarité sans doute cette fougère arrive à trouver de la fraîcheur. Pour l’heure toutes ces petites crosses évoqueraient presque une partition musicale…

lundi 20 avril 2009

Des galets pour étiquettes

Que voilà une idée simple et jolie. Galets de mer ou de rivière (à prélever avec modération) loin des accessoires «too much» et ostentatoires ou au contraire basiques et standard. Il suffira de les poser au creux des végétaux, soigneusement écrits au marqueur indélébile (je recommande les feutres peinture de Botanique éditions : en blanc, noir ou gris à reflet légèrement métallique et en trois épaisseurs de trait au choix. Qui dit mieux ? site). Vous trouverez aussi sur leur catalogue un choix incomparable …d’étiquettes justement, en complément. Ne faites pas la même erreur que moi : utiliser à l’extérieur un feutre craie (acheté à la hâte en magasin) et vite délavé, avec en perspective d’avoir à tout recommencer !

vendredi 17 avril 2009

Séducteurs les producteurs…

Ils savent nous séduire, ces producteurs spécialisés et passionnés de plantes…Avez-vous remarqué combien certains savent mettre en valeur leur production lors des Fêtes des Plantes ? Selon les stands le charme des associations, le soin de l’étiquetage, le bon état de végétaux bien enracinés, le sourire de l’interlocuteur et le goût du contact…font la différence. J’ai remarqué à St-Jean de Beauregard entre autres cette association simple et très chic placée «en vitrine» devant un stand : la gracieuse petite hellébore blanche entre l’ophiopogon noir et le carex Bronze Form. De quoi attirer les regards…

mardi 14 avril 2009

Un classique à la grande classe : l’osmanthus burckwoodii

Ce grand arbuste (3m x2,50m avec l’âge) plus résistant au froid que son parent (le o.delavayi originaire du Yunnan en Chine) était recommandé entre tous les osmanthus par Jelena de Belder, l’éminente spécialiste des arbres et arbustes (connue pour la création de nombreux cultivars et son célèbre arboretum de Kalmthout en Belgique). L’osmanthus burkwoodii, hybride obtenu en Grande-Bretagne par un «confrère», Monsieur Burkwood, avant les années 1930 se remarque par ses petites feuilles persistantes et sa jolie floraison blanche de début de printemps. Compact et se taillant facilement (juste après la floraison), il peut prendre une allure de topiaire. D’ailleurs il ne faut pas hésiter à le remettre en forme car il prendrait facilement sinon un port désordonné. Mais c’est pour son parfum que je le préfère: il embaume quelle que soit l’heure du jour (et de la nuit) et la température, même par temps froid. Un parfum puissant de jacinthe qui remplit l’air plusieurs mètres à la ronde. Planté ici au nord à l’ombre portée de la maison et en sol légèrement acide, il se plait aussi en sol calcaire et au soleil. Jelena de Belder écrivait : «Si l’on devait choisir un arbuste toujours vert rustique, ce serait sans doute (celui-là)».

samedi 11 avril 2009

C’est la saison du blanc

Quel arbuste annoncerait mieux que la spirée x cinerea Grefsheim «la saison du blanc ?» Proche d’un lointain cousin la s.x arguta, il s’en distingue par sa taille un peu moins élevée (1,50m à 1,70m) et son feuillage pointu, gracile, vert tendre au printemps (virant au jaune beurre en octobre, superbe parmi les couleurs d’automne). En ce début avril l’arbuste n’est qu’une gerbe légère, avec sa spectaculaire floraison en cascade. Les fleurs blanc pur se marient avec la floraison simultanée des fruitiers à fleurs blanches, poiriers, pruniers (ou d’autres arbustes d’ornement, comme l’exochorda racemosa). Il fleurira mieux au soleil. Tout sol lui convient et il résiste au froid…D’ailleurs c’est un hybride apparu en Norvège dans la pépinière Grefsheim, commercialisé dès 1954. « Une valeur sûre » donc...

vendredi 10 avril 2009

Partie de campagne à St-Jean de Beauregard

Le beau temps était de la partie : alors très nombreux sont ceux venus à la Fête des Plantes non seulement avec de grands cabas ou un chariot à roulettes mais avec un bon pique nique, bien décidés à en profiter et y passer la journée.

Le Potager était un refuge de calme et de repos loin de la fébrilité, de la foule…et de la ferveur ambiantes. C’est là qu’il faisait bon faire une pause. Les planches du potager sont maintenant prêtes à la culture. Les narcisses blancs, les narcisses jaunes, les hellébores rythment les platebandes et mettent les premières touches de couleurs. En cette saison, on peut mieux apprécier, par transparence, la structure générale.

lundi 6 avril 2009

Pour conclure (provisoirement) avec le jaune…et avec le bergénia

A l’inverse d’une longue bordure monotone ou d’un large couvre-sol, un seul pied de bergénia «cale» un groupe de narcisses trompette. Pour éviter les chocs de couleurs, les fleurs rose du bergénia ont été coupées (à moins que ici comme ailleurs il se soit refusé à fleurir…dans ce cas tant mieux !) Le contraste des formes de feuillages est réussi. Lorsque les feuilles des narcisses jauniront elles seront masquées au devant par celles du bergénia. Un peu plus loin dans la bordure c’est un hellébore blanc virant au vert tendre qui temporise le jaune rutilant du même narcisse…

dimanche 5 avril 2009

Crocus, narcisses, tulipes...des bulbes à tous les étages

On conseille souvent de superposer dans de grandes potées plusieurs couches de bulbes. Je les ai toujours "ratées" mais au jardin, çà marche! Planter serré plusieurs "générations " de bulbes entre les vivaces (et des semis spontanés de corydalis cheiranthifolia) permet de prolonger pendant des semaines et des semaines la gaieté de cette scène. Depuis le début de février je ne m'en lasse pas. Maintenant les tulipes Purissima se mettent au diapason des floraisons blanches des arbustes et temporisent le jaune doré du corydalis. Au premier rayon de soleil les tulipes ouvrent leurs corolles et font voir une pointe de jaune au coeur. Elles se referment au premier nuage. Epatantes!

samedi 4 avril 2009

Emouvantes violettes d’où qu’elles viennent…

Autant les pensées peuvent être décevantes alors qu’elles sont sensées égayer l’hiver (rapidement déchiquetées par le froid et les limaces, mises en lambeaux, pitoyables..et vite arrachées), autant les violettes semées par le vent sont émouvantes, se fixant d’elles même au coin d’une boule de buis ou juste au pied d’un hydrangéa paniculata. Je les préserve soigneusement du désherbage : elles ne rentrent jamais en concurrence. Que ce soit un simple semis sauvage de viola tricolor, ou bien une microscopique violette blanche totalement inconnue ou encore celle-ci, une américaine, la viola sororia Freckles, originaire d’Amérique du Nord, du Québec au Wioming. Apparue au jardin par l’intermédiaire d’un godet d’une tout autre vivace, elle se ressème généreusement et s’étale facilement à mi-ombre lorsqu’on la laisse prospérer. Le moucheté blanc et bleu un peu curieux, pas toujours facile à accorder, sera peut-être plus commode dans un jardin monochrome.

jeudi 2 avril 2009

La grâce des epimediums

L’ouvrage de Roger Philips et Martin Ryx «Vivaces» leur consacre trois doubles pages. Et pour cause. Il y en a tant d’intéressants, persistants ou caducs. Des epimediums originaires de l’Italie du Nord et de l’Autriche, du Sichuan en Chine, de Turquie et de Géorgie, d’Algérie, du Caucase. Sans compter les superbes hybrides apparus dans des jardins (anglais pour la plupart). Tous les epimediums sauf exceptions deviennent plus beaux chaque année et prospèrent sans rien exiger. Les exceptions ? A l’expérience l’e.leptorrhizum n’apprécie pas du tout les sols secs et le petit e.x youngianum parait plus lent à s’installer. A l’inverse de cet epimedium grandiflorum Lilafee, en principe caduc. En réalité une fois installé (deux à trois ans) les feuilles qui ont tourné au brun pourpre pendant l’hiver persistent jusqu’à l’apparition du jeune feuillage de couleur bronze. Et je craque sur ses «fleurs des elfes» dansant avec grâce à la moindre brise (cf 8 avril dernier). «Vivaces»:Un ouvrage de référence en 2 volumes inégalé. Printemps et début d’été. Fin d’été et automne. Traduit et publié par la MaisonRustique en 1992, à rechercher chez les bouquinistes.

lundi 30 mars 2009

Osez, osez, j’ose….

L’abricotier ! Et pourtant… Ce fruitier synonyme de gourmandise a tellement de qualités. Il supporte très bien le froid (autrefois on le cultivait en Lorraine, en Alsace, dans le Massif Central). Comme il est autofertile un seul arbre donne abondamment des fruits. En principe. A condition de ne pas être victime d’un gel printanier, justement lorsque ses fruits sont en train de se former. J’ai pris le risque de choisir un demi-tige (d’une variété ancienne régionale «Précoce de Saumur») planté ici plein sud à l’angle de deux murs. Mieux aurait valu pour la régularité de la cueillette une variété plus récente et une forme en gobelet (ou un éventail palissé) moins sensibles au froid. Tant pis. C’est un tel délice de croquer l’abricot mûri sur l’arbre, parfumé et juteux, dodu et tout doré. Même s’il n’y en avait qu’un, je crois que je retenterais l’expérience ! Est-ce le froid de cet hiver ? L’abricotier n’a jamais été si fleuri. J’ai bon espoir d’une récolte abondante l’été prochain à moins que… la gelée blanche de ce matin…

mardi 24 mars 2009

Oui aux grandes euphorbes, à condition de les rajeunir

Les jardiniers anglais en raffolent et l’on rêve presque tous de ces grandes euphorbes. Elles sont vraiment spectaculaires au jardin. Mais serai-je iconoclaste en affirmant qu’à mon sens elles vieillissent plutôt mal ? Les euphorbes characias, characias wulfenii, les x martinii… forment pendant quelques années des massifs somptueux, compacts, qui remplaceraient des topiaires. Ensuite? C’est tout l’un ou tout l’autre : certaines dégénèrent, perdent du volume et de la hauteur à devenir malingres. D’autres au contraire à force de prospérer étirent leurs tiges inconsidérément et finissent par s’effondrer; leurs inflorescences rabougries ne sont plus que pâles imitations. J’en connais aussi (une variété relativement nouvelle au feuillage pourpre) qui revient à ses origines. Des tiges claires, bien vertes, incongrues, apparaissent au milieu de la touffe pourpre. Faut-il pour autant se passer des grandes euphorbes ? Le mieux est peut-être d’intervenir assez tôt sans état d’âme et les diviser dès le premier signe de faiblesse. Un pauvre éclat d’une e.characias récupéré «à tout hasard» dans une Bourse aux plantes est devenu ainsi en deux ans une belle touffe jusqu'à ce que…etc…En 2009 je vais tout enlever, diviser …et recommencer !

dimanche 22 mars 2009

L’étrange mais sage euphorbe myrsinites

Coriaces les vigoureuses petites euphorbes ne semblent pas connaître un destin aussi aléatoire que leurs grandes sœurs. Pourtant je ne recommanderai à personne d’installer dans son jardin l’euphorbe cyparissias (quelle que soit la variété…). Le commentaire de J.P Cordier (« Le Guide des Plantes vivaces ». éditions Horticolor, un bon ouvrage de base périodiquement réédité) est un doux euphémisme…L’euphorbe cyparissias est capable de s’infiltrer partout et de tout envahir. Il est difficile de la contenir et l’on finit par l’arracher à pleines mains pour s’en débarrasser (ce qui est loin d’être suffisant …ses fines racines souterraines sont quasi invisibles et cassent facilement). L’euphorbe myrsinites n’a pas ces défauts. Une simple bouture offerte par Gertrud l’été dernier a passé l’hiver sans broncher, plantée en lisière d’un néflier du Japon. Originaire de Corse cette plante tapissante au feuillage charnu très bleuté apprécie de rester sagement au sec, en situation chaude et ensoleillée. Apparemment l’absence de calcaire ne lui semble pas dommageable. Nous verrons : pour le moment j’observe avec émotion la floraison première de cette toute petite bouture…

samedi 21 mars 2009

Le corylopsis pauciflora généreux et fidèle malgré tout

Il a donné le ton, dès février, les boutons laissant voir ce délicat jaune primevère. Imperturbable le corylopsis pauciflora fleurit en fin d’hiver pendant plusieurs semaines. Planté dans un lieu plutôt ombreux, adossé à la façade nord de la maison il ne reçoit jamais de soleil direct (mais il est ainsi protégé des gelées : c’est pourquoi il fleurit autant). Il se plait ici: le sol est acide. Cet arbuste au prime abord discret se révèle d’une grande personnalité : avec l’âge son port a pris une allure de plus en plus graphique, étalant ses fines et nombreuses branches à l’horizontale. Un peu comme la viorne mariesii ou les hamamélis mais en plus léger. Il devient plus large que haut (1,70m de hauteur sur 3,00m de large en douze ans). Son feuillage apparait dès la fin de la floraison, un ravissant petit feuillage de noisetier, vert très clair qu’il gardera toute la belle saison…jusqu’à ce qu’il vire entièrement au jaune beurre (encore un joli jaune). Le corylopsis pauciflora est un arbuste des montagnes de Taïwan. Je l’ai découvert par Jelena de Belder, à réserver d’après son expérience aux climats doux.

jeudi 19 mars 2009

Les érodiums et pour commencer l’érodium pélargonium

Le temps pluvieux de l’année passée leur a profité : c’est un comble pour des plantes de sols secs ! (ils sont originaires des sols rocailleux ou sablonneux d’Anatolie). Tous les érodiums plantés en pleine lumière ont largement prospéré. Le froid pourtant vif et à répétition cet hiver ne les a pas atteint et comme leur feuillage persistant est solide, ils ont déjà fière allure. Celui-ci est en fleurs ! Il le sera longtemps par vagues jusqu’en octobre. Les érodiums se plaisent au soleil et à mi ombre et ne demandent aucun soin hormis supprimer les feuilles jaunies (rares…) et les fleurs fanées avant la mise en fruits pour prolonger la floraison. Je n’ai jamais vu ces fruits, en forme de « bec de grue » (ou de héron… d’où vient leur nom). On plante ces coussinets tous les 25 cms. La première année, je les ai changé de place. Ensuite avec leur racine pivotante mieux vaut les laisser en place. La Pépinière de la Roche Saint-Louis (qui les présente maintenant sur son joli site internet ) en commercialise d’excellentes variétés.

mardi 17 mars 2009

Bande de narcisses !

Ce ne sont que deux groupes de narcisses sagement rangés en bandes dans un «futur» potager au fond du jardin. (Je les ai plantés comme çà pour les bouquets il y a bien longtemps). Plus tard dans la saison, lorsque les feuillages des narcisses seront jaunis et desséchés, le tout disparaitra par un seul passage de tondeuse. N’empêche… Geneviève, Marie, Maurice… amis et voisins attendons chaque année la floraison de ces narcisses qui nous mettent tous en joie. Ils sont la gaieté du jardin pendant plusieurs semaines, les différentes variétés se succédant à tour de rôle. Le terrain frais leur convient bien. Par manque de temps je ne prends jamais la peine de les diviser. L’espace laissé libre entre deux «planches» leur permet quand même de se développer.

dimanche 15 mars 2009

Pour ou contre les bergénias ?

Contrairement à l’opinion commune (une vivace résistante, pas difficile, prolifique…), le bergénia serait-il capricieux ? Il reste pour moi imprévisible. Entre le classique bergénia cordifolia dont trois godets ont rapidement colonisé et garni une bordure de plusieurs mètres (dans un jardin du Sud-Ouest) et le bergénia hybride Silberlicht qui végète ici et refuse de fleurir (quelle que soit sa situation : je l’ai changé de place quatre fois) qu’en penser ? Pourtant celui-ci à fleurs blanches ne peut que séduire. Le pied a deux ans : il fallait juste patienter et le laisser s’installer. Planté en bordure du dallage, je peux facilement admirer la délicatesse de ses fleurs. Est-ce un Bressingham White ? (je ne retrouve pas l’étiquette, enfoncée en terre). Il reste compact et s’allie avec d’autres vivaces. Son feuillage persistant épais et rond contraste avec ceux fins et élancés des érodiums à feuillage vert.

dimanche 8 mars 2009

A nos agendas (pour les fêtes de printemps !)

Et d’abord St-Jean-de-Beauregard à quelque encablure de Paris qui fête le printemps le premier week-end d’avril (vendredi 3, samedi 4 et dimanche 5 avril). On ira pour la Fête des Plantes vivaces mais aller à St-Jean c’est faire «coup double». Car on ne peut se lasser de s’émerveiller et passer du temps en marge de la fête dans l’extraordinaire Potager. En gardant la tête haute, non penchée sur les plantes (encore que, chacune est choisie avec le plus grand soin…). Tout est leçon magistrale : le dessin des allées et des platebandes à la fois classique et inventif, les jeux des axes et perspectives qui changent à chaque pas (le Potager étant cerné de murs on croirait pouvoir tout embrasser au premier regard, c’est une erreur…), les harmonies de couleurs en symétrie ou fantaisie, selon le point de vue (avec des accords sublimes à l’apogée en septembre). A chacun de le découvrir en étant fin observateur.
Car la créatrice de ce merveilleux jardin est pudique et réservée.… Les artistes et les poètes ne s’y trompent pas : on croise aisément dans les allées photographe, peintre ou dessinateur. Ce jardin sera aussi apprécié des plus exigeants. Il est tenu « au bouton », avec l’aide d’un jardinier fantastique et de quelques bénévoles enthousiastes qui se sont spontanément proposés. Le Potager de St-Jean de Beauregard donne du bonheur. Et comme en même temps on peut y faire la Fête !Les photos: Derniers jours de février au Potager de St-Jean de Beauregard

La Fête de printemps de St-Jean de Beauregard

Elle arrive bientôt, trop tôt pour en parler. Alors parlons de celle de l’automne 2008. Le cadre d’abord des Fêtes de St-Jean de Beauregard, magnifique, avec des ambiances différentes qui renouvèlent le plaisir : de part et d’autre de la longue allée, dans la cour pavée des communs, à l’intérieur des grandes et petites écuries, sur les bords de l’étang, face au château …vers le Potager. Beaucoup, beaucoup de charme donc. La qualité des exposants, une évidence, faut-il en parler ? Ces fêtes «parisiennes» (Courson et St-Jean de Beauregard) sont l’occasion d’approcher des professionnels d’autres régions plus lointaines, françaises ou européennes. Elles ont été pour beaucoup dans l’évolution du jardinage en France ces trois décennies, relayées par la presse magazine spécialisée (ah ! «Mon jardin et ma maison» ou «L’Ami des Jardins» source des connaissances de bien des débutants, dont je faisais partie). D’ailleurs St-Jean de Beauregard fête cette année ses 25 ans ! Leurs créateurs ont été des pionniers qu’il faut saluer. Sans eux, y aurait-il aujourd’hui ces innombrables fêtes des plantes associatives, privées ou communales qui diffusent dans toutes les régions de France « la bonne parole » ? Enfin ces Fêtes des plantes contribuent à entretenir et faire perdurer de merveilleux jardins. Pour toutes ces (bonnes) raisons nous irons fêter l’arrivée du printemps à St-Jean.

samedi 7 mars 2009

H comme hellébore orientale

Les hellébores orientales commencent à fleurir depuis deux semaines. Les tiges sont particulièrement hautes et les fleurs grandes cette année…Est-ce le froid mordant qui leur a réussi ? Ou tout simplement en prenant de l’âge les touffes deviennent-elles plus vigoureuses ? Sûrement. A propos d’hellébores faut-il ou non couper les anciennes feuilles avant la floraison ? Cette année j’ai suivi les conseils (toujours pertinents) du journaliste Didier Willery : couper à ras du sol seulement les feuilles abîmées par la maladie des taches noires. Cette maladie plus fréquente en humidité ambiante (selon l’abondance des pluies d’automne) n’est pas très dangereuse pour la plante mais nuit vraiment à son aspect. Par contre les feuilles saines protègent la souche et les boutons de fleurs contre le gel…et la pluie ! Comme quoi décidemment en jardinage il n’y a jamais de traitement radical. Toujours intervenir après réflexion, fermement mais en douceur.

mercredi 4 mars 2009

H comme hémérocalle

On choisit généralement ses variétés d’hémérocalles d’après une photo, la fleur en gros plan. Parmi les kyrielles d’espèces et de variétés (dont d’innombrables hybrides américaines) il y en a pour tous les goûts: des (très) sophistiquées en forme d’étoile frisottée ou des plus simples en trompette, proches des lys, que je préfère. Plusieurs sont remontantes : elles ont fleuri cette année jusqu’à la fin d’automne. D’autres sont délicatement parfumées (entre autres Hemerocallis lilioasphodelus au puissant parfum d’oranger…ou «Citrina», une bonne variété ancienne qui dégage le soir un parfum de citron ! ). Au Japon ce sont les boutons d’hémérocalles qu’on aime dans la cuisine sautés ou en beignets. Pourtant la première des qualités de cette vivace est d’annoncer le printemps par son feuillage très précoce, très clair qui se remarque dans les platebandes encore quasi vides ou desséchées. L’hémérocalle est fidèle et robuste à condition de la planter au soleil (ne pas hésiter à la déplacer lorsqu’un arbuste grandissant lui fait de l’ombre) et de garder son pied au frais par un bon paillis. Elle se plante toute l’année, se divise sans souci, reste indemne de maladie, fleurit généreusement avec une poignée d’engrais organique chaque saison. Pour que la plante fleurisse longtemps couper avec l’ongle avant la montée en graines les fleurs fanées : chacune dure un jour…dit-on. Mais passer une à deux fois par semaine suffira !

lundi 2 mars 2009

H comme hérisson !

Narcisse Tête à tête et crocus gargaricus entre des semis de corydalis cheiranthifolia
En prenant des photos «en jaune» j’observai juste derrière un monticule... Le temps manquant à l’automne les feuilles mortes tombées sur la pelouse avaient été à la va vite ratissées et déposées sur les platebandes. Sans doute en avais-je lancé un gros tas, comme çà, vers le fond entre des vivaces. Pas fière, je me reprochai ma négligence. Alors comme c’est justement le moment de tailler les longues tiges fanées de ces vivaces (laissées en place jusqu’à présent, elles protégeaient les souches du froid, et cette année ont été bien utiles) je commençai à dégager ces feuilles à la main. Surprise ! un hérisson dort là, tout simplement entre les épimediums. Il aurait pu choisir un des nombreux abris possibles (tas de bois, ancienne remise des jardiniers…) mais non. J’ai tout remis en place et me suis éloignée.