dimanche 25 mars 2018

Les ennemies de mes amies sont....(mes ennemies).

 "Il n'y a pas de mauvaises plantes, il n'y a que de mauvais usages". La remarque est très juste, à l'expérience on adhère. Oui mais. Quand certaines spontanées s'installent et prennent le dessus j'en viens à les honnir et les supprimer (si je peux...).

Le lierre :
Non lorsqu'il part à l'assaut des arbres (encore que je ne le laisse pas faire partout, ni sur les pommiers, les chênes ou les pins proches de la maison, ...tout dépend). Ce n'est pas tout blanc ou tout noir. Mais lorsque laissé à lui-même pendant des années le lierre a tissé un tapis serré rampant sur le sol, asséchant la terre au pied des grands arbustes (rhododendrons, magnolia, noisetier...), empêchant tout semis d'autres plantes plus intéressantes d'émerger ou de prospérer (pulmonaires, anémones des bois...).
Il ne faut pas se décourager pour démêler et supprimer le tissu épais. La patience est de mise, on est ensuite récompensé. Je craignais que ce tapis de lierre se reforme rapidement sous le magnolia par lequel j'ai commencé (ah! les semis de lierre). Il n'en est rien, le magnolia liliiflora et les rhododendrons dégagés sont accompagnés dorénavant d'épimédium epstenii, de saxifrage stolonifera, d'hellébores, de géraniums phaeum Walküre qui se ressèment...Le bonheur. 
 
(Clins d'oeil) Une météo chahutée, des épisodes pluvieux  très localisés, un ciel bleu à contrepied des prévisions. La floraison du magnolia taillé "en transparence" sublime comme chaque année




La petite violette : D'abord on la trouve mignonette cette minuscule violette très présente au jardin. Lorsqu'elle se glisse au pied de jeunes vivaces, d'arbustes nouvellement plantés on laisse faire..Jusqu'au jour où on prend conscience que cette petite apparemment si fragile est en réalité d'une résistance et d'une vigueur surprenantes : le volume de son système racinaire chevelu et très dense occupe le terrain bien au-delà de la partie aérienne visible. Je suis désormais sans état d'âme dans les massifs puisqu'elle prospère partout : les chenilles de papillons qui s'en nourrissent y trouveront quand même leur compte. Un paillage épais de feuilles de chênes freine aussi les semis.
Le lierre, toujours lui, surveillé régulièrement sur le haut du talus afin d'éviter qu'il empiète et nuise au polypodium vulgare Whitley Giant (la fougère a été assez lente à s'installer)
 

dimanche 18 mars 2018

Le saxifrage stolonifera en couvre-sol

Deux ou trois rosettes étaient apparues au pied de l'hydrangea Shirahuzi un an après la transplantation de ce petit hydrangea serrata blanc (de son  nom japonais "Shiro Fuji")  depuis mon ancien jardin. L'hydrangea avait été replanté à l'ombre portée du magnolia liliiflora nigra, à la lisière de sa ramure (le système racinaire tout en surface du magnolia ne souffre pas vraiment la concurrence).
Le saxifrage a commencé par se développer au pied de l'hydrangea (bénéficiant peut-être de son arrosage régulier l'été par temps très sec).
Jusque-là en terrain plutôt argileux, le saxifrage stolonifera avait vécu "des hauts et des bas", disparaissant puis réapparaissant à l'emplacement de son godet d'origine sans prospérer (stolonifera vraiment?). Alors ici sans trop y croire, je l'ai laissé faire. Bien m'en a pris. Il a commencé par "tourner autour" du pied de l'hydrangea puis à s'étirer, s'étaler vers les zones les plus à l'ombre, vers le magnolia et les hellébores orientales pourpres.
Les jeunes feuilles de l'année sortent avant que les plus anciennes ne dépérissent
Le sol très drainé est sans doute le facteur de réussite. Originaire de l'Est de l'Asie, le saxifrage stolonifera supporte le froid (zone 5 pour Cédric Basset, auteur de "Cultiver les plantes de Chine et du Japon". éd. Ulmer) alors que d'autres le recommandent seulement en climat doux (et comme plante d'intérieur). Il résiste également à la sécheresse jaunissant quand même en période de canicule. Je l'apprécie aussi pour sa floraison ravissante et très abondante en début d'été :  une nuée de fines hampes florales portant de minuscules fleurs blanc rosé, un brouillard vaporeux planant au-dessus du sol. 
Les feuilles velues sur les deux faces ne découragent pas les limaces et escargots. A bon entendeur...
Ce saxifrage stolonifera forme dorénavant un couvre-sol de plusieurs m2 décourageant toute adventice sans nuire aux hellébores ni au geranium phaeum Walküre qui se sont ressemés. Je supprime simplement en les pinçant avec les ongles les feuilles du saxifrage au pied des vivaces pour que celles-ci puissent croître ensuite librement.
 Il est facile de multiplier le saxifrage stolonifera en détachant de jeunes rosettes et je le teste plus loin. A mon expérience elles prennent le temps de se fortifier avant de "stoloniférer".
De fines veines argentées côté face et un revers pourpre

mardi 13 mars 2018

Ad Vita(m) aeternam reconnaissante

Le Journal de jardin de Vita Sackville-West, créatrice avec son mari Harold Nicolson du plus célèbre jardin d'Angleterre, Sissinghurst Castle Garden dans le Kent vient d'être traduit en français.
Un recueil de notes et d'articles sans doute tirés de la chronique hebdomadaire tenue après la guerre dans The Observer " In Your Garden". En 1948 elle fut aussi membre fondateur du comité des jardins du National Trust (institution aujourd'hui gestionnaire de Sissinghurst, juste retour des choses).

Ce recueil a été édité en 1989 près de trente ans après sa mort. Quelle heureuse initiative des éditions Klincksieck de l'avoir traduit dans leur collection De Natura Rerum consacrée à la nature.
Vita Sackville-West. Journal de mon jardin. De Natura Rerum. Klincksieck. 2017
 La lecture du Journal sous forme de billets qui se succédent par saisons et par mois a tout pour mettre en joie. Les thèmes se suivent au fil de sa pensée. On comprend à travers les lignes que ses débuts au jardin furent d'abord livresques mais que faisant fi des conventions elle eut un regard neuf sur les choix et l'usage des plantes,- des plus communes aux plus rares -, sur les couleurs et leurs associations (si extraordinaires dans le jardin jusqu'à aujourd'hui). 

Un certain bon sens et sa propre expérience la guident. Les fleurs, les bouquets tout au long de l'année sont importants pour elle. Sa curiosité, son inventivité...comme son sens de l'économie, (attentive aux cordons de la bourse pour développer un jardin sans se ruiner), parcourent l'ouvrage.  Elle répond avec attention et réflexion aux demandes de ses lecteurs. 

On reconnait avec émotion en lisant ces billets des plantes auxquelles on est soi-même si sensible. Et loin d'un pensum, le journal de Vita Sackville-West est irrigué d'un humour parfois féroce, typiquement british (?). J'ai éclaté de rire à plusieurs reprises au fil des chapitres. Il met en joie vous dis-je lorsque les brutales averses de mars nous écartent du jardin. 

samedi 10 mars 2018

Le trop rare rhododendron moupinense

Par hasard, en feuilletant les premières pages d'un ouvrage très documenté sur les arbustes de Roger Phyllis et Martin Rys.  édité par La Maison Rustique en 1990 - op.cité.cf.article 10 mai 2007-) concernant les floraisons hivernales, j'ai pu identifier un rhododendron en place dans le jardin bien avant moi, le rhododendron moupinense. Je l'ai évoqué dans un article récent (dimanche 25 février). Il forme un buisson rond compact et pourtant léger, pas très haut (1,20m-1,50m), aux branches basses quasi rampantes en couvre-sol (ici tout au moins). Les feuilles ovales aux bords ciliés relativement petites allègent sa silhouette. La floraison précoce est ravissante et prodigue sans excès. Les boutons d'un rose lumineux s'ouvrent en campanules d'un blanc pur avec des étamines colorées quasi ton sur ton.
 Largement méconnu et peu documenté, apparemment rarement cultivé, c'est une espèce à redécouvrir. Il est parent de plusieurs hybrides fleurissant tôt, eux bien connus comme le rhododendron Cilpinense  (ciliatum (s) x moupinense) aux fleurs plus grosses et à mon goût moins élégant.

Le rhododendron moupinense dans son milieu d'origine est un rhododendron épiphyte poussant contre les souches de vieux arbres, les arbres morts couchés, quelquefois des falaises ou des rochers.  Il a été nommé et décrit au Muséum d'Histoire Naturelle de Paris à partir des espèces collectées en Chine en 1869 par le formidable missionnaire botaniste français Armand David  (ah! combien lui doit-on, tant de plantes aujourd'hui présentes dans nos jardins portent son nom).

Mais c'est l'infatigable et passionné botaniste britannique Ernest Henry Wilson qui l'introduira de Chine en 1909 lors de sa première expédition commandée par The Arnold Arboretum of  Harvard University (US).  L'espèce séduira aussitôt et la RHS la dotera 4 ans seulement après d'un Award of Merit.
 Le gel récent a roussi des pétales extérieurs prêts à s'ouvrir sans détruire les boutons à fleurs. La floraison n'aura pas à en souffrir.
La vie d'Ernest Henry Wilson qui parcourut les territoires d'Asie lors de pas moins 7 expéditions est un roman d'aventures. Quant au spécimen de rhododendron moupinense qui fut planté un jour dans ce jardin, par qui et comment restera un mystère...

jeudi 8 mars 2018

Limaces, pucerons...vous n'allez pas attendre...

 Le grand froid récent ne doit pas faire oublier la menace des limaces qui très tôt s'attaquent aux feuilles et jeunes pousses : une inspection rigoureuse de tout le jardin s'impose sans tarder. Il est étonnant de constater la variété des plantes auxquelles s'attaquent limaces et escargots. Les petites limaces noires qui se cachent dans le sol s'avèrent particulièrement voraces. Et comme la météo conjugue redoux avec averses et éclaircies, il vaut mieux dès maintenant prendre les mesures indispensables aux plus sensibles (comme les nouvelles pousses d'hydrangeas émergeant à peine du sol). Uniquement celles-ci, les autres "se débrouilleront" aidées par les nombreux prédateurs des gastéropodes.
 
 Un semis de pulmonaire "Majesté". Les feuilles duveteuses des pulmonaires ne rebutent pas ces voraces. J'ai constaté cet hiver que d'autres en ont fait les frais au moindre redoux comme la consoude "Hidcote Blue"...

Chacun a sa pratique afin d'en réduire les dégâts. Pour ma part je cumule des "recettes" classiques : la couronne de cendres de bois pour faire barrage - mais c'est très laid  jusqu'à ce que la pluie ait assombri le gris cendré et alors lessivée... la cendre est moins efficace -. Donc j'avoue, j'emploie çà et là le phosphate ferrique en granulés, exclusivement cette formule chimique - mais est-on certain qu'il est inoffensif aux hérissons, oiseaux ...? - et ce bleu improbable est aussi vilain. Les granulés sont disposés sous des abris, coquilles, "tuiles"d'écorces de pin bombées, cailloux, pour les protéger un temps de la pluie...et de la vue.
Même les feuilles coriaces des épimédiums n'en sont pas totalement indemnes mais le feuillage est tellement abondant...et sera de toute manière éclairci au démarrage de la floraison.
Parmi les (nombreux) travaux de ce mois de mars, je compte aussi planter une gousse d'ail au pied de chaque rosier déplacé l'année dernière, ayant oublié de le faire. Un conseil répété de jardiniers expérimentés (Jean-Luc Sacquet, Jean-Pierre Coffe....)  dont les bénéfices contre les pucerons ont été probants dans mon ancien jardin.  

dimanche 25 février 2018

C'est le "petit printemps" (?)

Plusieurs signes étaient tangibles depuis une dizaine de jours, avant-coureurs du printemps en dépit des pluies à répétition : le "petit printemps" attendu à la mi-février était bien là. Des jours nettement plus longs, chants d'oiseaux à tue-tête, bulbes de printemps pointant hors de terre, premières fleurs des primevères (justement!), des pulmonaires, celles spontanées au jardin (pulmonaria longifolia) et les hybrides introduits (pulmonaria officinalis Opal et pulmonaria saccharata Majesté). Les arbustes n'étaient pas en reste: corylopsis pauciflora, pieris japonica Forest Flame...décidément très en avance.

Les jardiniers de grands jardins visités sur le littoral de Normandie, Bretagne...(qui bénéficient d'un climat doux) fixent à ce moment le lancement des travaux de "nettoyage": coupe de tiges fanées, rafraîchissement des massifs... Le "petit printemps": l'expression est jolie mais j'hésitais à intervenir, le retour du gel ayant été annoncé.  Patienter encore? Avec le risque sempiternel d'être ensuite "débordée", de prendre beaucoup de retard dans les choses à faire? Au fond ce n'est pas si mal de s'extraire lentement de l'hibernation.

Bien m'en a pris et il n'est pas trop tard au contraire pour pailler (au sens propre et figuré) les arbustes sensibles au froid, qui plus est récemment plantés et pas encore installés.  Avec la prochaine arrivée de ce froid sibérien, faudra-t-il réviser son vocabulaire?

 Le rhododendron moupinense originaire des forêts d'altitude (entre 2000 et 4000m) de Chine (Sichouan et Guizhou)

Très précoce en dépit de sa relative sensibilité au froid (-10° à -15°), installé à mi-ombre sous le couvert de chênes, abrité des vents du nord, le rhododendron moupinense sera en fleurs tout début mars. Si les 3 prochains jours le permettent...

vendredi 16 février 2018

Délices botaniques. Merci Gwen !

Le zardindesdelices, gwenzardin, vous connaissez ? Je ne saurais assez la remercier d'avoir mis en lien dans son article du 19 janvier dernier la formidable vidéoconférence de Francis Hallé : "Un arbre tout neuf" donnée en mars dernier lors de la 3ème édition de "Quand les arbres se font la malle" (week-end bisannuel de rencontres botaniques organisé par la Klorane Botanical Foundation (74). Je connaissais la renommée de cet éminent botaniste - médiatisé lors de ses expéditions sur la canopée des forêts tropicales - mais n'avais jamais eu l'occasion de l'écouter. Installez-vous confortablement sans être dérangés pendant une heure pour visionner la vidéo car...on en sort secoué ou à tout le moins remué.
 Un jeune hêtre planté en 2013 sur le talus, amené à dominer les repousses d'ormes  qui hélas ne durent pas au-delà de quelques années depuis la propagation de la graphiose. Qu'en dirait Francis Hallé?
Ses recherches et celles d'autres équipes internationales révolutionnent (le mot n'est pas trop fort) les connaissances sur l'identité et les performances du végétal dont celles concernant les arbres. J'avais bien relevé par expérience qu'un arbre, contrairement à nous, pauvres animaux simplets, avait la capacité de se régénérer et de rajeunir si je puis dire. (J'avais vu surgir d'un vieux pommier demi-tige en espalier, couché et pratiquement moribond, un rejet très droit et vigoureux ; quelques années plus tard devenu "un arbre" il donnait ses premières pommes qui se révélèrent être de délicieuses Winter Banana).  

La réalité est bien au-delà et Francis Hallé en parle à la fois avec maestria et simplicité (non dénuée d'une pointe d' humour qui fait penser à Raymond Devos). Depuis je regarde les grands arbres du jardin différemment, avec encore plus de respect. Comme l'ensemble des vidéoconférences des 2 éditions 2015 et 2017 de "Quand les arbres se font la malle" sont en ligne (lesplantessefontlamalle.wordpress.com), il y a de quoi nourrir notre passion et soif de découvertes avec les plus grands spécialistes. Très bonnes soirées!

mardi 13 février 2018

Incorrigible jardinière

On l'a lu maintes fois, on le sait et on fait quand même la bêtise... Acheter une hellébore en dehors de la période de floraison et donc sans l'avoir vu en fleurs ! En décembre passant un peu par hasard au rayon plantes d'une jardinerie et l'occasion faisant la larronne, je m'étais laissée tenter par une hellébore orientale simple pourpre (d'après l'étiquette). Une hellébore qui viendrait compléter fort à propos celles en place au pied de l'acer griseum (h.orientalis orangée, hybride Martine Lemonnier lie de vin) et s'intercaler entre des épimediums grandiflorum (caducs).

Damnation! Fallait-il être naïve et ne pas suspecter qu'une étiquette puisse être volage ou révélatrice d'une simple erreur lors d'un tri de semis. Un mois plus tard l'hellébore ouvrait une première fleur (très) double rose layette..... (peut-être opportune dans une scène romantique, mais là totalement incongrue).

 Une hellébore orientale simple "maison" issue de semis (h.purpurescens et h. orientalis blanche)

Ni une ni deux, un peu vexée je lui ai substitué une deuxième hellébore orientale orangée rapidement commandée sur le web. Perplexe j'ai eu peine à trouver au "bébé rose" une place..qui reste provisoire (au milieu de la coulée des hydrangeas). Plus sophistiquées que les simples à mon sens les hellébores orientales doubles ont tendance à faire "too much", voire à être un peu racoleuses. (Ceci n'engage que moi). Elles sont cependant très à la mode si l'on en juge les nombreuses nouvelles créations aujourd'hui commercialisées. 
 
 La même aussi jolie lorsqu'elle commence à monter en graines.

Pour le moment le "bébé joufflu" ne tient pas la comparaison avec les h.orientales simples rose et vert ou délicatement blanc rosé tellement plus gracieuses. Donc comme dit l'adage j'ai juré que l'on ne m'y reprendrait plus. 
Une autre hellébore orientale rose de semis glissée entre des fougères persistantes (dryopteris atrata)

samedi 10 février 2018

Oserai-je, n'oserai-je pas?

J'ai osé commander des arbustes relativement sensibles au froid relativement peu faciles à trouver : le rhododendron fragrantissimum (pour relayer le parfum des lonicera fragrantissima...) et le cornus hongkongensis tolérant jusqu'à -12° mais sensible aux vents secs et froids. J'ai passé commande sur un site web (que l'on m'avait conseillé et qui semble tenir sa Promesse, vu le soin de l'emballage, la vigueur des plants reçus....). La rapidité de l'expédition m'avait permis de les planter à un moment favorable, en janvier lors de températures de grande douceur. Mais maintenant?
Les boutons bientôt prêts à fleurir du rhododendron fragrantissimum

C'est un dilemme dans cette période incertaine de bouleversements climatiques d'introduire des plantes qui risquent de souffrir d'un excès de chaleur ou au contraire être atteints par un épisode glacial. Car les températures en réalité font des yo-yo, brutalement, remettant en cause la rusticité renommée d'une " zone littorale protégée" au climat océanique, classée 7 ou 8 voire 9 selon le classement. Le soin porté au choix de l'emplacement ne fera pas tout (cf. article précédent...). Je me rassure (un peu) à la pensée que si les températures restent plus froides, les jeunes feuilles des acer palmatum seront au débourrement plus colorées.

Et puis "pailler, pailler... il en restera toujours quelque chose". Hélène (rougecabane. cf commentaire de l'art.précédent sur l'erythronium) confirme l'intérêt du paillis de gravier observé chez une autre Hélène à Dublin. Ici outre les feuilles mortes des chênes (très abondantes), les bouquets d'aiguilles de pins cassés par le vent sont ramassés et déposés au pied des plantes acidophiles un peu fragiles. En faisant attention de laisser dégagé le pied lui-même.
 Hydrangea et crocosmia laissent l'air circuler au pied du prunus (le Vastérival) 
Une précaution sur laquelle insiste Dominique Cousin : laisser le collet libre à la base du tronc afin de ne l'étouffer. Son rôle est important dans les échanges gazeux entre la partie aérienne et la partie en terre de la plante.

mardi 6 février 2018

Au vent mauvais, quelquefois malheur est bon !

Après les températures trop douces et l'atmosphère quasi-printanière de ces dernières semaines, après  les pluies abondantes et sans cesse répétées qui ont incité les plantes à ne pas interrompre ou à reprendre trop tôt leur végétation, le vent glacial et tempétueux du nord-est remet "les pendules à l'heure".
 Les Pieris japonica "Forest Flame" en boutons depuis plusieurs semaines

Car il y avait à craindre comme l'an passé que des gelées tardives et brutales de seulement -1° à -5° abîment soudainement des plantes déjà en pleine sève et provoquent même dans certains cas leur dépérissement total et définitif...(y compris de plantes qui  supportent habituellement des températures très largement négatives de  -15° à -20° ainsi que l'explique Joseph Le Cam des Pépinières Botaniques Armoricaines).

Il n'empêche. Ce sera bientôt l'heure du verdict : a-t-on bien assuré la protection des jeunes plantes fragiles aux vents froids et desséchants ? Les filtres aux courants d'air et aux vents dominants créés par la plantation d'arbustes caducs très branchus - fusains, aubépines, noisetiers, amélanchiers, stephanandra tanakae... seront-ils suffisants?
 Les tout premiers chatons d'un jeune noisetier planté près d'un vieux cotoneaster lacteus (conservé) en bord de route.

Quant à la reconstitution de la haie libre et naturelle sur le haut du talus (les quelques vieux chênes, repousses d'ormes, deux sureaux ayant été seulement conservés), cette haie se reforme d'année en année depuis la suppression totale des 20 cyprès de Leyland qui se sont trouvés cassés et couchés au sol sous l'effet des tempêtes ! (Ces cyprès, quelle fausse bonne idée : combien voit-on aujourd'hui de haies vieillies, rabattues en trognes et plumeaux sur leurs tronc et branches principales, ou devenues totalement hors d'échelle par rapport à la surface du jardin). 

La replantation du talus a été une priorité au démarrage du jardin : merisiers, hêtres, érable champêtre, sureau, noisetiers. A leur pied j'encourage le développement du fragon épineux (ruscus aculeatus) déjà présent et qui à lui seul est capable de freiner toute intrusion.

Désormais en avant du talus l'acer palmatum, l'hamamellis Jelena, les grandes fougères persistantes ne sont plus bousculés. Et les frondes des polystichum setiferum gardent fière allure cet hiver....
  

dimanche 4 février 2018

En attendant l'erythronium

Une photo sur laquelle on a craqué ou la recommandation d'un grand (ou grande) jardinier (ère) sont parfois à l'origine d'un achat "coup de coeur", sans que l'on ait vu la plante "en vrai". En l'occurrence ce fut ici le cas de l'erythronium "Pagode" (un hybride  horticole de 2 espèces de la famille des Liliacées, originaires de la côte ouest des USA). Ce bulbe est aussi doté du fameux Award of Garden Merit de la Royal Horticultural Society. 

Une photo en gros plan de tiges courbes et graciles portant de fines fleurs de lys jaune pâle au coeur plus foncé avaient attiré mon attention sur cette bulbeuse (Anna Pavord. "Plants Partners". version française éditée par Sélection du Reader's Digest : "Accords parfaits").

 Une première tentative avortée ne m'a pas fait renoncer. Sans connaître pourtant la cause de l'échec : une trop grande sécheresse estivale alors que le bulbe avait été placé dans un lieu que je n'arrose jamais...? Les campagnols car dans le même temps le terrain s'en était trouvé infesté (comme beaucoup de jardins dans la région) ?

L'année suivante à Dublin dans le célèbre jardin d'Helen Dillon les erythoniums plantés au soleil (irlandais), émergeant çà et là d'un lit de graviers (à la fois drainant et gardant l'humidité) étaient magnifiques fin mars. Les belles touffes vigoureuses m'ont convaincu de tenter une nouvelle expérience. 
 En principe l'erythronium est recommandé pour la mi-ombre, les sous-bois clairs, fertiles, riches en humus... L'automne dernier 5 bulbes ont été plantés au pied du talus ombragé, assez espacés pour multiplier les chances... mais toujours proches de plantes que je surveille lorsqu'il fait très sec.  

Anna Pavord (op.cité) propose d'associer l'erythronium à des tapis de feuillages persistants car il disparait rapidement à la belle saison : asperule (galium odoratum), bugle rampante (ajuga reptans), pulmonaires...Ici les bulbes ont été rapprochés de petites fougères persistantes (polystichum tus-simense), d'epimediums, et de petits disporopsis (disporopsis pernyi, disporopsis jinfushanensis) que je viens à peine de découvrir ! 

J'ai aussi suivi le conseil de Didier Willery et Dominique Cousin en entourant chaque erythronium de quelques perce-neige (galanthus nivalis) qui d'après leur expérience ne sont pas croqués et repoussent les campagnols. Ce moyen de protection des bulbes sensibles par des perce-neige est largement employé au Vastérival. (Un tel procédé a été utilisé ici avec succès- protéger une plante par une autre répulsive - pour sauver mes derniers thalictrums : cf. article du 25 août 2017).  

Les perce-neige sont en train de sortir. Il faudra guetter le réveil des erythroniums et ne pas trop attendre pour les protéger des limaces auxquelles ils semblent plaire plus que de raison...

mercredi 31 janvier 2018

Liquidambar et stewartia ou le lièvre et la tortue..

La vie devant soi, oui mais... En cette époque où le "tout tout de suite" fait presque force de loi, on a parfois peine à convaincre qu'au jardin il y a lieu de "donner du temps au temps".  5 ans, 10 ans, 20 ans.... Dans un nouveau jardin et pour éviter de se décourager, il est intéressant de rapprocher dans la même scène des arbres ou arbustes qui poussent vite avec d'autres qui effectivement prendront leur temps.

Je l'avais expérimenté au commencement de mon premier jardin en suivant les conseils de  Patricia Beucher et Jean-Paul Collaert , "Le Beau jardin du Paresseux" , c'est tout dire, une mine ! (réédité en 2000 par Ulmer). La plantation de 3 différents sureaux et de saules le long du ruisseau avaient en très peu d'années créé une première structure.
 Le "chantier" du futur sous-bois en octobre 2017

Ici en lisière ensoleillée du futur sous-bois (il sera protégé l'après-midi par les grands chênes), un liquidambar styraciflua Andrew Hanson joue le rôle du lièvre. Je l'ai choisi (outre sa croissance plutôt rapide) pour son port pyramidal étroit qui ne gênera pas ses voisins, son feuillage très découpé qui fait penser à un érable ...et ses magnifiques couleurs d'automne.  

Le stewartia pseudocamellia  quant à lui pourra atteindre peut-être 10m au bout de nombreuses années....Je table sur 4 à 5 mètres. Mais avant cela il sera tout de même très attractif.
Le stewartia n'est pas encore bien installé d'autant qu'il a été transplanté après deux ans, ce qu'il n'apprécie pas forcément (le sol ne s'avérant pas assez frais, il dépérissait et le laisser en place revenait à le condamner). Maintenant à sa place définitive depuis 3 ans le stewartia pseudocamelia a eu pour la première fois en 2017 un feuillage abondant et ses premières vraies couleurs d'automne rouge orangé. Les fleurs blanches en forme de petites fleurs de camellia, parcimonieuses les premières années ont été l'été dernier un peu plus nombreuses mais encore très petites (3cm plutôt que 5-6...).  Et il est beaucoup trop jeune pour laisser apprécier l'originalité de son écorce. 

jeudi 18 janvier 2018

Un jardin dans un paysage, le paysage dans le jardin

Faire venir le paysage jusqu'à la maison... Retrouver le parti d'origine des années 70 : une maison  "dedans-dehors" posée à mi-pente dans un cadre naturel. Une situation privilégiée et un site à préserver avec soin et modestie. Un "jardin sans limites". Mais comment ? Pas si facile en réalité. Tout réapprendre. A l'inverse de créer un univers clos sur lui-même, de tordre le site en le "jardinant", d'introduire des arbres, arbustes ou vivaces qui pourraient dévoyer le caractère du lieu. S'y glisser au contraire en soulignant par touches les facettes de son identité : une ancienne lande pauvre descendant vers la rivière, en lisière de bois de pins et de chênes ; vers le sud en limite  un vieux talus empierré et arboré avec au-delà un très grand champ cultivé.

Le terrain avait fait l'objet il y a quarante ans de plantations horticoles denses et variées d'espèces alors à la mode dans les jardins. (....Aujourd'hui dans le même contexte seraient plantés palmiers, oliviers, cordylines, phormiums ..). Nombre d'entre elles n'ont pas survécu, tant mieux. Plusieurs autres, incongrues, plantées trop serrées ou ayant mal vieilli ont pu être supprimées. Mais il reste pourtant de cette période de magnifiques sujets, arbres et arbustes qui mettent le site en exergue : le pin de Monterey entre les pins maritimes et les chênes, un cèdre (encore jeune) de l'Himalaya, un eucalyptus en lisière d'un boqueteau de pins, le magnolia liliiflora. Et sous les grands arbres, camellias, rhododendrons...J'ai pris la relève dans cet esprit.
 Un grand camellia et un rhododendron nain (non encore identifiés) conservés et soignés
Après bien des erreurs (dont celle de vouloir trop en faire...), j'applique quelques principes simples auxquels il me faut me tenir.

*Contrairement à ce qui est généralement prescrit ("jardiner autour de la maison et au loin préférer le naturel"), je tiens à l'écart les séquences et les différentes ambiances du jardin (une dizaine aujourd'hui quand même), sauf sur le pignon d'entrée en signe d'accueil. Les scènes du jardin s'appuient sur des arbres et arbustes préexistants, en sous-bois, le long du talus, au-delà des vieux pommiers... On les découvre de près, au détour de la promenade.
Un jeune schizophrama hydrangeoides planté à l'ombre entre 2 pins maritimes

*Ne pas vouloir "tout" investir, laisser tel que derrière la maison les bois de chênes et de pins qui se prolongent au-delà des limites.  J'avais fait l'erreur de planter un hydrangea aspera villosa  en lisière du bois. Trop présent dans cette ambiance il va être déplacé.

* Respecter strictement dans le choix des végétaux la nature du sol, plus variée qu'on pourrait le croire au prime abord, pour éviter les déconvenues, les échecs et les incohérences.... Au bas du terrain, la terre est plus riche, plus humide, dans le haut le sol est très sec et pauvre. Une chance.

*Sélectionner des arbres et arbustes intéressants pour leur feuillage, leur port et leur silhouette, leur écorce, plus que par leurs floraisons. Avec des exceptions : rhododendrons et camellias,  hydrangeas... Apporter des touches de couleurs oui mais non "flashy", qu'elles puissent juste éveiller l'harmonie douce des teintes changeantes du ciel, de l'eau, des troncs et des feuilles selon la lumière et les saisons.  
 
 L'hamamelis Jelena avec à son pied les longues feuilles fanées des iris lazica jouant le ton sur ton (celles aussi du hêtre marcescent en arrière-plan)

*Inciter des plantes indigènes et spontanées à prospérer sur le site (je les transplante là où elles contribueront à structurer le jardin) : merisiers sous les chênes et les pins ; noisetiers, houx, aubépines qui remplacent les pyracantha, forsythia, genêts d'Espagne dans la haie du bord de route; pulmonaires (pulmonaria longifolia), bugle rampant (ajuga reptans) en tapis entre les hydrangeas ou les rhododendrons nains... 
Un des très nombreux semis de pulmonaria longifolia 
Les premières fleurs des hellébores orientales blanches introduites
*Planter "en masse" une même espèce pour créer des plages à l'échelle des vues très ouvertes sur le paysage : ainsi de la bruyère d'hiver blanche (erica darleyensis x white glow et x white perfection), du saxifrage stolonifera en couvre-sol persistant sous le magnolia liliiflora nigra. 
 
 

Dans 4 séquences du jardin des espèces et hybrides différents d'epimediums dont je suis une fan quasi inconditionnelle.  

 Les teintes chaudes du feuillage d'hiver de l'epimédium x versicolor Sulphureum, un classique peut-être...mais une valeur sûre : 2 pieds divisés de mon ancien jardin ont formé en peu d'années un couvre-sol à toute épreuve sur plusieurs m2.   

vendredi 12 janvier 2018

Un rescapé méritant, le camellia japonica blanc

 
  Un rescapé, ce n'est rien de le dire. Je l'ai découvert à mon arrivée ici en 2012 couché au sol, quasi à l'horizontale, s'évertuant à survivre malgré tout sous un épais tas de branches d'eléagnus (trois pieds alignés laissés à eux-mêmes pendant une dizaine d'années...), les longues tiges des eléagnus parties dans tous les sens à l'assaut de camellias, rhododendrons et d'un arbousier de 6m de haut, allant jusqu'à dépasser sa cime...Je vous épargnerai le récit de l'énergie et du temps nécessaires pour rabattre ces tiges innombrables dotées de crochets recourbés qui s'accrochent sournoisement sur tout support à leur portée.

Sans plus attendre et tant que faire se peut j'ai ensuite relevé et tuteuré avec précaution le tronc principal du camellia...qui depuis me le rend bien. 
 Au commencement il a continué de pousser à l'horizontale comme s'il avait pris le pli. Je n'ai pas cédé et vérifié le tuteurage régulièrement. La lumière retrouvée il a peu à peu au fil des années, d'abord timidement, maintenant avec vigueur, redressé ses branches latérales. Il s'élève progressivement et atteint cette année 2m de haut.

Sa floraison blanche en fleurs simples aux étamines dorées fut parcimonieuse les premières années. Elle est cet hiver éblouissante. C'est un camellia précoce : l'automne ayant été doux, les premières fleurs sont apparues avant Noël. Et il fleurira sans discontinuer jusqu'en avril. Quel est-il ? Une variété classique, peut-être le camellia japonica Madame Lourmand créé à Nantes en 1908? J'en aime bien l'idée.  
 Pendant longtemps j'ai guetté sur le tronc (sans résultat) le bourgeonnement de nouvelles pousses qui puissent rééquilibrer sa silhouette (assez "tordue" je le reconnais).  L'automne dernier pour la première fois après cinq ans de soins j'ai pu observer 2 yeux, bien placés en bas du tronc, promesse d'un développement futur.

lundi 8 janvier 2018

Que la fête (des fleurs d'hiver) commence ! Avec le cornus officinal

Finis les jours sombres de novembre-décembre, la lumière plombée la plupart du temps hormis quelques rayons de soleil rasants éclairant subitement le jardin. Pourtant des frémissements annonçaient précocement le retour du printemps : grossissement des boutons à fleurs (rhododendrons, magnolias, cornouillers...), premières fleurs du précoce hamamellis Jelena, apparition des cyclamens coum ... 

Ce début janvier, malgré les épisodes répétés d'une météo (très)venteuse et pluvieuse les fleurs d'hiver sont bien là : et d'abord celle du cornouiller officinal (cornus officinalis), un de mes arbustes préférés, puis des hellébores orientales qui s'élèvent à vue d'oeil, des perce-neige.... J'y reviendrai. Ce cornus officinal (cf. article du 31 janvier 2008) a été transplanté encore jeune (en place depuis quatre ans et demi tout de même...) de mon ancien jardin de ville. Je le savais a priori résistant à la sécheresse et costaud : ceci s'est avéré et mieux que cela. 

Dans un contexte bien différent, sur la pente d'une ancienne lande, au bord du chemin, en avant-plan du grand pin de Monterey (pinus radiata ou insignis) qui domine le site, il s'est acclimaté dès la première année. Même si bien entendu il a mis trois ans pour trouver vraiment ses marques c'est à dire commencer à reprendre du volume et de la hauteur. 
En décembre à peine ses feuilles tombées après avoir pris de jolies couleurs mordorées pendant quelques semaines les boutons à fleurs étaient déjà bien visibles.  
Cette première floraison d'hiver qui commence tout juste me met en joie: à la fois lumineuse et discrète, fidèle d'année en année.

Comme le paysage est très ouvert et les vues larges, un tout  jeune hammamellis Pallida, jaune pâle, vient d'être planté loin en arrière-plan et en décalé. Il est en fleurs aussi, les deux dans quelques années entreront en résonance.
 Il n'y a plus qu'à attendre la floraison des primevères sous les grands chênes... Ne pas croire pour autant qu'il s'agisse d'une recherche monochrome. La palette intègre les roux (feuilles de chêne au sol, branches des stephanandra tanakaé et de l'acer palmatum de semis, mâtiné d'acer palmatum Senkaki certainement), les fonds verts brillants ou mats (houx, rhododendrons persistants), les argentés (feuilles ponctuées des pulmonaires, pulmonaria longifolia spontanées ici).
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dimanche 10 décembre 2017

Parfum d'hiver...issimum ! Le lonicera fragrantissima

Il se laisse oublier quasiment toute l'année : un port un peu lâche et brouillon s'il n'est pas suivi régulièrement par une taille adaptée, un feuillage neutre caduc ou semi-persistant selon les températures hivernales, des fleurs discrètes, un arbuste qui ne fait pas la une. Modeste aussi par son origine, on sait peu de lui hormis qu'il est originaire de Chine, il n'est connu qu'en culture. Pourtant c'est un de mes préférés. Chaque hiver, je m'émerveille comme la première fois de son parfum citronné d'une subtilité sans égale. Cette année dès les derniers jours de novembre, les deux spécimens plantés ici dans des conditions bien différentes et de provenances diverses ont commencé à fleurir.  

Peu sensible à la nature du sol, le lonicera fragrantissima se plait également au soleil et à mi-ombre. Il supporte la sécheresse mais j'ai préféré le premier été suivant la plantation d'un jeune plant ramené du Vastérival pailler son pied.  Il fleurira par vagues et embaumera autour de lui une grande partie de l'hiver, réconfortant et tonique. 

Le lonicera fragrantissima occupe en 4-5 ans un beau volume de 2mx2m et continue à prendre de la vigueur d'année en année. Pour qu'il reste élégant et ne vieillisse pas, je prends soin de supprimer à la base les vieilles charpentières au profit des rameaux vigoureux apparus sur la souche. Et je taille de même au milieu et en tête de l'arbuste, en gardant les jeunes rejets de couleur claire qui se forment à mi-hauteur sur le bois de l'année précédente. Ceci permet de supprimer le bois mort ou faible et d'aérer le centre de l'arbuste avec en conséquence une végétation plus saine.  (En cas de doute sur le mode de taille d'un arbuste, je me réfère toujours à l'ouvrage de Pascal Prieur "La taille raisonnée des arbustes d'ornement" paru aux éditions Ulmer. Un vocabulaire scientifique un peu complexe pour une simple jardinière mais une méthode basée sur l'observation accessible à tous).