lundi 25 février 2008

Entre cousins

Leurs feuillages étant tombés, il est facile de comparer la manière de grimper de ces deux cousins, l’Hydrangea petiolaris et le Schizophragma hydrangeoides. Ces deux-là poussent souvent ensemble dans les forêts de Corée et du Japon, grimpant gaillardement à plus de 10 mètres. Selon mon expérience, certes les deux poussent à mi-ombre mais ils recherchent la lumière et fleurissent mieux au soleil. «Pieds à l’ombre fraîche et têtes au soleil» (comme les clématites) semble vraiment leur plaire. Lequel préférer ? Le Schizophragma h. s’accroche facilement de lui-même, (il faut aider l’l’Hydrangea p.); sa floraison en bractées est gracieuse et de plus longue durée. Mais l’écorce de l’Hydrangea petiolaris, en copeaux de couleur cannelle et son feuillage, tout jaune pendant quelque temps à l’automne, sont à mettre à son crédit. Ne souhaitant pas choisir, j’ai planté les deux sur un pignon à 4 mètres de distance. Ils se sont maintenant rejoints, comme quoi….

samedi 23 février 2008

La magie mystérieuse de Courances

A première vue un parc, en réalité des jardins, de très beaux jardins. Une ellipse romantique des jardins italiens avant les jardins «à la française». D’abord on y retrouve la sensation des grands espaces, avec un air de liberté. L’œil se fixe sur les lointains puis glisse sur les lignes et revient aux premiers plans. L’homme se mesure à la nature, en joue sans pouvoir la dominer. Aucune raideur, aucune monotonie.

L’ensemble est soigneusement entretenu, les larges tapis verts chaque année ré-engazonnés, les haies de buis impeccablement taillées, les bassins nettoyés…Avec un œil d’artiste sachant se démarquer des dogmes savants et des propos convenus : une grande leçon pour l’art des jardins. L’eau est courante, vivante sous des formes jamais semblables : des bassins, encore et encore, tous différents dans leur échelle, leur dessin, l’ambiance qui s’en dégage avec des effets de surprises au tournant des allées.


La magie mysterieuse de Courances, suite.

En quête de toutes ces sources qui alimentent les pièces d’eau, le promeneur emprunte des sentiers secrets ouverts dans la haie et s’enfonce dans le sous-bois. On fait une pause sur un curieux promontoire s’avançant au centre d’un bassin, on rêve assis près d’une source prodigue depuis des siècles. L’eau est si pure qu’on peut s’y désaltérer.

Les arbres, - chênes, hêtres, tilleuls, platanes, marronniers…- , nobles et immenses ont parfois un tempérament facétieux comme ce charme s’inclinant vers l’allée. Points de mire dans les perspectives, les statues vous incitent à vous approcher, près, très près jusqu’à ressentir leur sensualité.

Comme Courances n’est pas à une fantaisie près, au début du 20ème siècle, un jardin dans le goût japonais d’alors, lilliputien, précieux et fragile fut créé en bordure près du village. Aujourd’hui encore se prépare un nouveau jardin. Courances vit et continue son histoire en même temps que l’on redécouvre d’anciens canaux de pierre longtemps oubliés. Courances est un magnifique lieu de poésie. On aime y rester, on en repart plus serein…et par les temps qui courent….

Courances se situe près de la forêt de Fontainebleu, à 1 heure de Paris dans l'Essonne. En groupe sur rendez-vous, on peut s'y rendre l’hiver. A partir du 22 mars jusqu’en octobre Courances est ouvert au public tous les samedis et dimanches l’après-midi.

mardi 19 février 2008

Dans la lignée du jardinier paresseux

Vient le temps oh! combien fastidieux des fleurs de camelia jonchant le trottoir côté rue qu’il faut ramasser encore et encore … mais côté jardin, j’expérimente cette année (je reconnais, c’est osé et ne sera pas compris par tous….) d’associer la Pulmonaire rubra, maintenant en pleine floraison, avec les fleurs du camelia «ton sur ton ». Pourquoi pas ?

lundi 18 février 2008

Pour remercier Berthille de ses commentaires, un semis spontané de Tellima rubra (ou purpurea), à contrejour dans la lumière rasante de l'hiver.

samedi 16 février 2008

Une grande pro !

Elle est modeste et pudique mais c’est une grande pro ! Dominique Voisin (Le Jardin de la Roche Saint Louis) cultive ses plantes «à la dure» et sélectionne les plus robustes pour éviter les déceptions. «Il faut qu’elles se débrouillent». Pour autant elles ne sont jamais banales. Comme Dominique Voisin est aussi une artiste (elle a fait Arts Déco…), elle choisit des vivaces et des arbustes intéressants par leurs couleurs et leurs formes, par leurs feuillages et leurs textures avant la floraison. Ses clients sont fidèles et lui font toute confiance… lorsqu’elle montre de jeunes plants inconnus (j’en suis). Elle n’est jamais avare de conseils. Sa petite pépinière "Le jardin de la Roche Saint-Louis" est ouverte depuis 4 ans seulement près de la côte atlantique (entre Nantes et Pornic). Pour se faire connaître elle remplit chaque week-end son camion et parcourt la Bretagne et les Fêtes des Plantes.Avec les créateurs et amoureux passionnés des jardins de Kermoureau (près de Guérande.44) ouverts à la visite depuis 2007.

On remarque immédiatement son stand … et le soin qu’elle porte aux étiquettes, précises et durables. «Par politesse » dit-elle et pour informer au mieux (bonne exposition, couleur, hauteur et époque de floraison …). C’est la hauteur de la plante cultivée dans les conditions les plus difficiles qui est indiquée! Alors on a souvent de bonnes surprises chez soi avec des plantes plus grandes et opulentes …(et non l’inverse : vous voyez ce que je veux dire ?). Enfin elle se remet sans cesse en question, toujours en quête de nouvelles découvertes. Elle en prépare pour 2008 invitée à les présenter, pour la première fois, en avril à la Fête des Plantes Vivaces de St-Jean de Beauregard dans l’Essonne. (le thème de cette année : Les valeurs sûres du jardin !). Et bientôt elle vendra par correspondance...
Contact: dominique.voisin@wanadoo.fr

mercredi 13 février 2008

Souvenir, souvenir… le fidèle crocus

Un petit bulbe de Crocus gargaricus offert avec le ticket d’entrée à une Fête des Plantes…. il y a vingt ans, longtemps conservé au milieu d’une potée, mis en pleine terre en arrivant ici a depuis prospéré. Il grandit et fleurit fidèlement chaque année au milieu d’autres bulbes précoces (l’adorable narcisse Tête à tête et une tulipe botanique) qui bientôt vont lui succéder. Quelle ténacité ! Son teint doré et sa taille se remarquent joliment parmi les feuillages d’hiver. Une scène à petite échelle visible de loin peut-être annonciatrice d’un printemps précoce.

dimanche 10 février 2008

Pensée du jour… de Gertrude Jekyll

« N’allons pas nous décourager à l’idée qu’il y a tant à apprendre. Les premiers pas se font dans un délicieux inconnu, les premiers succès sont des victoires d’autant plus heureuses que l’on ne les attendait guère, chaque étape de l’apprentissage élargit le champ de vision et conforte la démarche d’un gain de sens critique. Chaque pas est un peu plus sûr que le précédent, chaque prise un peu plus solide. (…) Un jardin est un grand professeur : il apprend la patience et le soin, il enseigne l’application et l’effort et, par-dessus tout, la confiance». (extraits Naissance d’un jardin. Editions Herscher).

jeudi 7 février 2008

C’est le chignon ! Histoire de racines.....

Au printemps dernier presque dix ans après leur plantation, deux viornes (Viburnum mariesii et Viburnum odoratissimum…) se sont brutalement desséchées à quelques semaines d’intervalle. Contrecoup à retardement de la canicule de 2003 ? Age fatidique pour ces viornes qui auraient une durée de vie relativement courte ? Réchauffement climatique ? J’ai interrogé à l’occasion un connaisseur, Vincent Grellier, pépiniériste collectionneur d’arbustes et d’arbres rares (Pépinières Botaniques de la Preille). Il s’élance : «C’est le chignon» ! Intarissable sur le sujet il défend avec brio «la qualité racinaire» (son logo est breveté) en dénonçant les modes de culture industrielle, les végétaux «poussés» dans des pots trop petits déformant les racines dès leur premier âge. Car «les belles racines font les beaux arbres».Ainsi bichonne-t-il tous ses arbres et arbustes, des raretés botaniques qu’il sème lui-même depuis plus de quinze ans. J'ai trouvé chez lui des arbres déjà grands et des arbustes quasi introuvables ailleurs. Il «élève» ses plantes, comme il dit, dans des paniers ajourés en s’inspirant d’une ancienne technique forestière. Les racines poussent au travers et leurs extrémités forment à l’air des «boutons racinaires» prêts à redémarrer lorsque l’arbre ou l’arbuste sera planté.

Tout le contraire des plants industriels qui (depuis leur semis en alvéoles et repiquages en godet jusqu’au conteneur) tournent et tournent leurs racines sur elles-mêmes le long de parois hermétiques, formant un «chignon» au cœur de la plante. Un cauchemar ! Que ne pourra compenser le jardinier qui, au moment de la plantation,
griffe les bords de la motte sortie du conteneur(...ce que chacun fait consciencieusement). En terre, la plante étale et trace comme elle peut de nouvelles racines en surface. Elle grandit, embellit pendant plusieurs années, fait la joie du jardinier. Jusqu’au jour où…ces racines de surface sont trop faibles (en comparaison du volume aérien) pour résister à un oubli d’arrosage ou une période de sécheresse….Allez voir chez lui ses plus beaux arbres et arbustes lorsque vous passez sur l’A 10 (à 15 kms au sud de Poitiers). Il paysage un parc de 4 ha pour le plaisir d’accueillir et de faire découvrir ses merveilles. (Il se déplace aussi sur des Fêtes des Plantes dans l’Ouest et en Ile de France).

mercredi 6 février 2008

Mikado ! le cornouiller fluo

Une photo célèbre du jardin Vasterival en Normandie a été source d’inspiration, …à ma mesure… J’ai ourlé les berges assez hautes d’un ruisseau d’un mélange de cornus à bois décoratif l’hiver (Cornus alba, Cornus al.Winter Flame, Cornus alba sibirica, Cornus stolonifera Flaviramea, Cornus alba aurea) : un trait de gaieté traversant le jardin, lumineux et multicolore (rouge foncé, orange, rouge vif et jaune), visible depuis les fenêtres de la maison. Ces cornus ont eu un destin bien différent : les Cornus alba ont prospéré, se sont facilement marcottés ou ressemés (de quoi faire des cadeaux). A l’inverse les Cornus alba sibirica (aux rameaux de teinte plus vive) ont végété et fini par mourir les uns après les autres…de même que le Cornus alba aurea, resté grêle et que j’ai fini par supprimer. Le plus facile, résistant, et pour moi le plus beau, est le Cornus alba Winter Flame (la sélection d’un semis connu aussi sous un autre nom : Winter Beauty), à lui seul (ou associé aux fruits orange d’un rosier arbuste Ballerina) une véritable vitamine pour l’hiver ! Fin février je taillerai au ras du sol ses tiges de deux ans moins colorées (à droite et à gauche sur la photo).

samedi 2 février 2008

Les Epimediums, beaux et insensibles au froid

Epimedium x warleyense, un semi persistant à fleurs orange (magnifique) et epimedium x perralchicum Frohnleitein, un solide persistant à fleurs jaune vif (resté très vert, à l'angle gauche sur la photo).

Une grande et valeureuse famille, les Epimediums, méconnue.
Le nom, rébarbatif peut-être ou trop compliqué pour s’en souvenir (comme bien d’autres plantes….) leur fait-il du tort? Dommage. A l’expérience, les Epimediums sont formidables! Pas la première année… ils paraissent «chipoteux». Mais comme on dit «si on les laisse s’installer», ils s’étalent ensuite avec grâce et font de remarquables tapis à l’ombre, à mi-ombre et même pour cer
tains au soleil dans un sol frais. Mad Jegard (Le Jardin d’eau) les apprécie tant qu’elle déniche des variétés étonnantes. Il y en a des persistants (d’origine chinoise ou européenne), des caducs (japonais), des hauts ou ras, avec des fleurs jaune, rose ou blanc, au printemps. Des fleurs si légères (elles ressemblent à de minuscules ancolies ou orchidées selon les variétés) qu’elles lui ont valu le délicieux nom commun de «Fleurs des elfes». Vous n’êtes pas encore convaincus ?
Epimedum wushanensis Caramel, un superbe persistant chinois aux très petites fleurs cuivre, mauve et chocolat…

Epimedium grandiflorum album, un caduc à fleurs blanches.

jeudi 31 janvier 2008

Première floraison

Quoi de plus émouvant que de découvrir la première floraison d’un arbuste à peine planté à l’automne…même si l’on sait que «la partie n’est pas gagnée» (il faudra au moins pendant deux à trois ans le surveiller, l’arroser régulièrement l’été, le pailler au pied...). Mais les petites houppettes du Cornus officinalis d’un jaune primevère font plaisir à voir. Ce grand arbuste élancé prend en fait l’allure d’un arbre (il peut parait-il atteindre 10m de haut…nous verrons). Il m’a été conseillé par Vincent Grellier (Pépinières Botaniques de la Preille) : je voulais gagner en hauteur, planter un petit arbre à croissance rapide au milieu d’arbustes à écorces l’hiver (un mélange de Cornus alba, Cornus Winter Flame et Cornus Flaviramea). Le Cornus officinalis (qui ressemble au Cornus mas européen) en plus grand, a eu nos suffrages : son feuillage vire au rouge orangé à l’automne, son écorce pèle en lamelles cannelle, ses fruits écarlates dès septembre sont un plus, sa résistance est gage de réussite (à la sécheresse et au froid). Originaire du Japon et de Corée, il fera le lien avec la grande haie, qui non loin de là, réunit de superbes arbustes asiatiques.

mercredi 30 janvier 2008

Jeunes tiges de l’année d’un Cornus alba. Au loin, le sureau doré recépé l’avant-dernier hiver.

mardi 29 janvier 2008

Taille, taillons, taillez,

Il a gelé cette nuit et il fait froid : quoi faire au jardin? Planter? C'est risqué. Il y a mieux à faire : entreprendre la taille d’hiver des arbres et des arbustes caducs (ceux qui fleuriront l’été prochain ou à l’automne…). Je le fais « à l’œil » pour qu’une fois la taille faite leurs silhouettes soient élancées, rajeunies, équilibrées. Donc supprimer les branches qui se croisent, celles qui vont vers l’intérieur, qui retombent, les brindilles, les plus basses, les mortes bien sûr…. Et pour une technique «de pro» , …(ou parce qu’on a quand même parfois peur de se tromper)… avoir sous la main et consulter «Le Prieur» ! (clic) . La tige courbe de l'amélanchier, la plus ancienne, et celle qui s'écarte à l'oblique seront rabattus au ras du sol cet hiver...(ou au printemps juste après la floraison pour en profiter quand même!)

dimanche 27 janvier 2008

Les belles hellébores orientales

C’est Martine Lemonnier, grande spécialiste de ces merveilles qui m’a conseillé dans le choix des premières hellébores orientales introduites au jardin. Les hellébores sont de grandes vedettes… parfois des divas… (donc coûteuses !) et je voulais rester modeste. Deux pieds simplement issus de semis (un blanc et un atrorubens) et son hellébore «Pagode» (joliment frisottée) ont pris en quelques années d’imposantes proportions. Ces vivaces absolument sans souci, qui vont fleurir jusqu’en avril, sont aussi très généreuses : elles se ressèment largement autour des pieds-mère.

Maintenant ces belles orientales forment un couvre-sol persistant devant la viorne d’hiver et le sureau pourpre. Comme elles s’hybrident entre elles, je patiente et découvre avec émotion chaque année de nouvelles colorations, unies ou mouchetées (le semis fleurit au bout de trois ans). Les jeunes plants sont transplantés en fleurs et selon les coloris (pour bien les associer) au pied d’arbustes caducs ou dans diverses platebandes. Pendant plusieurs années j’hésitais (et renonçais...) à rabattre les feuilles de l’année précédente avant la floraison. C’était une erreur : je l’ai fait l’hiver dernier et incontestablement l’ensemble était beaucoup plus joli !

jeudi 24 janvier 2008

Une touche de rouges pendant l'hiver

Pour un tapis aux teintes de velours, la Tellima grandiflora rubra. Vous l'aurez compris, j'aime les plantes à l'allure modeste qui, avec l'expérience, se montrent élégantes et précieuses (contrairement à toutes les nouveautés tapageuses qu'on voudrait nous faire acheter!). La tellima grandiflora est de celles-là, en particulier "la rubra": un excellent couvre-sol (ou faire valoir au pied d'un arbuste), une touche de rouges qui réconcilie avec les teintes sourdes de l'hiver...Elle se ressème sans envahir, çà et là, loin du pied mère et prend l'hiver d'infinies variations. Elle reverdira au printemps juste avant la floraison : de simples épis effilés qui sentent si bon et se balanceront à la moindre brise...

mardi 22 janvier 2008

Après la tempête...

Après la tempête et les pluies battantes jour et nuit, le plaisir de renfiler les bottes «pour aller voir…» ce qu’il en est au jardin. Maintenant le ciel vraiment bleu parait presque un miracle. Par chance peu de dégâts : redresser un tuteur malmené par les rafales, vider le fond des potées pour éviter de faire pourrir les racines…Les températures (trop) douces accélèrent la sortie des bulbes et le départ des vivaces. L’envie prend de «nettoyer» cette fois pour de bon les tiges fanées qui protègent les souches. Surtout s’en empêcher et se mettre le calendrier sous le nez!... Quelques concessions quand même (les clématites, celles qu’il faut rabattre l’hiver absolument et elles démarrent…, les sedums, les geraniums qui supportent le froid…) on a trop envie de printemps !Grand aster fané mêlé à une euphorbe characias (qui ne tardera pas à fleurir) sur fond de Pittosporum tenuifolium purpureum

samedi 19 janvier 2008

L’hellébore sternii « Boughton Beauty »

L’hellébore argutifolius croisée avec l’hellébore lividus, (originaire de l’île de Majorque, encore une méditerranéenne…) a donné l’hellébore sternii (c’est bien compliqué tout çà !) et surtout la jolie « Boughton Beauty » : une hellébore robuste, fidèle et gagnant en vigueur chaque année. Elle a hérité de l’hellébore de Majorque des teintes rosées ou lie de vin sur les tiges et les fleurs qui vont si bien aux légers grisés de ses feuilles. Elle sera plus haute d’année en année (parfois même mieux vaut la tuteurer !).

lundi 14 janvier 2008

Ca y est ! Les sarcococcas embaument !

Depuis quelques jours et quel que soit le temps, les sarcococcas embaument l’air de leur parfum indéfinissable… sucré, vanillé ?... Un peu comme l’héliotrope. Certains reprochent aux sarcococcas de pousser lentement, d’autres de drageonner, d’être trop petits…ou trop grands. Celui-ci est le Sarcococca confusa de lointains parents chinois. Je l’ai surveillé du coin de l’œil au pied d’un escalier pendant plusieurs années pour me rendre compte de toutes ses qualités. A l’aise en terrain acide comme en sol calcaire, son feuillage persistant et légèrement luisant n’est jamais triste. Ses ramures sont fournies et un simple éclaircissement si besoin (pas tous les ans) est son seul entretien. Il est frugal et se plait à l’ombre sèche. Qui dit mieux ? Depuis d'autres (dont le très beau s.hookeriana digyna "Purple Stem") ont trouvé leur place en sous-bois ou à l’ombre des murs. Choisissez entre les différentes variétés selon l'emplacement et il vous plaira.

vendredi 11 janvier 2008

Humez, respirez ! le chèvrefeuille d’hiver

S’il n’y en avait qu’un ce serait celui-là. Je sais, beaucoup de jardiniers lui reprochent son allure ordinaire, la banalité de son feuillage. Mais début janvier lorsque les jours commencent à peine à s’allonger, ce chèvrefeuille d’hiver (arbustif et non grimpant, Lonicera fragrantissima ou standishii cultivé depuis longtemps dans les jardins chinois ou encore l’hybride plus petit L. x purpusii,) annonce par son parfum exquis, vaporeux et citronné dès le premier rayon de soleil, la promesse de jours meilleurs. Ne pas se fier aux 2,3 branches modestes d’un plant en conteneur. Il devient en trois, quatre ans un ample et dense arbuste de plus de 2m d’envergure lançant ses rameaux en tous sens. J’ai dû le déplacer trois fois…Dorénavant, calé entre un grand buis et un fusain persistant, je le taille en boule une fois par an, après la floraison, en supprimant au ras ses plus vieilles branches. Et l’été j’épointe seulement les jeunes tiges qui nuiraient à sa silhouette.

jeudi 10 janvier 2008

Une primevère avant l’heure

En réalité c’est une pulmonaire (Pulmonaria rubra) intéressante pour sa floraison précoce. Elle s’étale ici en large touffe, à l’ombre, au pied d’un camellia fleurissant « ton sur ton » mais cette année le camellia …tarde à fleurir. Certes cette pulmonaire est dépourvue des jolies feuilles tachetées d’argent de ses cousines (Pulmonaria saccharata qui fleurit d’abord rose puis vire au bleu) mais elle a bien des qualités. C’est un couvre-sol « rustique » et persistant. La forme simple de ses feuilles et leur vert tendre (rare en cette saison) s’allient bien avec leurs contraires, les feuillages très découpés des epimediums, des luzules...… Autre idée pour l'année prochaine, en s'inspirant du célèbre et sublissime jardin anglais Sissinghurst : entourer cette pulmonaire de bulbes de printemps (tulipes, muscaris, erythroniums, narcisses) en compagnie de l’euphorbe polychrome.

lundi 7 janvier 2008

Les revoilà ! les hellébores

Presque aussi précoce que l’hellébore fétide , l’hellébore argutifolius (ou hellébore de Corse, son milieu d’origine avec la Sardaigne…) présente les mêmes atouts et un comportement semblable : résistance à la sécheresse (et pour cause !), persistance du feuillage, floraison vert amande très longue, semis spontanés (facilement gérables). Les corolles de ses fleurs se remarquent davantage. Elles font patienter le jardinier attendant fébrilement les sublimes hellébores orientales (leurs gros bourgeons sortent juste de terre)…
Toutes les hellébores sont magnifiques au pied des arbustes ou dans un jardin de sous-bois.

samedi 5 janvier 2008

La taille en nuage à portée de mains

Le mauvais temps rend le jardinier paresseux : c’est le moment de rattraper le retard accumulé des albums photos (pour ceux qui en font encore, dont je suis). Mai 2007 : quelle élégance et maestria, cette taille en nuage, en bordure de rue, offerte aux passants…on imagine l’ombre portée jouant sur les murs à différentes heures….Le quartier est très chic, le long du Pacifique, au nord-ouest de la ville de San Francisco. Mais chacun peut se lancer : je connais plusieurs jardiniers qui se désespéraient devant un conifère sans âme. Aucun ne regrette l’aventure. En peu d’années les végétaux ainsi taillés sont devenus le point d’orgue de leur jardin. Commencer par dégager le pied, supprimer les branches qui retombent, conserver les charpentières jusqu’à leur extrémité «au fil de la main», prendre du recul pour l’équilibre et l’esthétique de l’ensemble…et se perfectionner année après année (ou prendre des conseils chez Yves Brenelière, un «pro» passionné).

mercredi 2 janvier 2008

Le cyclamen, de très bonne composition

A toutes ces questions : «quoi mettre au jardin pour fleurir l’hiver» (même au dernier moment, déjà en fleurs…ou à transplanter d’un coin à l’autre du jardin pour égayer immédiatement une scène), quelle plante cadeau offrir qui puisse être facilement « recyclée » au jardin, quoi planter à l’ombre sèche sous les arbres sans avoir à s’en occuper, quelle plante revient inlassablement et prospère d’une année sur l’autre, ….une bonne réponse : le cyclamen. Celui à petites fleurs, blanches, roses ou pourpres qui renait en hiver (cyclamen coum), voire un hybride rouge vif pour participer au décor de Noël. En dépit des intempéries sa réapparition à partir d’un simple tubercule est émouvante, tout comme la délicatesse des marbrures sur les feuilles. Sa fragilité n’est qu’apparente : les fleurs seront insensibles au froid, au givre, à la neige….

mardi 1 janvier 2008

Belle et bonne année 2008 à tous les jardiniers !

Jardiniers «en herbe» ou jardiniers (soi disant!) avertis, jardiniers au cordeau ou jardiniers fol amour, jardiniers ou(et) jardinières, enthousiastes, jamais blasés, émerveillés. De nouvelles expériences, d’heureux moments, de la beauté, en avant tous et toutes !

mardi 25 décembre 2007

samedi 22 décembre 2007

Après le gel, ne pas oublier les plantes en pots

Dès le premier radoucissement et donc un répit des gels nocturnes, il faudra ne pas oublier d’arroser les plantes en pots et les godets restés dehors, au pied de la maison ou sous l’abri du porche. Dans ces conditions, les plantes meurent de soif l’hiver bien plus que du froid. Comme il ne faut pas les arroser en période de gel, on remet à demain et à plus tard….jusqu’à ce qu’il soit trop tard. On ne s’en apercevra qu’au début du printemps en observant des godets désespéremment vides ou des bourgeons fatalement desséchés. Un peu d’eau régulièrement, pas trop non plus, et une poignée d’un léger paillis en surface les aidera à passer l’hiver.

vendredi 21 décembre 2007

Le nandina domestica : pas celui-là, l’autre…

Il en est des plantes comme des couleurs ou des vêtements : il y a des modes et le nandina semble pour l’heure beaucoup retenir l’attention. Duquel s’agit-il ? J’incite à ne pas confondre la sélection horticole «Fire Power», en fait un arbuste plutôt lourd et tapageur, avec l’espèce et d’autres cultivars, élancés et gracieux. Ainsi je recommanderai de choisir les nandinas au feuillage très fin, s’élevant à plus d’1,50m et présentant des couleurs tout en nuances au fil des saisons (en association par exemple avec un rosier chinensis mutabilis). Aucun risque de détruire l’harmonie de la scène par le pouvoir du feu !

mardi 18 décembre 2007

Des sedums « Autumn Joy » presque à croquer!

Une jolie plante au nom trop ingrat : l’hellébore fétide

Admirée la première fois dans son milieu naturel (le sud-ouest de la France), sur les pentes rocailleuses du causse, au pied de grands buis et de quelques chênes, elle dressait ici et là ses hampes fleuries en plein hiver. Je l’ai retrouvée plus tard sur une fête des plantes cultivée par Le Jardin Plume. Deux pieds (dont un Wester Flisk) ont permis en peu d’années de retrouver cette ambiance. L’hellébore fétide se ressème volontiers, (elle « fait le tour » de la maison) et n’est jamais discordante, quelle que soit la situation. A l’expérience cette hellébore se plait en sol acide comme en terrain calcaire, résiste parfaitement à la sécheresse, se révèle généreuse et fidèle.

C’est un bon faire valoir : ainsi par exemple pour ceux qui veulent un massif entièrement persistant l’hiver, gai et sans souci à mi-ombre, elle peut rehausser un banal aucuba panaché, associée à une jolie fougère (dryopteris erythrosora : au printemps ses jeunes frondes prendront des tons cuivrés).A cette saison l'hellébore est aussi l'élégant contrepoint d'un tapis de feuilles rousses et grenat (ici les feuilles tombées d'un érable japonais et d'un fusain très coloré à l'automne, Euonymus alata compacta). Ailleurs encore diverses hellébores au pied d'un néflier du japon permettent d'apprécier la palette inouïe de cette grande famille.