
Topiaire de buis poudré.
Sacrée follette : la sauge sclarée blanche qui, en bouton, s’évertuait à vouloir refleurir est rattrapée par le froid.
Un des geraniums vivaces très vivace qui ne bronche pas malgré les pluies et la chute des températures.

Topiaire de buis poudré.
Sacrée follette : la sauge sclarée blanche qui, en bouton, s’évertuait à vouloir refleurir est rattrapée par le froid.
Un des geraniums vivaces très vivace qui ne bronche pas malgré les pluies et la chute des températures.
Elle aurait presque un charme trompeur, cette viorne qui embaume vraiment à la ronde depuis un bon mois. Les fleurs petites et modestes sont plus présentes maintenant que les feuilles sont quasi tombées. Elles n’ont rien de très spectaculaires et le port de l’arbuste forme un « fond » plutôt qu’un devant de scène, …mais maintenant ne dirait-on pas le printemps avant l’heure ? Pour certains jardiniers, l’hiver le jardin «c’est fini». J’aime infiniment pour ma part les plantes à parfums d’hiver, et il y en a beaucoup. Près des entrées, le long des passages empruntés chaque jour, au pied d’un escalier,…elles ont toute leur place. Et chaque année en plein hiver on redécouvre à merveille le plaisir de leurs parfums.
La fin de l’automne est peut-être pour les jardiniers à la fois la période la plus ingrate et la plus prometteuse....On s’astreint au «grand nettoyage» des feuilles qui volent, des branches qui pendent, des derniers fruits blets, entre deux averses ou sous les bourrasques. C’est le moment aussi de transporter compost (maison) et fumier de bovin ou cheval (en granulés) pour les épandre partout, au pied des arbustes et des vivaces (sans oublier la haie, le sol s’y épuise vite) en prévision de la reprise de la végétation au printemps.
Tous ces gros sacs, ces allées et venues à pousser la brouette… Cela ne tournerait-il pas aux corvées, ne ferait-il pas douter du jardinage et du jardin ? ….Ce jardin qui avec les premiers gels s’est déshabillé et montre tout «ce qui ne va pas» ! Il suffit pourtant de remarquer les plantes à l’allure fragile qui, stoïques, vont persister et affronter l’hiver (corydalis cheilanthifolia), les hellébores hissant déjà leurs boutons d’un joli vert tendre (hellébores foetidus et argutifolius) ou un arbuste planté il y a moins de trois ans qui décidemment cette année a beaucoup grandi …pour se redonner du cœur à l’ouvrage.
Quelques vieux pavés, réapparus à la surface devant un ancien garage ont été réutilisés, complétés par d’autres de récupération pour créer la voie carrossable (sur fond de forme, pose de géotextile, béton maigre, sans joints, pose au sable). L’allée piétonne sera en petits pavés de granit pour s’accorder aux moellons du soubassement, aussi en granit, et à la couleur beige de l’enduit d’origine de la maison (un enduit projeté au balai de genêt ! une technique aujourd’hui disparue).
En fleurs en ce moment le classique rosier ancien Jacques Cartier et un rosier à l’étrange destin : Souvenir de Ste-Anne’s. Découvert dans un jardin irlandais en 1916, à Ste Anne’s, il ne ressemble en rien à tous ceux de sa famille : c’est une mutation du rosier Bourbon « Souvenir de Isabelle, une inconditionnelle des roses.
Par regarder par les fenêtres…On habite d’abord sa maison avant d’habiter son jardin, en tous cas sous nos climats. Repérer ce qu’on aime regarder dehors et au contraire ce qui déplait, ce qu’on voudrait voir, effacer ou masquer, selon les saisons. L’exercice parait plus « facile » à la campagne qu’en pleine ville…
Patricia Beucher et Jean Paul Collaert ont commis un livre bien commode en 1987 «Le Beau jardin du paresseux », (réécrit par P.B seule et édité par Ulmer en 2000), bourré d’idées pratiques pour éviter au jardinier débutant (que j’étais somme toute…) de se prendre la tête. A mon tour de donner un conseil : éviter de couper trop vite les tiges des fleurs fanées. Pas parce que c’est «tendance», (çà l’est…le givre présupposé de l’hiver étant censé tout rendre féérique) mais parce que nombreuses sont celles qui nous offrent une deuxième beauté. Ainsi tout début septembre j’admirais encore la grâce des fleurs du Lysimache ephemerum. Et maintenant, ne sont-elles pas jolies ses tiges colorées au diapason de l’automne sur fond des derniers asters mauve ?
internet et, en bon libraire, il n’est jamais avare de conseils personnalisés. C’est un "pro" qui connaît aussi bien les fonds d’ouvrages anciens (il a remonté la remarquable bibliothèque de
Photo: Le libraire Alain Renouf lors d'une fête des Plantes au mois de septembre dernier
Le Cornus alba "Winter Flame ou Winter Beauty" (un simple semis sélectionné, formidable non ?), apprécié l’hiver pour ses tiges multicolores a une autre qualité, rare parmi ses congénères : les subtils dégradés d’or et de rose de son feuillage qui annoncent le début de l’automne et qu’il garde un bon moment.
Je faisais l’éloge le 2 juillet dernier de l’hydrangéa Grayswood, encore et toujours "mon préféré": il sait se faire remarquer avec élégance (ni trop voyant comme certaines nouveautés, ni trop peu…) de juin à décembre. Il a maintenant pris et pour de longues semaines ses tons de rubis et d’amande, incomparables, qui «tiennent» aussi très bien en bouquets secs.
La plupart des saxifrages sont appréciés pour leurs feuillages et leurs fleurs au printemps. Mais qu’elle est émouvante en octobre la floraison blanche du Saxifrage cortusifolia fortunei Rubrifolia. Colette Sainte-Beuve (pépinière Plantbessin : c’est grâce à elle qu’il y a vingt ans je me suis «mise» à la culture des vivaces qu’elle connait sur le bout des doigts…) la décrit très justement comme une galaxie de fleurs blanches. Celle-ci s’élève rapidement au-dessus d’un feuillage charnu et lustré, au revers d’un beau rouge. Une merveille asiatique (Japon, Corée, Chine…) à admirer de près. Elle se plaît à mi-ombre, le sol maintenu frais par…un bon paillis pardi !
J’ai eu envie de tester dans le patio très abrité côté sud de la maison, à l’abri de murs, d’arbres et d’arbustes bien implantés et aussi fragiles que lui, un Cestrum elegans, originaire du Mexique. Je l’ai choisi pour le velouté de son feuillage persistant et l’étrangeté de sa floraison l’été à l’extrémité de tiges arquées. Ayant reçu le fameux mérite du RHS il avait retenu mon attention et un pépiniériste de la côte nord de Bretagne m’a confirmé son intérêt. Après un premier hiver un peu difficile (il a perdu toutes ses feuilles...), de nouvelles tiges se sont élancées à plus de
Le boltonia asteroides (un grand cousin des asters, d’Amérique du Nord comme eux) qui taquine les dernières roses de Rush. Le rosier lui sert de tuteur…Justement en parlant rosiers, ne pas faire preuve d’ingratitude en omettant de citer deux rosiers blancs formidables : le rosier arbuste moschata Autumnalis et le rosier Opalia (plus bas) qui fleurissent encore sans relâche et avec profusion …depuis le mois de juillet.
Plus large que haut, poussant assez lentement, ce cousin asiatique (Chine et Japon) du fusain d’Europe a un port graphique grâce à ses branches étalées. On le remarque donc à tout âge. Celui-ci est à l’ombre portée d’un mur, au nord-ouest. Chaque année au début de l’automne, je le surveille du coin de l’œil pour ne rien manquer : le feuillage vire progressivement du rose au cramoisi…
Parmi les arbustes choisis pour leurs colorations automnales, le Fothergilla major, en dépit de sa croissance lente, est l’un de mes favoris. Une photo dans le livre de Jelena de Belder, qui de plus le recommandait chaudement, m’avait fait « craquer » (dans «Arbres et arbustes pour les parcs et jardins» déjà cité). Ses conditions de culture lui conviennent ici : sol acide ou neutre, humidité, soleil ou ombre légère…Les trois premières années je les ai arrosés par temps sec. Je constate aussi, depuis que je maintiens un bon paillage au pied, qu’ils prennent plus « vite » du volume et de la hauteur. De toute manière le fothergilla major forme un joli buisson même jeune. Ah ! je n’ai pas évoqué sa curieuse floraison au printemps. Donnons du temps au temps…
La nuit tombe tôt début octobre sous notre latitude…(et le matin les brumes sont quasi quotidiennes…), alors pour mettre de la lumière rien ne vaut la magie des fleurs blanches. A toute heure du jour elles donnent encore plus de « pep » aux chaudes tonalités d’automne et le jardin en est joyeux. Les jardiniers ont l’embarras du choix : ici l’aster ageratoides Ashvi devant un fothergilla major (arbuste). Un conseil pour l’aster Ashvi (qui fleurit longtemps, pratiquement d’août à novembre) : ne vous fiez pas à la modestie d’un plant en godet. Donnez-lui de la place : il occupe sans complexe près d’1m2 en une saison.
Il embaume la jacinthe entre octobre et mars, par vagues, et tant pis si ses petites fleurs haut perchées restent inaccessibles. L’arbuste a bien atteint 3 mètres en quelques années. Je n’hésite pas à le rajeunir tous les deux ou trois ans en supprimant à la base les rameaux les plus âgés : cela lui évite aussi de prendre un port dégingandé. Cette viorne hybride demande quand même une situation un peu abritée et un sol fertile. Elle est précieuse parce qu’elle fleurit à contre saison…(l’hybride « Dawn », aux fleurs plus grandes, a été dotée du Mérite de
Avez-vous remarqué ? c’est fou comme un sécateur a le don de vous lâcher des mains comme çà, sans qu’on y prenne garde … (quand l’envie vous prend de respirer une fleur, rattacher un lien, passer à autre chose…) jusqu’à se glisser subrepticement sous une feuille et se faire oublier… Alors en avoir deux n’est pas forcément superflu : si leurs mécanismes sont différents , avec l’expérience, on peut choisir l’un ou l’autre selon le geste à faire. Mon préféré est un Sandvik (en acier trempé avec revêtement et des branches costaudes en fibre de verre et "triple affûtage"), pour sa qualité de coupe, sa tenue en main. Il existe pour gaucher). A Sissinghurst ils utilisent les 'Felco' (une référence!). La marque Fiskars en propose aussi de grande qualité.
Son véritable nom est inconnu. Alix de St Venant m’en a fait cadeau aux jardins de Valmer il y a dix ans et il a prospéré, gagné du terrain jusqu’à se ressemer où bon lui semble, s’hybrider et apparaître dans des coins incongrus, jamais malade, solide et très florifère. Aster laevis ? Cordifolius ?... je donne ma langue au chat. Quels qu’ils soient, je conseille de rabattre les grands asters «qui s’affaissent» début juin près du sol si l’on veut se passer de les tuteurer. Il seront (peut-être) un peu moins hauts mais il resteront souples et vaporeux.

Certains jardiniers sont déçus par cette viorne « Viburnum nudum Pink Beauty », une des vedettes pourtant des fêtes des plantes de l’automne : ils lui reprochent de «végéter», de peu fleurir et par conséquent de n’avoir à admirer que quelques perles chétives (en fait des baies magnifiques qui furent à l’origine de son nom). Moi aussi je l’ai trouvé lente à s’installer, peinant à croître et paraissant gênée par les arbustes voisins. Jusqu’à ce que je comprenne ses besoins : de la lumière et un sol frais (outre une terre acide, ce qui est le cas ici). Comme dans son milieu d’origine «sol humide en forêt ouverte» notait Jelena de Belder (dans «Arbres et arbustes pour parcs et jardins» éditions
Pourquoi se compliquer la vie ? La simplicité et l’harmonie de ces deux modestes plantes condimentaires suffisent à mettre en joie. Et c’est déjà tout un jardin. Je connais une jardinière en herbe, totalement novice, dont ce furent les premiers semis. La pleine réussite l’encouragea, outre le fait que très gourmande, cultiver « quelque chose qui se mange » suffisait à la motiver. Mais en plus elles sont si jolies…
Les fleurs blanc nacré sont petites mais d’une grâce infinie. Et comme cette clématite est vigoureuse, ses fleurs semblent danser de branche en branche attirées par le grand soleil. Elle est recommandée pour les arceaux et pergolas. Fidèle à ma « technique », je l’ai planté au pied d’un arbuste (un rosier ancien) duquel maintenant elle s’élance chaque année à l’assaut de l’amélanchier voisin. Comme les autres clématites à floraison estivale et automnale, je la rabattrai près du sol en fin d’hiver.
Dopées sans doute par les pluies du printemps les anémones du Japon sont belles cette année. La forme blanche simple bien connue, Honorine Jobert, recueille encore tous les suffrages après un siècle et demi de bons et loyaux services (créée en 1858). Certains jardiniers se méfient de ces anémones prolifiques et jugées envahissantes, si elles se plaisent. Mais il arrive qu’elles ne se plaisent pas du tout et font le désespoir d’autres jardiniers.
J’ai découvert pour la première fois avec émotion quelques-unes de ses fleurs se hisser parmi les herbes folles d’un jardin abandonné. Des racines précieusement recueillies à l’automne suivant et replantées presque en surface ont surgi de beaux pieds qui ont fleuri la deuxième année. Il leur faut un peu de temps. Pour éviter qu’elles s’étalent, on peut les cerner à la bêche et replanter ailleurs les plus beaux pieds : j’en ai vu, traitées ainsi, de somptueuses dans les jardins du Palais Royal à Paris.